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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Alien, Aliens, Alien 3, Alien la resurrection [REVELATIONS]
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] Bonsoir, Voici un avis sur la saga Alien, dont le premier épisode fait partie de mes films de chevet. Si vous n'avez pas vu Alien (Ridley Scott, 1979), ne lisez pas ce post, il est truffé de REVELATIONS Je vais d'abord parler du concept 'Alien' en général, puis de chacun des films de la série. I - "J'admire sa pureté. Un survivant qui n'est pas souillé par la conscience, le remords, ou les illusions de la moralité." Qu'est-ce qui fait peur dans Alien ? Tout d'abord l'alien est, par définition, ce qui est autre, ce qui est différent de nous, l'étranger. L'alien réveille nos peurs xénophobes. L'alien est l'inconnu - mais aussi l'inconnu dangereux. On se rend vite compte qu'il peut faire mal, qu'il peut tuer. Il est le monstre par excellence. D'une complexité effarante (jusque dans ses entrailles, qui ont la faculté de dissoudre toute matière, comme quoi l'alien peut encore tuer après sa mort), mais d'une fin simplissime : il ne veut que tuer et se reproduire. Et sa reproduction nécessite la mort d'un être humain, cela va donc plus loin encore. L'alien a besoin d'un hôte humain pour se développer, c'est là toute la force du concept. Cela réveille cette fois la peur de la maladie, la peur du cancer même, qui nous ronge de l'intérieur. On se sent impuissant face à l'alien comme face à la maladie. On ne peut rien faire sauf attendre la mort ... Terrifiant. Mais Alien ne se limite pas à cela. Une allusion y est faite dans le premier opus et dans le troisième, et c'est le leitmotiv du second et du dernier : L'alien est un arme. La science-fiction post-seconde-guerre-mondiale a vu fleurir les réflexions sur l'utilisation des hautes technologies durant les guerres (comme le nucléaire bien sûr), et les cataclysmes qui peuvent en découler. Alien se place dans la continuité de ces réflexions. Il veut nous montrer le danger des armes bactériologiques (car l'alien en est une). Alien nous montre aussi le mythe de la créature qui échappe à son créateur (dans tous les Aliens, les scientifiques sont les dindons de la farce, seule Ripley sauvera le monde), la science qui échappe aux scientifiques. On peut trouver ce message naïf, ou trop simple, mais il apporte plutôt une force à des films avant tout fantastiques / de science fiction. II - "Minou ? Minou, Minou, Minou ?" TITRE : Alien ANNEE : 1979 REALISATEUR : Ridley Scott MUSIQUE : Jerry Goldsmith INTERPRETES : Sigourney Weaver (Ripley), Tom Skerritt (Dallas), Ian Holm (Ash), Veronica Cartwright (Lambert), ... Je regrette sincèrement de ne pas avoir vu le premier Alien de R. Scott au cinéma. Je trouve que le film, par la qualité de son image et de ses effets spéciaux, possède une photographie proche de '2001' ou 'Star Wars'. Mais il y a autre chose, le plus que Giger, le designer de l'alien, a rajouté au film. Cet aspect gluant, mélange de mécanique et d'anatomie humaine. Du design de l'alien jusqu?au vaisseau perdu, en passant par le champ d'oeufs ou encore les couloirs du Nostromo, tout est visuellement parfait. Les premières images donnent le ton : planètes, étoiles, nébuleuses, énorme vaisseau spatial, images servies par la musique lente, douce et profonde de Jerry Goldsmith. Car c'est la lenteur qui domine le début du film. La caméra s'attarde partout, sur les habitants du vaisseau qui sortent de l'hyper sommeil, sur un chat qui se lèche une patte, sur le soleil au dessus d'une montagne étrangère. C'est long, très long, mais d'une rare beauté : beauté de l'espace étoilé, beauté des paysages désolés de la planète sur laquelle ils se posent, même beauté des longs couloirs du vaisseau spatial Nostromo. Ce qu'on ne sait pas encore, c'est que cela sert Ridley Scott. Il nous endort, le bougre, pour mieux nous surprendre. Plongé que nous sommes dans la grandeur de ce vaisseau perdu aux allures biomécaniques (d'ailleurs, quand les "scaphandriers" marchent à coté du jockey de l'espace, ce sont en fait les enfants de Scott qui sont dans les scaphandres: le jockey nous paraît alors bien plus grand !), nous ne pouvons qu'être