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[AVIS] Alien, Aliens, Alien 3, Alien la resurrection [REVELATIONS]


  • Subject: [AVIS] Alien, Aliens, Alien 3, Alien la resurrection [REVELATIONS]
  • From: Julien Gourdon <gourdoj2@cti.ecp.fr>
  • Date: Sun, 24 Feb 2002 21:21:47 +0100
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Moderation de fr.rec.cinema.selection
  • References: <3C781836.1E72BE6@cti.ecp.fr>
  • Xref: news.free.fr fr.rec.cinema.selection:658

[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]

Bonsoir,
Voici un avis sur la saga Alien, dont le premier épisode fait partie de
mes films de chevet. 

Si vous n'avez pas vu Alien (Ridley Scott, 1979), ne lisez pas ce post,
il est truffé de REVELATIONS

Je vais d'abord parler du concept 'Alien' en général, puis de chacun des
films de la série.


I - "J'admire sa pureté. Un survivant qui n'est pas souillé par la
conscience, le remords, ou les illusions de la moralité."

Qu'est-ce qui fait peur dans Alien ?

Tout d'abord l'alien est, par définition, ce qui est autre, ce qui est
différent de nous, l'étranger. L'alien réveille nos peurs xénophobes.
L'alien est l'inconnu - mais aussi l'inconnu dangereux. On se rend vite
compte qu'il peut faire mal, qu'il peut tuer. Il est le monstre par
excellence. D'une complexité effarante (jusque dans ses entrailles, qui
ont la faculté de dissoudre toute matière, comme quoi l'alien peut
encore tuer après sa mort), mais d'une fin simplissime : il ne veut que
tuer et se reproduire. 

Et sa reproduction nécessite la mort d'un être humain, cela va donc plus
loin encore. L'alien a besoin d'un hôte humain pour se développer, c'est
là toute la force du concept. Cela réveille cette fois la peur de la
maladie, la peur du cancer même, qui nous ronge de l'intérieur. On se
sent impuissant face à  l'alien comme face à la maladie. On ne peut rien
faire sauf attendre la mort ... Terrifiant.

Mais Alien ne se limite pas à cela. Une allusion y est faite dans le
premier opus et dans le troisième, et c'est le leitmotiv du second et du
dernier : L'alien est un arme. La science-fiction
post-seconde-guerre-mondiale a vu fleurir les réflexions sur
l'utilisation des hautes technologies durant les guerres (comme le
nucléaire bien sûr), et les cataclysmes qui peuvent en découler. Alien
se place dans la continuité de ces réflexions. Il veut nous montrer le
danger des armes bactériologiques (car l'alien en est une). Alien nous
montre aussi le mythe de la créature qui échappe à son créateur (dans
tous les Aliens, les scientifiques sont les dindons de la farce, seule
Ripley sauvera le monde), la science qui échappe aux scientifiques. On
peut trouver ce message naïf, ou trop simple, mais il apporte plutôt une
force à des films avant tout fantastiques / de science fiction.


II - "Minou ? Minou, Minou, Minou ?"

TITRE : Alien
ANNEE : 1979
REALISATEUR : Ridley Scott
MUSIQUE : Jerry Goldsmith
INTERPRETES : Sigourney Weaver (Ripley), Tom Skerritt (Dallas), Ian Holm
(Ash), Veronica Cartwright (Lambert), ...

Je regrette sincèrement de ne pas avoir vu le premier Alien de R. Scott
au cinéma. Je trouve que le film, par la qualité de son image et de ses
effets spéciaux, possède une photographie proche de '2001' ou 'Star
Wars'. Mais il y a autre chose, le plus que Giger, le designer de
l'alien, a rajouté au film. Cet aspect gluant, mélange de mécanique et
d'anatomie humaine. Du design de l'alien jusqu?au vaisseau perdu, en
passant par le champ d'oeufs ou encore les couloirs du Nostromo, tout
est visuellement parfait.

