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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Millenium Mambo (Hou Hsiao Hsien - Taiwan - 2001)
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] Millenium Mambo Film taïwanais, réalisé par Hou Hsiao Hsien, durée : 1h 59 mn Date de sortie : 31 Octobre 2001 Avec Qi Shu, Tuan Chun-Hao, Jack Kao, Yi-Hsuan Chen, Yun Takeuchi De Vicky le jour nous ne verrons que la toilette, on devine sinon le sommeil. Vicky et Hao Hao, comme leurs amis, ne vivent que la nuit, ne parlent qu'assourdis par une musique électronique, et montent aux paradis artificiels. Mais la jeune fille s'inquiète de sa destinée sans lumière du jour, surtout de la jalousie pathologique de son compagnon. Elle rencontre Jack, homme dont le stoïcisme reflète l'expérience de dérives mafieuses... Millenium Mambo ne pourrait être qu'un documentaire, il serait le premier à consacrer la culture musicale électronique, par la représentation d'une jeunesse désoeuvrée, noctambule et qui ne connaît du ciel que le bleu saturé des jeux vidéos. Si elle est pourtant marginale, cette dérive stigmatise l'abandon fantasmé du corps sous ces rythmes insistants et la jouissance sans cesse surenchérie de la consommation des drogues. Enfin le cinéma contourne la caricature (Trainspotting, Cours Lola cours...) pour s'ajuster aux sensations, non à l'anecdotique des modes. Le film est fort tant d'abord la musique est là: éthérée reste la voix, quand l'idiotie savante des notes s'incorpore nos sens. Pourtant l'image ne montre presque pas, la focale choisie, longue, enserre des morceaux d'individus. De ce cadre nous ne percevons que des gestes ou les fuites des membres, les teintes sont monochromes et les seuls blancs sont révélés par la lumière noire des boîtes de nuit, un blanc ultraviolet donc, qui brûle notre regard par accroche de vifs éblouissements. D'autres tâches de couleur peuvent surgir, clignoter, mais c'est la providence des flous, si marqués qu'ils tendent vers une abstraction hallucinatoire. La mise en scène snife sur la table la poussière blanche. Millenium Mambo n'est plus un documentaire quand une voix off que l'on comprend être celle de Vicky annonce et structure en apparence le récit. L'action s'installe lentement mais ce mouvement ralenti expose les ressentiments entre Vicky et son ami, et le mystère de reniflements animaux devient l'enquête d'un compagnon jaloux à l'affût d'odeurs suspectes quand la jeune fille rentre de ses nuits blanches (violettes, pas encore violentes). Puis les rencontres... L'apparence de la structure du film est troublante tant les allées et venues de la jeune fille entre trois pôles masculins déterminent sa confusion, et trompent notre jugement sur sa personnalité. La fin du film suggère un récit beaucoup plus linéaire que ce qui nous a été montré mais cette désarticulation de la chronologie des événements est l'intelligence du film, l'acte de langage qui colle à la peinture abstraite des corps. Un bouleversement qui inscrit en phrases des moments et reconstitue par séquences le paragraphe d'une vie, celle de Vicky, en donnant un sens à sa recherche d'identité, d'avantage qu'une biographie ordonnée ne pourrait l'esquisser. Le jeu des comédiens montre peu sinon la justesse des tons (Shu Qi, physique sans aspérité, jolie mais sans charme, convient à la superficialité supposée de son personnage). Le jeu est surtout du côté de la mise en scène, magistrale. l'indécile (Géranium Tango) _______________________________________ "S'il y a une chose dont j'ai horreur c'est bien le cinéma. Surtout qu'on m'en parle jamais." J.D. Salinger (L'Attrape-coeurs) Mais sur le net... : http://smartgroups.wanadoo.fr/groups/cinephile -- Publier sur fr.rec.cinema.selection : <URL:http://minilien.com/?eAVl0sEkkI> Archives de fr.rec.cinema.selection : <URL:http://minilien.com/?Y1XQG35qgJ>
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