envoûtés par cette lumière bleuâtre, ces voix étouffées par les scaphandres, ces caméras subjectives dans un univers inconnu. Tout est étrange, cette fumée, ces murs osseux, ces oeufs qui bougent presque. Au milieu du champs d'oeufs où Kane a atterri, c'est comme si le son avait baissé, le film avait ralenti. Et bam ! cette formidable explosion vient nous réveiller, nous sauter au visage, nous, spectateurs. Ce n'est pas Kane que la chose vient attraper, c'est bien nous les spectateurs, agrippés aux visage, tout d'un coup plongés dans le film. Moment de peur et de jouissance énorme : on sent que cela va arriver, mais on ne sait pas quand. On sursaute, mais on est presque heureux que ça arrive. On a plus à attendre. Et Scott va dans le sens du spectateur. Aussitôt la scène de l'oeuf passée, plan lent sur le paysage de la planète. Scott nous laisse le temps de respirer, de reprendre nos esprits. La musique avait servi ce moment de tension, elle se refait alors douce et tranquille, quoique encore inquiétante. Ce moment passé, les relations entre personnages apparaissent plus claires. Ripley, autoritaire, tiens tête à Dallas et à Ash lors de la scène de l'ouverture de la porte du vaisseau. Ash est l'un des plus intéressant à mon goût. C'est un robot qui n'a qu'un seul but, ramener un alien sur Terre. Et pourtant, parmi l'équipage, c'est presque lui le plus humain. Il paraît tout du long inquiet, ses phrases sont hésitantes ; il est tendu : avant la sortie du vaisseau, sur la planète, il s'échauffe rapidement les muscles. Ensuite, il s'effacera plusieurs fois devant Parker (le technicien noir), auquel il avait pris la place à table. Ses discussions avec Ripley au sujet de l'alien le montrent peu sûr de lui, très peu 'scientifique', poste qu'il est pourtant sensé occuper dans le vaisseau. Quand il se rend compte que Ripley pourrait bien freiner ses plans, on assiste à un revirement magistral, magnifiquement filmé par Scott ! Ce n'est plus le savant peu sûr de lui qui rudoie Ripley, mais un tueur implacable, à la sueur si réelle qu'on la croirait solide. Surprenant à bien des égards pour le spectateur : la menace ne vient plus seulement de l'alien, mais de l'équipage même. Une fois le robot mis hors service (et rebranché), on a droit à l'une des plus belles répliques de la saga : ASH : Un parfait organisme. Et sa perfection structurale n'a d'égale que son hostilité. LAMBERT : Tu l'admires n'est-ce pas ? ASH : J'admire sa pureté. Un survivant qui n'est pas souillé par la conscience, le remords, ou les illusions de la moralité. La tension ne quitte pas le film d'une semelle. Tension qu'on retrouvera, une fois Dallas, Kane et Lambert revenus, dans la scène de la dissection, sur le visage de Kane (puis quand la goutte d'acide descendra un à un les étages du vaisseau), dans la scène où Brett cherche le chat (quelle tension encore quand l'eau coule sur le visage de Brett... Et si ... ?), ou encore dans la scène du repas (la dernière cène devrait-on dire). Scène magnifique, O combien terrifiante, une fois de plus. Suite au retour de Kane, les conversations autour de la table se font plus sereines, plus détendues, les sourires sont sur les visages. Et le dénouement n'en est que plus fort, plus surprenant. Le spectateur ne peut que subir cette mort en direct, cette naissance en même temps. Il faut qu'un homme meurt pour que l'alien vive. L'horreur atteint son paroxysme : on voit Kane mourir, les traits déformés, et comme une victoire, le jeune alien exploser de vitalité devant nous. Et cela est tellement /réel/ ! Durant la prise de vue, les comédiens, les cadreurs, le personnel étaient eux-mêmes effrayés par ce qu'ils venaient de voir (selon des interviews de Scott et Giger, le sursaut d'horreur de Lambert n'est même pas 'joué', elle était réellement morte de trouille) Le petit alien s'enfuit en criant, et commence alors une course-poursuite, d'abord gentillette à l'aiguillon électrique, puis sanglante à coup de lance-flammes. Toute la force réside ici dans le fait qu'on ne voit que très peu l'alien. Ridley Scott s'attarde sur tout, sur les longs couloirs obscurs du vaisseau, sur le visage liquide de Ripley, sur le chat qui assiste à la mort de Lambert. Les scènes les plus horribles se passent