[Recherche]
[Date Prev][Date Next][Date Index]

[CRITIQUE] Sur mes levres (Jacques Audiard - 2001)


  • Subject: [CRITIQUE] Sur mes levres (Jacques Audiard - 2001)
  • From: Spontex/DvdToile <spontex@dvdtoile.com>
  • Date: 03 Jul 2002 09:50:06 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.discussion,fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Centre d'Etudes de la Navigation Aérienne
  • Sender: modappbot@dspnet.claranet.fr
  • Xref: news.free.fr fr.rec.cinema.discussion:157360 fr.rec.cinema.selection:748

Sur mes lèvres

Réalisateur : Jacques Audiard
Acteurs : Vincent Cassel, Emmanuelle Devos, Olivier Gourmet, Tonino
Benacquista
Scénariste : Tonino Benacquista
Sortie en salles : 2001
Sortie DVD Zone 2 : 3 juillet 2002


HISTOIRE

Cela fait un moment que Carla Bhem est secrétaire à la Sédim, une boîte
de promotion immobilière. Là, elle s'occupe de tout: les dossiers, le
standard, les devis, les bilans. En échange, un salaire de misère et
aucune considération. Carla en a assez. Seulement voilà : que peut-on
vraiment espérer quand on est une femme dans une société d'hommes, qu'on
a trente-cinq ans, un physique plutôt moyen et qu'on porte une prothèse
auditive dans chaque oreille ? La solution s'appelle Paul Angeli, le
nouveau stagiaire. C'est un voleur qui sort de taule et il a une belle
gueule.


CRITIQUE FILM

Sur mes lèvres est agaçant ! Agaçant car il aurait pu être un vrai bon
film et qu'il rate sa cible. Le couple formé par Vincent Cassel (qui n'a
jamais été aussi bon car il n'a jamais joué avec autant de retenue, sauf
peut-être dans L'Élève) et Emmanuelle Devos (très étrange, car capable
d'être tout à la fois belle et laide, fragile et forte) fonctionne à
merveille, passant d'un retournement à un autre. L'histoire est plutôt
réussie, basculant elle aussi d'un univers (magouille de société où elle
le manipule) à l'autre (magouille de mafia sordide où il la manipule).
Seulement, la mise en scène manque de finesse, jouant avec des effets de
cadre (en décadrant au maximum, coupant les hauts des têtes) souvent
limite. On sent la fascination pour les cadres de Michael Mann,
notamment Révélations, mais ici cela ne fonctionne pas. Jacques Audiard
manque de confiance en lui, et surtout en ses personnages, essayant trop
souvent de les expliquer de peur qu'on ne les comprenne pas. C'est le
cas de toutes les scènes avec Emmanuelle Devos seule chez elle qui
n'apportent rien au film...
Mais surtout, le scénario est bancal. Par exemple, toute l'histoire avec
le contrôleur judiciaire n'a aucun sens. Pire, on s'en moque
complètement et cela semble totalement parachuté dans le récit
principal, ce qui du coup gâche le film. La seule explication possible
serait liée à une volonté de développer une thématique secondaire qui
serait celle du couple. Trois couples sont présentés dans le film, celui
de la copine qui a un amant, celui du mafieux qui délaisse sa femme qui
finira par être responsable de sa perte, et celui du contrôleur
judiciaire qui est assassiné par son mari. Le thème serait qu'une
relation établie et posée est vouée à l'échec, seule celle fondée sur
l'action (qui correspond à nos deux personnages) a une chance de
fonctionner. C'est peu, mais c'est la seule légitimation possible.
Il reste un travail sur le son plutôt admirable (même si les partis-pris
de mise en scène sont une nouvelle fois un peu lourds) et rare dans le
cinéma français...


Critique écrite par Dumbledore, et disponible sur http://dvdtoile.com

--

spontex@dvdtoile.com

www.dvdtoile.com : Tout sur les sorties au Cinéma et en DVD.

--
Publier sur fr.rec.cinema.selection : <URL:http://minilien.com/?NMCOTe6cvv>
Archives de fr.rec.cinema.selection : <URL:http://minilien.com/?Y1XQG35qgJ>