Les premières images donnent le ton : planètes, étoiles, nébuleuses,
énorme vaisseau spatial, images servies par la musique lente, douce et
profonde de Jerry Goldsmith. Car c'est la lenteur qui domine le début du
film. La caméra s'attarde partout, sur les habitants du vaisseau qui
sortent de l'hyper sommeil, sur un chat qui se lèche une patte, sur le
soleil au dessus d'une montagne étrangère. C'est long, très long, mais
d'une rare beauté : beauté de l'espace étoilé, beauté des paysages
désolés de la planète sur laquelle ils se posent, même beauté des longs
couloirs du vaisseau spatial Nostromo. Ce qu'on ne sait pas encore,
c'est que cela sert Ridley Scott. Il nous endort, le bougre, pour mieux
nous surprendre. Plongé que nous sommes dans la grandeur de ce vaisseau
perdu aux allures biomécaniques (d'ailleurs, quand les "scaphandriers"
marchent à coté du jockey de l'espace, ce sont en fait les enfants de
Scott qui sont dans les scaphandres: le jockey nous paraît alors bien
plus grand !), nous ne pouvons qu'être envoûtés par cette lumière
bleuâtre, ces voix étouffées par les scaphandres, ces caméras
subjectives dans un univers inconnu. Tout est étrange, cette fumée, ces
murs osseux, ces oeufs qui bougent presque.

Au milieu du champs d'oeufs où Kane a atterri, c'est comme si le son
avait baissé, le film avait ralenti. Et bam ! cette formidable explosion
vient nous réveiller, nous sauter au visage, nous, spectateurs. Ce n'est
pas Kane que la chose vient attraper, c'est bien nous les spectateurs,
agrippés aux visage, tout d'un coup plongés dans le film.

Moment de peur et de jouissance énorme : on sent que cela va arriver,
mais on ne sait pas quand. On sursaute, mais on est presque heureux que
ça arrive. On a plus à attendre. Et Scott va dans le sens du spectateur.
Aussitôt la scène de l'oeuf passée, plan lent sur le paysage de la
planète. Scott nous laisse le temps de respirer, de reprendre nos
esprits. La musique avait servi ce moment de tension, elle se refait
alors douce et tranquille, quoique encore inquiétante.

Ce moment passé, les relations entre personnages apparaissent plus
claires. Ripley, autoritaire, tiens tête à Dallas et à Ash lors de la
scène de l'ouverture de la porte du vaisseau. Ash est l'un des plus
intéressant à mon goût. C'est un robot qui n'a qu'un seul but, ramener
un alien sur Terre. Et pourtant, parmi l'équipage, c'est presque lui le
plus humain. Il paraît tout du long inquiet, ses phrases sont hésitantes 
; il est tendu : avant la sortie du vaisseau, sur la planète, il
s'échauffe rapidement les muscles. Ensuite, il s'effacera plusieurs
fois devant Parker (le technicien noir), auquel il avait pris la place à
table. Ses discussions avec Ripley au sujet de l'alien le montrent peu
sûr de lui, très peu 'scientifique', poste qu'il est pourtant sensé
occuper dans le vaisseau. 
Quand il se rend compte que Ripley pourrait bien freiner ses plans, on
assiste à un revirement magistral, magnifiquement filmé par Scott ! Ce
n'est plus le savant peu sûr de lui qui rudoie Ripley, mais un tueur
implacable, à la sueur si réelle qu'on la croirait solide. Surprenant à
bien des égards pour le spectateur : la menace ne vient plus seulement
de l'alien, mais de l'équipage même.
Une fois le robot mis hors service (et rebranché), on a droit à l'une
des plus belles répliques de la saga : 
ASH : Un parfait organisme. Et sa perfection structurale n'a d'égale que
son hostilité.
LAMBERT : Tu l'admires n'est-ce pas ?
ASH : J'admire sa pureté. Un survivant qui n'est pas souillé par la
conscience, le remords, ou les illusions de la moralité.