hors-champ, et tout n'en est que plus puissant. Certains ont cru voir la créature évoluer, grandir, mais c'est bien le même costume depuis le début. Les rares indices laissés par Scott ne sont là que pour mieux nous laisser imaginer l'horreur de ce qui se passe dans le Nostromo. Le film reste très obscur jusqu'à la fin, mais le spectateur suit Ripley au milieu de la fumée, des clignotements et autres éclairs bizarrement lumineux du vaisseau, des bruits incessants de l'alien comme du vaisseau. Cacophonie et délire visuel magistralement orchestrés. En cela le film fait preuve d'une originalité frappante : la fin n'est pas un déluge d'action ou d'effets spéciaux. C'est avec lenteur mais précision que Ripley expulsera l'alien hors de la navette. L'alien, dans cette dernière scène, incarne parfaitement le monstre caché dans le noir, celui que l'on redoute depuis tout petit, le monstre intérieur de Ripley, qui l'effraie depuis la mort de Kane. Expulser Alien hors du vaisseau revient pour elle ici à expulser sa terreur (ses peurs enfouies depuis trop longtemps) hors de son corps, et c'est d'ailleurs en fredonnant une comptine enfantine qu'elle le fera. Conclusion grandiose. Le film peut se voir comme la métaphore du cauchemar. Il commence sur des vues des passagers du Nostromo endormis, dans leurs scaphandres d'hyper-sommeil, sereins, et se termine sur Ripley se recouchant dans la navette, avec le chat, heureuse d'avoir vaincu l'alien. L'épisode alien ne fut peut-être qu'un simple cauchemar dans la vie de Ripley, cauchemar où elle aurra réussi à expulser son monstre intérieur, ses propres terreurs. Au final, Ridley Scott nous offre donc un film fantastique contemplatif à souhait (et qui n'est pas sans rappeler Blade Runner dans son esthétique), mais terriblement effrayant, et orchestré de main de maître. III - "Ne la touche pas, sale pute !" TITRE : Aliens ANNEE : 1986 REALISATEUR : James Cameron MUSIQUE : James Horner INTERPRETES : Sigourney Weaver, Paul Reiser, Michael Biehn, Lance Henriksen, ... Après le chef d'oeuvre qu'est Alien, quelle déception dans Aliens... Cette critique se base ici sur la version longue du film de Cameron (DVD), qui aurait du rester courte, d'ailleurs. Le début du film (l'inciput filmique, cher à Alexandre Tylski :-) laisse présager la même ambiance que dans le film de Ridley Scott. Prises de vue lentes sur la navette de Ripley perdue au milieu de l'espace, sur la station orbitale, puis sur le découpage de la porte de la navette, jusqu'aux premières scènes de l'hôpital, où les paroles se font rares. Mais dès l'arrivée de Burke, le représentant de la corporation, tout tombe. Burke est sensé représenter l'industriel cynique, sûr de lui, mentant aussi facilement qu'un politicien. Au lieu de cela, on a droit à un Paul Reiser qu'on dirait tout droit sorti d'une comédie, aussi épais qu'un sanwitch SNCF, et qui, dès qu'il parle, perd toute crédibilité (peut-être est-ce du au doublage français ?). <Version longue> La rencontre dans le 'jardin' de l'hôpital entre Ripley et Burke est par trop parachutée. Elle ne sert que de justification à la relation future entre Ripley et Newt : on y apprend en effet que Ripley avait une fille, mais qu'elle est morte de vieillesse du fait du décalage de l'hyper sommeil. Cela ne sert à rien, rajoute juste du 'pathos' à outrance. </Version longue> La suite n'est qu'un film d'action comme tant d'autres, un brin teinté d'humour, pas si mauvais que ça, mais sans grande originalité. Et là où pêche Cameron, c'est à vouloir trop montrer les Aliens. Ils pleuvent de partout, ils sont tous pareils, ils se jettent sur les mitrailleuses. Où est la machine à tuer du premier opus, froide et efficace, mystérieuse à souhait ? Ce n'est qu'un déluge de monstres, plus du tout effrayants. Quelques bonnes idées traînent quand même ici ou là. Tout d'abord la présence de Newt (magnifiquement campée par Carrie Henn) donne une drôle de fraîcheur au film. Elle est simple du début à la fin, et c'est elle qui dira à Ripley : "Ma maman disait qu'ça existait pas les monstres, qu'c'était pour rire. Mais y en a..." <Version longue> On rencontre Newt pour la première fois sur la colonie LV-426, lorsque ses parents vont explorer l'épave du vaisseau échoué sur