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- Versus, l'Ultime Guerrier - : fight clubbing in the twilight zone.


  • Subject: - Versus, l'Ultime Guerrier - : fight clubbing in the twilight zone.
  • From: "Juanitox" <juanitox@free.fr>
  • Date: 12 Mar 2002 21:50:02 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.discussion,fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Guest of ProXad - France
  • Sender: modappbot@dspnet.claranet.fr
  • Xref: news.free.fr fr.rec.cinema.discussion:145408 fr.rec.cinema.selection:665

On peut rire de tout, et surtout de n'importe quoi.

Et justement, du n'importe quoi, Ryuhei Kitamura en fait la composante
essentielle et exclusive de son film déjanté et furieux, suivant la
grandiloquente et hallucinée tradition du sérial japonais de baston à la
Power Rangers.
Sauf qu'ici, il quintuple la dose, surmultiplie les effets, et décuple les
impacts aux limites du possible et au delà, et obtient un véritable
film-ovni, un machin cinématographique complètement brindezingue, qui
carbure en roue libre au destroy le plus radioactif, et se contrefout du bon
goût le plus élémentaire et de la déontologie la plus minimale.
Alors évidement, son film s'inscrivant dans une temporalité
post-matrixienne, Kitamura use et abuse de cette mise en scène estramassée
qui roule des mécaniques et ronfle du calbut, qui part en déflagration dans
tout les azimuts, contre laquelle il n'y a pas d'abris ni de rémission, et
qui est pourtant jubilatoire à l'extrême par l'incroyable énergie qu'elle
déploie et dispense sans retenue.
Mais l'effet immédiat, imparable, et principal de cette troustafana de n'
importe quoi, est bien évidemment et surtout un humour second degrés non
dissimulé, qui frappe dans la satire carabinée, et qui s'auto-parodie sans
pitié avec gausserie et pasquinade.
Cependant, malgré la tonalité défraquée et estransinée de cette foire de l'
intempérance, Kitamura parvient à relativement se calmer par moment, en tout
cas suffisamment pour installer des ambiances oniriques et flottantes qui
contrastent avec la folie ambiante, et qui dégagent une certaine poésie
visuelle assez bien sentie.
C'est la qu'il est perceptible, qu'à travers sa mise en scène
méta-chabraque, Kitamura montre un sens du découpage assez percutant, et un
travail pictural dans les enchaînements de plans et angles de vues tout à
fait maîtrisé, qui laisse augurer que le jour ou il aura un vrai scénario,
de vrais moyens, et une vraie exigence, il se pourrait qu'il fasse un vrai
blockbuster.

Foutraque et stéroïdé à mort, mais éminemment hilarant.


Jntx.

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