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[BIOGRAPHIE] Akira Kurosawa


  • Subject: [BIOGRAPHIE] Akira Kurosawa
  • From: Spontex <spontex@dvdtoile.com>
  • Date: 20 Sep 2002 12:10:04 GMT
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Né au début du siècle, Akira Kurosawa a été élevé dans les traditions
d'une famille qui connut des samouraïs et autres personnages qui
pouvaient se vanter de leurs vertus, de leur honneur et de leur morale,
valeurs que l'on retrouve sans cesse dans les films d'Akira Kurosawa.
Akira Kurosawa se considérait lui-même comme un enfant attardé dont les
deux seuls talents d'alors étaient la peinture et l'écriture, et la
seule occupation la pratique des arts martiaux, essentiellement le Kendo
(son premier film, La Légende du Grand Judo fera d'ailleurs honneur à
cette passion). Adulte, il se considérera comme un faible, un lâche avec
un caractère soupe au lait, capable de partir au quart de tour.
A la fin des années 20, Akira Kurosawa quitte le foyer familial pour
tenter de voler de ses propres ailes. Il travaille alors dans un journal
révolutionnaire, secret et interdit, pour lequel il fournit des articles
et des affiches « prolétariennes ». Seulement la Révolution (dont il
n'était pas vraiment un convaincu) ne nourrissant pas son homme, il
trouve refuge chez son frère. C'est grâce à lui qu'il va réellement
découvrir le cinéma, car son frère gagne sa vie comme « benshi », un
conteur qui commente, agrémente les films muets pour le public japonais.
Ce frère, qui compta tant dans l'enfance d'Akira Kurosawa, décède
quelques années plus tard. L'arrivée du parlant et la fin du cinéma muet
rendent son métier complètement inutile. A 30 ans, il fait le bilan de
sa vie, bilan qu'il ne juge pas suffisamment intéressant pour continuer
à vivre.
La même année, le second frère de Akira Kurosawa décède aussi (de mort
naturelle cette fois). Akira Kurosawa revient alors dans le foyer
familial et essaye de gagner sa vie comme peintre, mais il se rend bien
vite compte qu'il n'a pas le talent d'un peintre original, avec un style
propre et devient vite lassé par ce métier.
C'est le hasard qui le ramènera, trois ans plus tard, dans le cinéma,
responsable pourtant de la mort de son frère. Il lit dans le journal
l'annonce d'un nouveau studio de cinéma qui organise un concours pour
recruter des futur assistants-réalisateurs. L'intitulé de la première
épreuve (« exposer les déficiences fondamentales du cinéma japonais et
suggérer des moyens d'y remédier ») intrigue et amuse Akira Kurosawa qui
décide de s'y rendre. Plusieurs épreuves se succèdent : la composition
écrite, l'écriture d'un scénario - il n'avait jamais vu jusqu'alors ce
qu'était un scénario et dut s'inspirer de son voisin pour découvrir sous
quelle forme présenter son écrit - et un entretien avec un
professionnel, Kajiro Yamamoto, qui deviendra son maître, celui qui lui
apprendra tout de la manière de réaliser des films.
Akira Kurosawa monte peu à peu les marches du métier du cinéma, passant
de troisième assistant réalisateur à premier assistant, il écrit des
scénarios, monte plusieurs films, le tout sous le regard bienveillant de
Kajiro Yamamoto.
Après neuf années de formation, Akira Kurosawa est prêt pour passer
réalisateur. Il écrit des scénarios, a des projets plein la tête mais
s'oppose sans cesse à la censure d'une époque de guerre qui repousse la
majorité de ses projets. Ce n'est qu'en 1943 qu'il réussit à faire
passer un projet suffisamment consensuel: La Légende du grand judo.
Il faut attendre 1950 et la fin de la pression de la censure (japonaise
puis américaine) pour que le succès populaire et artistique soient
vraiment au rendez-vous. Pendant une quinze années, Akira Kurosawa
réalise de grands films. Mais c'est en 1954 avec Rashomon et son Lion
d'Or à Venise qu'il est découvert par l'Occident. Pour ce nouveau
public, il s'agit d'un véritable choc que de découvrir un cinéma aussi
moderne. Dès lors, les occidentaux, et les américains en particulier,
vont s'intéresser à lui de près.
On lui propose ainsi de tourner les scènes japonaises de Tora! Tora!
Tora! (mais les contraintes hollywoodiennes n'étant pas vraiment
compatibles avec la liberté artistique, l'expérience fut
catastrophique). Mais on fait surtout des remakes de ses films :
Rashomon (1950) sera refait sous le titre Outrage par Martin Ritt. John
Sturges réalisera le remake des Sept Samouraïs (1954) en transposant
l'histoire dans le Far West avec Les Sept Mercenaires. Yojimbo (1961)
donnera Pour une poignée de dollars réalisé par Sergio Leone.
En 1965, après Barberousse, Akira Kurosawa est victime d'un coup du
sort. Le Japon connaît une grande crise du cinéma et Akira Kurosawa en
sera une des victimes. L'ambition de ses films réclame des budgets
maintenant quasiment impossibles à réunir et il ne peut plus tourner des
films, sinon avec de grandes difficultés. Il lui faudra cinq ans pour
réussir à monter un film, Dodes'ka-den. Tous les espoirs de Akira
Kurosawa sont dans ce film. Il espère prouver, par un succès critique et
public, qu'il peut encore faire des films, malgré la mutation du cinéma
au Japon. Espoirs déçus puisque le film est un échec. Il entre en
dépression et commet une tentative de suicide en 1971.
La suite de sa carrière sera chaotique, tous ces films subissant les
difficultés financières qui expliquent le délai de cinq ans entre chaque
film. Il faudra désormais l'aide de pays étrangers pour qu'il puisse
continuer à tourner. Dersou Ouzala (1975) se fait grâce à l'URSS.
Ensuite, à partir de Kagemusha (1980), ce sera grâce à l'aide de George
Lucas (grand fan d'Akira Kurosawa : il a reconnu l'influence de la
Forteresse cachée dans la conception de La Guerre des étoiles) qui saura
mobiliser Francis Ford Coppola et Steven Spielberg pour aider le maître
à continuer à faire des films jusqu'à la fin de sa vie.
Avec une carrière qui s'étale sur 50 années et plus de 30 films, Akira
Kurosawa est incontestablement un des plus grands cinéastes de tous les
temps. Humaniste, la « vision du monde » qu'il propose dans ses films se
rapproche de Shakespeare dans les drames humains qui peuvent transporter
les hommes (il a fait nombre d'adaptations de Shakespeare) mais aussi
Joseph Conrad dans le parcours du personnage qui doit souvent se
confronter à une « ligne d'ombre » pour pouvoir renaître de façon plus
juste, c'est-à-dire plus humaniste. Un thème plus japonais hante ses
films, celui de l'action. Ses personnages sont souvent prisonniers d'un
immobilisme culturel et humain, inactifs face aux événements dont ils
sont témoins ou bien même victimes. C'est par le mouvement, l'action,
que les personnages peuvent se sauver et améliorer les choses...


A lire : « Comme une autobiographie » d'Akira Kurosawa, édition Petite
Bibliothèque des Cahiers du Cinéma, 1996


Filmo-DVD complète disponible sur
http://dvdtoile.com/Filmographie?artiste=Akira+Kurosawa


Si vous avez des compléments à proposer, n'hésitez pas !

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