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[AVIS] Insomnia de Chistopher Nolan (2002)


  • Subject: [AVIS] Insomnia de Chistopher Nolan (2002)
  • From: "Cedric Paternotte" <achabb.pourlespam@lycos.com>
  • Date: 11 Sep 2002 18:25:02 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.discussion,fr.rec.cinema.selection
  • Reply-to: "Cedric Paternotte" <cpater@multimania.com>
  • Sender: modappbot@dspnet.claranet.fr
  • Xref: news.free.fr fr.rec.cinema.discussion:162830 fr.rec.cinema.selection:801

Pas de gros spoiler dans la suite, donc ce n'est juste qu'un petit avis
rapide en passant, d'ici quelques jours on reviendra plutôt à Ozu...

Insomnia, plus ou moins remake du film norvégien du même nom sorti en
1997, et qui en reprend bien des détails, est un film noir moyen. Son
genre n'étonnera personne quand on connaît les précédentes oeuvres de
son réalisateur, Following et Memento, nous présentant toutes deux des
personnages dont les comportements franchissant une frontière morale
(consciemment ou non de leur part) les mènent à leur perte.

Je ne dirai rien du scénario, non pas qu'il comporte des surprises
énormes, mais simplement je ne compte pas détailler outre mesure les
chose vu que le film n'est pas sorti en France si je ne m'abuse. On a
tous les ingrédients de la grosse production hollywoodienne avec une
énigme policière, des décors splendides montrés à foison et des stars
(Al Pacino, aux prestations plutôt sobres depuis quelques années, encore
ici ; Robin Williams convenable dans le rôle d'un type ordinairement
mauvais, et Hillary Swank pratiquement en potiche).

L'intérêt du film - comme de celui dont il est tiré - est que ce qui
aurait pu être le récit d'une simple enquête dans une atmosphère
"exotique" met le détective principal au centre de ses interrogations ;
il se trouve confronté à lui-même, à ses motivations et finalement à son
attitude générale au cours d'une carrière présentée d'abord comme
exemplaire. Un personnage principal mis en doute, voilà qui est toujours
digne d'intérêt. Les relations entre personnages sont développées par
petits coups, sans ce besoin hollywoodien systématique de faire éclater
toute tension latente au moins une fois (relation entre Dormer et les
flics locaux). Ce policier arrivant bardé de certitudes sur ses
compétences (réelles, mais là n'est pas la question), sur le bien qu'il
a accompli, sur son utilité, sera confronté aux excès qui sous-tendent
ce genre de comportement, à savoir sa défense par tous les moyens, le
tout dans un flou moral qui va croissant : ceci passe particulièrement
bien avec un policier américain joué par une star - dans l'original il
s'agissait de deux suédois arirvant dans la ville, moins parlant de ce
point de vue, mais c'est finalement un point mineur. L'ironie est qu'il
pourchasse un meurtrier qui clamera lui ressembler, et qui aurait
d'ailleurs dû lui ressembler plus - non je ne parle pas seulement de
mimétisme, mais aussi de meilleur rendu de sa banalité face à ce Robin
Williams médiocre et vulnérable, autre personnage assez bien rendu.

Les déceptions ? Les décors sont beaux, mais trop marqués - on n'est
tout de même pas dans le seigneur des anneaux. Le film est dans
l'ensemble assez plan-plan finalement, et si le sujet est riche, le
traitement ne va finalement pas très loin. La fin surtout est décevante
et devient très classique. On reste finalement dans le film noir assez
honnête comme je le disais, avec une variété de finesse qui ne
s'accorderait qu'aux détails secondaires en quelque sorte. Des
personnages intéressants, des situations en général pas stéréotypées,
mais une réalisation sans attrait particulier. Surtout, pourquoi faire
ce remake - à l'intrigue identique ! - d'un film sorti il y a si peu de
temps, surtout pour en reprendre jusqu'aux détails, comme le jour
perpétuel qui empêche le personnage de dormir, gêné par un store
laissant passer trop de lumière - certes une métaphore intéressante,
mais simplement copiée. On en attendait plus d'un réalisateur aux
premiers films personnels.

Nolan reste cela dit prometteur, s'il ne devient pas un outil de plus au
service de productions sans âme. Mais voyez d'abord l'original si
possible, qui n'est pas un chef d'oeuvre certes mais à l'avantage
d'être... lui.

--
Cédric

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Publier sur fr.rec.cinema.selection : <URL:http://minilien.com/?NMCOTe6cvv>
Archives de fr.rec.cinema.selection : <URL:http://minilien.com/?Y1XQG35qgJ>