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[AVIS] Metropolis (2001) (Katsuhiro Otomo / Osamu Tezuka) [SPOILERS]


  • Subject: [AVIS] Metropolis (2001) (Katsuhiro Otomo / Osamu Tezuka) [SPOILERS]
  • From: Bruno <lecinemadebruno@free.fr>
  • Date: 12 Jun 2002 07:00:03 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
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  • Organization: La Grande Illusion
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	METROPOLIS


{FICHE]

Style : Anime apocalyptique
Réalisation : Taro Rin
Scénario : Katsuhiro Otomo / Osamu Tezuka

L'histoire : Kenichi et son oncle Shunsaku Ban (détective privé de son
état)  enquête sur un vaste trafic d'organe mené par le Docteur
Laughton. La piste qu'ils suivent les mènent à Metropolis, gigantesque
mégapole dirigée officiellement par un Président mais, une éminence
Rouge, en l'occurrence un Duc règne en secret -- 
L'enquête des deux hommes va les mener sur un chemin qui va changer
leurs destins--.

Fiche imdb : http://french.imdb.com/Details?0293416



[L'AVIS]

(Attention, cet avis comporte quelques spoilers qui peuvent nuire a la
première vision du film) 


Le génial Katsuhiro Otomo (scénariste-réalisateur de Akira) est de
retour pour nous offrir une vraie histoire pleine de sentiments, de
violence et de réflexion.
Le scénario "en béton" et riche fait la part belle aux personnages.
Bien que le film soit un film d'animation, on ne trouve pas la
simplicité des héros que l'on peut découvrir dans d'autres dessins
animés telles que les productions Disney (tous les personnages sont
bons ou méchants) . Les héros et les seconds rôles ont tous des
personnalités complexes qui ne peuvent que servir l'histoire .


Outre une vraie bonne histoire de Science Fiction sur laquelle on
reviendra plus loin, le film se base sur l'interaction entre les
personnages et les sentiments simples mais au combien millénaires
qu'ils peuvent tisser entre eux : 

- La haine et la jalousie : le "fils" (ou de celui qui se considère
comme tel) du Duc rouge envers la création que le noble projette de
créer est formidablement mise en scène et permet de développer un
personnage qui peut paraître secondaire au premier plan mais qui est
le réel fil rouge du film. 

- L'ambition du Duc Rouge pour devenir le maître de cette cité ne
passe pas nécessairement par son pouvoir personnel. Tel le Docteur
Frankentstein, celui ci se contenterai du fait que sa créature domine
la ville.

- L'amitié développée entre Kenichi et les robots (que ceux ci soient
des robots utilitaires tels Albert II ou encore entre ce même Kenichi
et son oncle.


Cependant, le sentiment principal reste "L'amour", sentiment
millénaire qui est encore une fois porté aux nues par une réalisation
cinématographique.
Amour impossible entre un humain et un robot qui ne le sait pas encore
et qui croit à son humanité (ce qui va conduire à celle ci mais aussi
à sa destruction). 
Cet amour impossible est d'autant plus crédible que même le héros
(Kenichi) ne connaît pas la véritable nature de celle qu'il aime.
Pourtant ce sentiment est réel et criant de vérité sur l'écran, que ce
soit pour l'humain ou pour le Robot.

Visuellement presque parfait, "Metropolis" réussit le pari de tenir
sur une multitude d'oppositions, ce qui ne fait que rehausser les
propos des scénaristes pour construire une aventure complexe et pleine
de rebondissements: 

Que ce soient les confrontations visuelles et sonores (la bande son
est à 99% Jazz ce qui remet en cause le futurisme des décors et de la
ville) ou encore la simplicité et la fluidité du graphisme qui
côtoient la noirceur de l'histoire, celles ci permettent au scénario
de se développer en laissant le spectateur perplexe devant cette
histoire tellement noire, tellement sombre mais racontée avec un trait
aussi fin (aussi bien au niveau dessin que scénario).

Mais, le principal antagonisme de ce récit reste la juxtaposition des
Robots et des Humains.
Vous me direz, cette rivalité n'est pas nouvelle depuis qu'un certain
Allemand nous a permis de découvrir un film portant sur le même sujet
dans les années 30 : 

"Metropolis" (version Japon) rend, bien évidemment hommage,  par ce
titre, au film homonyme de Fritz Lang.  
Les références au film original est plus qu'évident : la ville
tentaculaire et les robots qui sont utilisés pour faire fonctionner
celle ci ne sont pas très éloignés de l'histoire présentée par Lang.
Cependant, "Metropolis" est loin d'être un remake de "Metropolis".
 
Dans le Japanime, les robots ne sont pas "humains" comme dans le chef
d'oeuvre de Lang mais sont bel et bien construits en fer-blanc. De
plus, le robot ne libère pas l'homme mais l'homme libère le Robot et
par la même occasion l'humanité. 
(Tiens, encore un antagonisme : le contraire de son modèle ) 

Malgré cela, les hommages sont multiples et bien réels : la création
d'un Robot pour régner, la destruction d'une ville tentaculaire, le
Robot salvateur et une certaine sobriété dans la mise en scène-- 

L'histoire, quant à elle, se base sur une des peurs habituelles  des
Japonais : le nucléaire (ce qui est bien compréhensible depuis la
dernière guerre mondiale).
Le récit permet donc de tendre vers un but unique : l'anéantissement
de Metropolis et de tout ce que véhicule cette ville comme mauvais
sentiments (racisme envers les Robots, dictature, meurtres, ...)  dans
une gerbe apocalyptique nucléaire.

La destruction de la ville par l'explosion d'un réacteur permet
cependant de construire une nouvelle civilisation ce qui permet de
sortir de la salle avec un sentiment d'optimisme malgré la dévastation
de cette ville futuriste : la ville est détruite pour donner enfin vie
à une nouvelle civilisation qui fait fi des différences entre les
différentes "races". Les humains et les Robots peuvent vivre ensemble
sans pour autant se détester et se détruire et cela en connaissance de
cause. 
Le propos de Metropolis est ouvertement Humaniste. 

Vous l'aurez compris, même si le scénario est moins complexe que
"Ghost in the shell", "Metropolis" reste un énorme Japanime
esthétisant, complexe et à consommer sans modération.



 -- 
"Now we are in business together, forever"
                  Swan

Bruno : lecinemadebruno@free.fr

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