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[Date Prev][Date Next][Date Index] ALI : Raging Full pour quatre boules de cuirs.
Il semblerait maintenant acquit que Michael Mann soit bel et bien un des
plus grands cinéastes post-classique actuel, et que chacun de ses films
suscite une véritable attente légitime, comme son précédent le
magnifique -The Insider- l'avait parfaitement prouvé et assumé il y a deux
ans.
Mais tel n'est pas complètement le cas aujourd'hui, sur cet -Ali- certes
brillant et accompli, mais s'abandonnant par moment à une espèce de
complaisance fatuite quelque peu incongrue.
Michael Mann sait très bien ce qui fait la valeur de son cinéma, sa "touch"
si particulière faite de cette distance savamment maîtrisée, de ces
expérimentations narratives si convenablement cadrées, et de ce sens du
style pictural si sophistiqué, et tout cela se retrouve et persiste ici,
sublimé dans des séquences de matchs de boxe en état de grâce.
Mais ce qui empêche l'oeuvre d'être totalement convaincante, c'est justement
ce trop plein qui dégouline, cette esthétisation permanente un brin
envahissante et ostentatoire (image numérique sur-travaillée et inutile.),
et qui prend à force le pas sur le sujet du film proprement dit, pour
tourner en final pour elle même, pour faire du style en roue libre.
A l'image de son personnage-titre qui affiche un orgueil et une vanité
illimités, Michael Mann se regarde ici un peu trop filmer, et prive son film
de l'humilité talentueuse qu'on lui espérait.
Mais malgré ça, le film est néanmoins globalement réussi, et offre une
vision du personnage Ali précise et passionnante.
Car à l'inverse du documentaire -When We Were Kings- qui se consacrait
exclusivement au combat contre Foreman au Zaïre, Michael Mann illustre la
carrière du boxeur à partir du premier accès au titre mondial, car son
propos n'est pas de faire une drama-bio filmée, mais plutôt de dresser
synthétiquement une évocation de la carrière du champion-titre, en se
focalisant sur ses faits les plus marquants (quitte à provoquer une
temporalité chronologique du récit un peu confuse.), et de tenter en même
temps de capter quelques miettes de la vérité du mythe, et de donner une
idée de qui pouvait être réellement Mohamed Ali.
Vibrant et beau, mais long et redondant.
Jntx.
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