La tension ne quitte pas le film d'une semelle. Tension qu'on
retrouvera, une fois Dallas, Kane et Lambert revenus, dans la scène de
la dissection, sur le visage de Kane (puis quand la goutte d'acide
descendra un à un les étages du vaisseau), dans la scène où Brett
cherche le chat (quelle tension encore quand l'eau coule sur le visage
de Brett... Et si ... ?), ou encore dans la scène du repas (la dernière
cène devrait-on dire). 
Scène magnifique, O combien terrifiante, une fois de plus. Suite au
retour de Kane, les conversations autour de la table se font plus
sereines, plus détendues, les sourires sont sur les visages. Et le
dénouement n'en est que plus fort, plus surprenant. Le spectateur ne
peut que subir cette mort en direct, cette naissance en même temps. Il
faut qu'un homme meurt pour que l'alien vive. L'horreur atteint son
paroxysme : on voit Kane mourir, les traits déformés, et comme une
victoire, le jeune alien exploser de vitalité devant nous.
Et cela est tellement /réel/ ! Durant la prise de vue, les comédiens,
les cadreurs, le personnel étaient eux-mêmes effrayés par ce qu'ils
venaient de voir (selon des interviews de Scott et Giger, le sursaut
d'horreur de Lambert n'est même pas 'joué', elle était réellement morte
de trouille)

Le petit alien s'enfuit en criant, et commence alors une
course-poursuite, d'abord gentillette à l'aiguillon électrique, puis
sanglante à coup de lance-flammes. Toute la force réside ici dans le
fait qu'on ne voit que très peu l'alien. Ridley Scott s'attarde sur
tout, sur les longs couloirs obscurs du vaisseau, sur le visage liquide
de Ripley, sur le chat qui assiste à la mort de Lambert. Les scènes les
plus horribles se passent hors-champ, et tout n'en est que plus
puissant. Certains ont cru voir la créature évoluer, grandir, mais c'est
bien le même costume depuis le début. Les rares indices laissés par
Scott ne sont là que pour mieux nous laisser imaginer l'horreur de ce
qui se passe dans le Nostromo.

Le film reste très obscur jusqu'à la fin, mais le spectateur suit Ripley
au milieu de la fumée, des clignotements et autres éclairs bizarrement
lumineux du vaisseau, des bruits incessants de l'alien comme du
vaisseau. Cacophonie et délire visuel magistralement orchestrés. En cela
le film fait preuve d'une originalité frappante : la fin n'est pas un
déluge d'action ou d'effets spéciaux. C'est avec lenteur mais précision
que Ripley expulsera l'alien hors de la navette. 
L'alien, dans cette dernière scène, incarne parfaitement le monstre
caché dans le noir, celui que l'on redoute depuis tout petit, le monstre
intérieur de Ripley, qui l'effraie depuis la mort de Kane. Expulser
Alien hors du vaisseau revient pour elle ici à expulser sa terreur (ses
peurs enfouies depuis trop longtemps) hors de son corps, et c'est
d'ailleurs en fredonnant une comptine enfantine qu'elle le fera.
Conclusion grandiose.
Le film peut se voir comme la métaphore du cauchemar. Il commence sur
des vues des passagers du Nostromo endormis, dans leurs scaphandres
d'hyper-sommeil, sereins, et se termine sur Ripley se recouchant dans la
navette, avec le chat, heureuse d'avoir vaincu l'alien. L'épisode alien
ne fut peut-être qu'un simple cauchemar dans la vie de Ripley, cauchemar
où elle aurra réussi à expulser son monstre intérieur, ses propres
terreurs.

Au final, Ridley Scott nous offre donc un film fantastique contemplatif
à souhait (et qui n'est pas sans rappeler Blade Runner dans son
esthétique), mais terriblement effrayant, et orchestré de main de
maître.


III - "Ne la touche pas, sale pute !"

TITRE : Aliens
ANNEE : 1986
REALISATEUR : James Cameron
MUSIQUE : James Horner
INTERPRETES : Sigourney Weaver, Paul Reiser, Michael Biehn, Lance
Henriksen, ...

Après le chef d'oeuvre qu'est Alien, quelle déception dans Aliens...
Cette critique se base ici sur la version longue du film de Cameron
(DVD), qui aurait du rester courte, d'ailleurs. 

Le début du film (l'inciput filmique, cher à Alexandre Tylski :-) laisse
présager la même ambiance que dans le film de Ridley Scott. Prises de
vue lentes sur la navette de Ripley perdue au milieu de l'espace, sur la
station orbitale, puis sur le découpage de la porte de la navette,
jusqu'aux premières scènes de l'hôpital, où les paroles se font rares.
Mais dès l'arrivée de Burke, le représentant de la corporation, tout
tombe. Burke est sensé représenter l'industriel cynique, sûr de lui,
mentant aussi facilement qu'un politicien. Au lieu de cela, on a droit à
un Paul Reiser qu'on dirait tout droit sorti d'une comédie, aussi épais
qu'un sanwitch SNCF, et qui, dès qu'il parle, perd toute crédibilité
(peut-être est-ce du au doublage français ?).

