[Recherche]
[Date Prev][Date Next][Date Index]

[CRITIQUE] Star Wars : Episode II - L'attaque des clones (George Lucas - 2001)


  • Subject: [CRITIQUE] Star Wars : Episode II - L'attaque des clones (George Lucas - 2001)
  • From: Spontex/DvdToile <spontex@dvdtoile.com>
  • Date: Sun, 19 May 2002 22:30:30 +0200
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection,fr.rec.arts.sf.starwars
  • Organization: Moderation de fr.rec.cinema.selection
  • References: <3CE65CC6.9050709@dvdtoile.com>
  • Xref: news.free.fr fr.rec.cinema.selection:701 fr.rec.arts.sf.starwars:15732

[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion -- Attention, la suite est positionnée
vers fr.rec.cinema.discussion.]

HISTOIRE

Dix ans ont passé. La Republique part en morceaux. Le sénat est sur le 
point de voter la création d'une grande armée de la république. Amidala 
est chargée de s'y rendre pour s'opposer à ce vote.

CRITIQUE

PROMESSES TENUES.

Conformément aux promesses faites par Lucas, Star Wars: Episode II 
développe, complexifie les thèmes, les personnages qui étaient 
simplement posés dans le premier opus.
Ainsi la ligne politique intéressante, mais seulement énoncée de Star 
Wars: Episode I (la République est menacée par le Commerce et le 
Capitalisme) prend ici toute sa force, évoluant vers une réflexion plus 
critique et plus poussée de la Démocratie. Le thème développé dans Star 
Wars: Episode II, c'est qu'une une démocratie qui recourt à l'armée, 
pour faire respecter l'idée de la démocratie partout dans l'univers, est 
vouée à l'échec, et est vouée surtout à glisser vers un système 
totalitaire. La démocratie est un concept pur, mais fragile. Le moindre 
glissement de la démocratie tue la démocratie. Une république, nous dit 
le film, doit reposer sur les jedis, c'est-à-dire des représentants 
d'une force spirituelle, de conseils, de discussion et non pas une 
armée... La substitution de l'un par l'autre est le premier pas vers la 
Dictature.
Or si l'on ramène cette fable à notre petite planète, quel est le pays 
qui, pour soit disant défendre l'idée de Démocratie, recourt partout 
sans cesse à son armée ? Les Etats-Unis. Jamais une armée n'a su imposer 
une démocratie. C'est le pays lui-même, par son évolution, par sa propre 
vie, qui doit y accéder. Voilà le drame des Etat-Unis qui ont surtout 
instauré dans le monde des dictatures, rarement des démocraties. Voilà 
l'enjeu de Star Wars: Episode II qui prouve ce qu'on pressentait déjà, 
le caractère révolutionnaire, anti-USA de George Lucas.

