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[AVIS] L'Arnaqueur (Robert Rossen - 1961)


  • Subject: [AVIS] L'Arnaqueur (Robert Rossen - 1961)
  • From: Spontex/DvdToile <spontex@dvdtoile.com>
  • Date: 13 Jun 2002 21:20:02 GMT
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L'Arnaqueur

Titre original : The Hustler
Réalisateur : Robert Rossen
Acteurs : Paul Newman, Piper Laurie, George C. Scott
Sortie en salles : 1961
Sortie DVD Zone 2 : 5 juin 2002


HISTOIRE

Eddie, très talentueux joueur de billard, vivant de petits coups et
d'arnaques, affronte un maitre du billard. Il perd la partie, qui dure
24 heures. Il garde en tête une injure qu'on lui a lancée, comme quoi il
serait un looser..


CRITIQUE FILM

Attention chef d'oeuvre ! Pour plusieurs raisons. D'abord parce que le
film est novateur pour l'époque (1961) : film tourné à New-York et non
pas à Hollywood, présence d'une narration originale avec une séquence
pré-générique, de scènes très longues, de personnages qui sont tous des
anti-héros, etc.
Au-delà de cette mise en perspective, il reste un film puissant, avec
une thématique forte et originale : le talent ne fait rien sans
caractère, sans personnalité pour la sublimer. Sinon, on n'est rien
d'autre qu'un looser. Looser comme on en a peu vu au cinéma, et
thématique combien intéressante : non pas un raté, nulle, puant, mais
quelqu'un qui a toutes les cartes entre les mains, mais qui ne sait pas
en profiter. Terrible...
Derrière tout cela, une idée simple : le talent, c'est justement la
valeur demandée, reconnue par une culture superficielle. Un peu plus
loin, pointe une critique sociale : gagner, perdre, n'est finalement que
secondaire (même si reconnu comme primordial, surtout dans la société
américaine), l'important, c'est le caractère, l'être. Dit comme ça,
c'est un peu naïf, simpliste et évident, mais à travers le parcours
terrible d'Eddie, c'est tout autre. Gamin au début du film, il devient
adulte à la fin du film: passant à travers une relation amoureuse, une
castration d'un imaginaire de toute puissance (scène des pousses !) et
surtout l'affrontement avec une figure paternelle. La traversée de ce
désert de l'humanité est bien évidemment coûteuse, d'une manière
narcissique, d'une manière amoureuse...
Robert Rossen fait preuve d'une maîtrise et d'une intelligence
remarquables. Sa mise en scène est d'abord très fine, avec une lumière
très rusée, un sens du cadre très poussé. Mais c'est surtout son travail
sur le scénario qui est impressionnant, les choix effectués : mettre le
billard au second plan et raconter d'abord une histoire de personnages,
oser aller loin dans le cynisme, des personnages très campés sans être
pour autant caricaturaux: Paul Newmam minaude avec conscience et fait
évoluer son personnage vers une certaine dureté, une simplicité aussi.
Piper Laurie incarne un personnage très compliqué, réussissant à donner
des facettes et une gamme à son personnage, allant de la pure dépression
à une énergie de vie. Et puis surtout, il y a Patton, c'est-à-dire
George C. Scott, terrible dans ce personnage indifférent à toute
idéologie, tout rêve, tout désir, avec même plus l'envie d'argent, un
personnage troublé face à un Paul Newman trop vivant pour ne pas lui
être insupportable.
Scorsese est sans nul doute un fan de ce film. Certes, il a fait La
Couleur de l'argent reprenant le même personnage d'Eddie, mais même son
Raging Bull n'est pas sans faire penser à ce film, avec le même
personnage de "looser"...

Test du DVD Zone 2 disponible sur http://dvdtoile.com

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