la planète. Cette scène n'est qu'une pâle copie de la même scène du film de Scott. Et elle n'apporte pas grand chose ... Le spectateur pouvait très bien imaginer comment les aliens avaient investi la cité humaine. </Version longue> C'est d'ailleurs le personnage de Newt qui, plus tard, dans la scène de l'enlèvement dans l'eau (ou Cameron s'essaie au hors-champ, avec l'image des ronds dans l'eau), introduira le second atout du film : la reine alien. Ripley se doit de secourir Newt, et c'est dans le générateur d'oxygène où Newt s'est 'échouée' qu'elle rencontrera la marâtre des aliens, la Reine Mère. On apprend enfin comment l'alien se reproduit (à la manière des fourmis ou des abeilles), et on découvre le 'chaînon manquant', qui n'a rien à envier dans son design à ses enfants les warriors. Stan Winston et son équipe ont créé la bête, et c'est impressionnant. La scène de la bataille entre la reine et Ripley, au commande du robot de manutention, est tout simplement épique. Mais ça ne sauve malheureusement pas le film. Cela reste un film d'action moyen, aux jeux d'acteurs médiocres (Paul Reiser/Burke et Michael Biehn/Hicks déçoivent constamment), et où l'alien ne fait décidément plus peur. IV - "65 ? C'est son QI !" TITRE : Alien 3 ANNEE : 1992 REALISATEUR : David Fincher MUSIQUE : Elliot Goldenthal INTERPRETES : Sigourney Weaver, Charles Dance, Lance Henriksen, ... 6 ans après Cameron, Fincher reprend le flambeau. On replonge presque (presque...) dans l'ambiance du premier opus, dans un épisode très très sombre, où tout y est glauque. Comme dans le film de Scott, l'alien est seul, pratiquement intuable, très sensuel dans ses déplacement et dans sa relation avec Ripley. Fincher ne fait pas la même erreur que Cameron : trop en montrer. Le début du film reste mystérieux, la planète prison est parfaite de mystère et de bizarreries, ces cranes rasés inquiétants (très bien justifiés d'ailleurs), cette religion plus ou moins fanatique où les prêches s'élèvent avec force, une Ripley encore une fois très 'présente' sur l'écran. Ripley tente de vivre, difficilement, sur cette planête-prison, où elle subit constament les quolibets et les avances des détenus, qui n'ont pour la plus part jamais vu femme depuis belle lurette. Et bien sûr elle se doute que l'alien l'a suivie jusqu'ici. Elle essaie au début d'oublier ses aventures, mais rapidement les indices sont trop nombreux et le spéctateur, tout comme elle, sait qu'un alien est présent sur la planête (on est dans Alien 3 tout de même :-) L'intrigue devient alors très linéaire. Quelques détenus disparaissent ici ou là, avec des traces plus ou moins explicites. Ripley enquète, essaie de persuader les autres qu'un monstre est présent ici, voit son amant mourir devant ses yeux (scène d'ailleurs intéressante et très sensuelle dans la relation Alien/Ripley), et monte peu à peu une résistance avec les détenus. Mais c'est trop prévisible. On a l'impression de revoir le premier 'Alien' (les pesronnages qui disparaissent un à un, Ripley qui se bat contre l'alien), sans aucun effet de surprise, avec une réalisation assez commune de la part de Fincher. Quelques plans pourraient être intéressants, comme les vues subjectives depuis l'oeil de l'alien, mais cela va décidément trop vite. Le plus vient encore de Ripley elle-même, qui apprend, presque de l'alien, qu'elle est 'enceinte' d'un alien, et pas n'importe lequel, puisque c'est une reine. Elle sait donc qu'elle va mourir quand son enfant naîtra, mais en plus qu'il faut qu'elle empêche ce moment, car elle ne peut laisser une reine former une nouvelle colonie. Et le seul moyen pour elle de tuer son enfant est de se tuer avant sa naissance. Idée intéressante donc, qui aboutit sur le plan final, où Ripley sert l'alien naissant contre elle tandis qu'elle sombre dans la lave. Et on ne peut qu'avoir une pincée au coeur quand on a suivi Ripley dans ses mésaventures depuis 3 films déjà :-) On sent que cela s'essoufle. Le concept 'alien' peut être très riche de situations et d'implications (voir ma première partie), et il semble évident qu'on a atteint le fond du sac. Fincher, qui joue des ambiguités entre Ripley et l'alien, qui les fait se chercher et se caresser pendant tout un film, a donc raison de