Mais comme toujours au cinéma, c'est au niveau des personnages que se 
gagne ou se perd un film. Le premier épisode frustrait car les 
personnages étaient esquissés mais pas approfondis. Le second épisode va 
plus loin et propose des personnages plus fouillés, plus riches.
Anakin est devenu un personnage très habité, une sorte de 
nitro-glycérine, toujours prête à exploser durant tout le film. Il est 
étonnant d'ailleurs de voir combien, dans la première trilogie, Lucas se 
situait du côté de Luke. On était avec lui quand il se frottait au monde 
adulte, quand il essayait d'y faire sa place, quand il luttait contre 
les incompréhensions qui l'entourait. Or ici, avec cette seconde 
trilogie (et les quinze ans de maturité en plus) Lucas n'est plus avec 
Anakin. Lucas regarde, et nous montre, Anakin avec les yeux d'un père 
qui voit son fils se débattre soi-disant contre le monde extérieur quand 
il se bat en fait contre ses propres pulsions, sa propre identité 
inexistante ou fluctuante (thème développé durant tout le film : Anakin 
refuse d'être considéré comme un padawan (élève), mais veut être vu 
comme un jedi ; il refuse d'être vu comme un jedi, mais veut être 
apprécié comme un humain ; refuse d'être considéré comme un humain et, 
etc, etc). Le thème du passage de génération est une autre ligne forte 
du film. Si l'on a, à la fin du film, reconstitué la lignée de la 
formation des jedis (Yoda a formé Count Dooku qui a formé Qui-Gon Jinn 
qui a formé Obi Wan Kenobi, qui a formé Anakin) on remarquera aussi que 
bien souvent l'élève et le maître finissent par se taper dessus !
C'est donc à Obi Wan que Lucas s'identifierait, Obi Wan qui ne devenait 
intéressant que dans les dernières minutes de Star Wars: Episode I, 
quand, prisonnier d'une promesse faite à Qui-Gon, il se retrouvait 
condamné à s'occuper d'Anakin qu'il sait dangereux, qu'il devine 
néfaste. Durant tout le second épisode, il est confronté à ce dur rôle 
d'un père qui doit éduquer un adolescent avec toujours cette crainte 
qu'un mot, qu'un geste mal perçu, fasse fuir le fils et le condamne à 
errer dans le côté obscur de la force...
Amidala a subi une belle évolution elle-aussi. Son dilemme (choix 
politique ou choix personnel) est tout à fait crédible avec en plus une 
nuance qu'apporte le jeu de cette sublime actrice qu'est Natalie Portman 
: il est impossible de dire si elle aime vraiment Anakin ou bien si elle 
est consciente qu'elle est la seule personne qui peut l'empêcher de 
sombrer dans le côté obscur de la Force. Questionnement qui sera sans 
doute résolu dans le prochain épisode...

Globalement maintenant, si le film est toujours aussi beau visuellement 
(la planète des clones est superbe), il est aussi plus noir, le scénario 
plus complexe.
La violence commence à monter, notamment à travers des références 
implicites à la guerre du Viêt-Nam et ses débordements. Visuellement, 
par exemple, le sauvetage des Jedi ressemble énormement à ce qu'on a pu 
voir dans les dizaines de films de guerres (hélicoptères qui arrivent 
alors que les troupes sont encerclées par l'ennemi). Le Viêt-Nam se 
retrouve aussi encore dans la description du massacre du village...
Mais le plus surprenant, c'est la fin du film. La dernière demi-heure. 
Elle démarre d'une manière classique mais vire très vite à autre chose. 
Pas de montage parallèle d'abord, mais une suite de deux combats. Le 
premier est une victoire au goût amer. Le seconde une défaite 
terriblement étrange, distancéee. Surprenant.
La violence et la noirceur étant plus présentes, l'humour est développé 
pour contrebalancer. Comme jadis, le couple R2D2/Z6PO tient lieu de 
dérivatif d'humour. Même Yoda est de la partie, c'est dire !
On tirera pour finir notre chapeau à la musique de John Williams. Celle 
de Star Wars: Episode I, à part quelques thèmes fabuleux (le combat 
final notamment) était un peu laborieuse et classique. Elle a retrouvé 
ici toute son intelligence. Le travail sur le leitmotiv, les apparitions 
des thèmes de Dark Vador, de la Force ou bien encore du combat final de 
Star Wars: Episode I, est superbe.
La seule mauvaise nouvelle après tout ça, c'est qu'il faut maintenant 
attendre trois ans pour pouvoir voir Star Wars: Episode III.

LIENS

http://www.r2d2menace.com (Bande-annonce "CLONE WAR")
http://perso.wanadoo.fr/swst (Très gros résumé, affiche officielle, 
bande-annonce)
Scénario : http://www.seanolsondesign.com/script.txt (Shooting Script)
Critique : http://www.liberation.fr/page.php?Article=27171 (Libération)

Critique écrite par Dumbledore, et publiée sur le site http://dvdtoile.com

-- 
Publier sur fr.rec.cinema.selection: http://minilien.com/?NMCOTe6cvv
Archives de fr.rec.cinema.selection: http://minilien.com/?Y1XQG35qgJ