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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Calculs meurtriers (Barbet Schroeder - 2002)
Calculs meurtriers Titre original : Murder by numbers Réalisateur : Barbet Schroeder Acteurs : Sandra Bullock, Ben Chaplin Sortie en salles : 5 juin 2002 Sortie DVD Zone 1 : 24 septembre 2002 HISTOIRE Deux étudiants, l'un qui s'ennuie, l'autre qui verse dans la philosophie du crime, décident de commettre le crime parfait. CRITIQUE Sur le papier, le film paraissait un peu convenu : deux étudiants décident de rompre avec leur ennui en commettant le crime parfait afin de défier le FBI et de prouver leur supériorité. Sur le même canevas, on avait déjà vu le maître Hitchcock s'y coller et nous offrir La Corde. On pouvait donc s'attendre au pire avec cet air de plagiat. Seulement, ce n'est pas un tâcheron d'Hollywood qui réalise Calculs meurtriers, mais Barbet Schroeder qui se trouve derrière la caméra, et avec lui on peut s'attendre à tout (Rien que d'essayer d'alterner des gros films hollywoodiens avec des petits films intimistes son dernier film, La Vierge des tueurs était en DV, tourné en espagnol avec des comédiens inconnus prouve son souci de ne pas « s'installer » à Hollywood). Avec ce film, c'est du bon Schroeder que l'on a. Il nous offre d'abord une histoire bien menée, bien réalisée, sans temps mort ni ennui, avec une évolution de l'histoire intéressante même si elle est un peu convenue et attendue. Mais c'est surtout au niveaux des personnages et des thèmes abordés que Schroeder réussit à transcender ce film de genre en un film intéressant et personnel. Il y a d'abord le personnage incarné par Sandra Bullock. Classiquement, elle a un « complexe intérieur » qu'elle devra assumer et dépasser car, de bien entendu, tout film doit permettre au personnage principal « d'apprendre quelque chose et d'évoluer ». Seulement, le personnage est plus que cette obligation scénaristique. Elle est d'une noirceur rare dans un film hollywoodien, d'une violence contenue assez impressionnante et se positionne dès lors plus comme un anti-héros. Elle est surtout une figure de la victime d'une société en laisser-aller, une société violente aussi bien physiquement que moralement, voire culturellement. Les deux autres personnages principaux, les deux étudiants sont eux aussi dans la même lignée thématique de la violence sociale. Il y a d'abord le jeune séducteur riche qui s'ennuie et qui commet le crime pour le fun, et puis l'intellectuel philosophe, mal dans sa peau, qui met, avec ce crime, en pratique sa théorie sur la liberté qui, loin de le libérer, l'enferme. Le crime est ainsi emprisonné entre ses deux extrêmes : le crime gratuit et le crime politique, mais dans tous les instants du film, et là réside une des réussites du film, le crime ne reste pas vivace comme tel, il se réduit très vite à son essence même qui est la violence ! Là aussi pas de concession au niveau de ces deux personnages car, si durant tout le film notre sympathie va vers le personnage du jeune homme mal dans sa peau (dont le mal-être peut justifier le crime, à l'inverse du séducteur qui ne peut rien justifier) on découvrira aussi que le film évite finalement la moindre issue positive pour préférer une résolution encore plus terrible que le crime lui-même. De toute cette histoire finalement, aussi bien du personnage de Sandra Bullock que des deux jeunes, une seule chose reste : l'impression de gâchis, car au bout du compte la seule gagnante, c'est la violence, celle donnée sans raison ou celle reçue sans réaction. Et cette violence dépasse largement le cadre de ce crime, de cette affaire, qui n'est au fond qu'une de ses résurgences... Critique écrite par Dumbledore, et disponible sur http://dvdtoile.com -- spontex@dvdtoile.com www.dvdtoile.com : Tout sur les sorties au Cinéma et en DVD. -- Publier sur fr.rec.cinema.selection : <URL:http://minilien.com/?NMCOTe6cvv> Archives de fr.rec.cinema.selection : <URL:http://minilien.com/?Y1XQG35qgJ>
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