donner le coup de grâce à la série. Dans son final, l'alien et Ripley meurent ensembles, serrés l'un contre l'autre, et sonnent donc le glas de la saga, qui s'éteindra, faute d'acteurs. Alien 3 cloture vraissemblablement la série. Beaucoup moins démonstratif que "Aliens", il est cependant plus intimiste dans les relations alien/Ripley que le premier "Alien", presque mystique même. Après la déception de "Aliens", cet épisode ravit, même s'il souffre de quelques défauts, et de par son final grandiose laisse une impression de cohérence et d'unité à toute la série. V - "C'est une reine. Elle va pondre. Vous mourrez." TITRE : Alien la résurrection ANNEE : 1997 REALISATEUR : Jean Pierre Jeunet MUSIQUE : John Frizzel INTERPRETES : Sigourney Weaver, Winona Rider, Ron Perlman, ... On se demande bien pourquoi tout recommence, 5 ans après le 3ème Alien, à la fin duquel tout s'était achevé de la meilleure façon qui soit. Le film a bénéficié à sa sortie d'un grand plan marketting : "Soyez là pour sa résurrection". J'y suis allé, naïf, et je dois dire que j'ai été séduit par le film. Mais après quelques visionnages en video, il est clair que le film ne tiens nullement la comparaison. Ripley est donc ressussitée. L'idée du clônage est intéressante (ce devait être la période Dolly quand le film est sorti), et pourrait poser les bases pour une vraie réflexion, mais que nenni. On assiste incrédule à une déferlante de clichés tous plus affligeants les uns que les autres, jusqu'au final débiloïde. Ripley n'est donc ressussitée que pour produire un blockbuster Oh ! Lit ! Woodien ! de plus, et le fait que le réalisateur soir français n'y change rien. Le scénario du film tient sur un timbre poste : Des scientifiques clônent Ripley et son alien depuis des cellules du cadavre, mais (bien sûr) tout fout le camp et chacun doit ensuite sauver sa peau contre une floppée d'aliens déchaînés. Les personnages sortent tout droit du carton à clichés : la bonne, la brute et le truand, l'handicapé, la timide, le scientifique à moitié fou, on a droit à tout. Une fois les aliens évadés, nos héros doivent s'enfuir de la base et s'échapper avec leur vaisseau. Au passage on en perdra quelques un, on aurra droit à notre lot d'hémoglobine gratuite, de blagues vaseuses, de bon sentiments (notament dans cette scène qui aurait pu être intéressante, la rencontre de Ripley avec ses doubles, mais non c'est trop triste il faut que je les tue pour pas qu'elles souffrent), bref de rabachages et de déjà-vus. Quelques scènes sont intéressantes, notament sous l'eau, ou encore quand l'androïde, dans une chapelle, discutera avec l'ordinateur central de la base. Mais ça passe vraiment trop vite. Le dernier alien n'est pas inintéressant. Fils d'une reine alien (elle même descendante directe de Ripley) et d'hommes sortis d'on ne sait où, il va lui aussi (comme dans l'épisode 3) avoir une relation presque charnelle avec Ripley, et à la limite de l'inceste. Mais sa mort (prévisible, bien sûr), rappelle trop celle de l'alien du premier opus, éjecté dans le vide intersidéral. La fin du film voit l'énorme vaisseau s'écraser sur Terre, tuant ainsi tous les aliens restants, et du même coup toutes les populations locales (Afrique du sud il me semble), mais ça on s'en contre fout. Et zou, l'happy-end de rigueur, accompagné de son lot de bons mots et autres pitreries. Un épisode inutile donc, bête et sans presque aucun intéret. Dommage. VI - Conclusion J'espère vous avoir donné envie de revoir et revoir cette saga, certes très inégale, mais intéressante dans l'évolution du traitement du thème et de la psychologie de l'héroïne, le Lt. Ripley. C'est aussi ça la grande force de la série, la relation ambigue et sensuelle entre Ripley et l'alien, cette bête immonde. Cela dit, je ne me suis nullement attardé sur les (très nombreux) aspects sexuels que comportent chacun des épisodes, je sais pertinement que certain contributeur du forum en parlerait beaucoup mieux que moi :) A bientôt ! Julien, -- http://juliengourdon.free.fr "C'est véritablement utile puisque c'est joli." Le Petit Prince -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html> Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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