<Version longue>
La rencontre dans le 'jardin' de l'hôpital entre Ripley et Burke est par
trop parachutée. Elle ne sert que de justification à la relation future
entre Ripley et Newt : on y apprend en effet que Ripley avait une fille,
mais qu'elle est morte de vieillesse du fait du décalage de l'hyper
sommeil. Cela ne sert à rien, rajoute juste du 'pathos' à outrance.
</Version longue>

La suite n'est qu'un film d'action comme tant d'autres, un brin teinté
d'humour, pas si mauvais que ça, mais sans grande originalité. Et là où
pêche Cameron, c'est à vouloir trop montrer les Aliens. Ils pleuvent de
partout, ils sont tous pareils, ils se jettent sur les mitrailleuses. Où
est la machine à tuer du premier opus, froide et efficace, mystérieuse à
souhait ? Ce n'est qu'un déluge de monstres, plus du tout effrayants.

Quelques bonnes idées traînent quand même ici ou là. Tout d'abord la
présence de Newt (magnifiquement campée par Carrie Henn) donne une drôle
de fraîcheur au film. Elle est simple du début à la fin, et c'est elle
qui dira à Ripley :
"Ma maman disait qu'ça existait pas les monstres, qu'c'était pour rire.
Mais y en a..."

<Version longue>
On rencontre Newt pour la première fois sur la colonie LV-426, lorsque
ses parents vont explorer l'épave du vaisseau échoué sur la planète.
Cette scène n'est qu'une pâle copie de la même scène du film de Scott.
Et elle n'apporte pas grand chose ... Le spectateur pouvait très bien
imaginer comment les aliens avaient investi la cité humaine.
</Version longue>

C'est d'ailleurs le personnage de Newt qui, plus tard, dans la scène de
l'enlèvement dans l'eau (ou Cameron s'essaie au hors-champ, avec l'image
des ronds dans l'eau), introduira le second atout du film : la reine
alien.
Ripley se doit de secourir Newt, et c'est dans le générateur d'oxygène
où Newt s'est 'échouée' qu'elle rencontrera la marâtre des aliens, la
Reine Mère. On apprend enfin comment l'alien se reproduit (à la manière
des fourmis ou des abeilles), et on découvre le 'chaînon manquant', qui
n'a rien à envier dans son design à ses enfants les warriors. Stan
Winston et son équipe ont créé la bête, et c'est impressionnant. La
scène de la bataille entre la reine et Ripley, au commande du robot de
manutention, est tout simplement épique.

Mais ça ne sauve malheureusement pas le film. Cela reste un film
d'action moyen, aux jeux d'acteurs médiocres (Paul Reiser/Burke et
Michael Biehn/Hicks déçoivent constamment), et où l'alien ne fait
décidément plus peur.


IV - "65 ? C'est son QI !"

TITRE : Alien 3
ANNEE : 1992
REALISATEUR : David Fincher
MUSIQUE : Elliot Goldenthal
INTERPRETES : Sigourney Weaver, Charles Dance, Lance Henriksen, ...

6 ans après Cameron, Fincher reprend le flambeau. 
On replonge presque (presque...) dans l'ambiance du premier opus, dans
un épisode très très sombre, où tout y est glauque. Comme dans le film
de Scott, l'alien est seul, pratiquement intuable, très sensuel dans ses
déplacement et dans sa relation avec Ripley.

Fincher ne fait pas la même erreur que Cameron : trop en montrer. Le
début du film reste mystérieux, la planète prison est parfaite de
mystère et de bizarreries, ces cranes rasés inquiétants (très bien
justifiés d'ailleurs), cette religion plus ou moins fanatique où les
prêches s'élèvent avec force, une Ripley encore une fois très 'présente'
sur l'écran.
Ripley tente de vivre, difficilement, sur cette planête-prison, où elle
subit constament les quolibets et les avances des détenus, qui n'ont
pour la plus part jamais vu femme depuis belle lurette. Et bien sûr elle
se doute que l'alien l'a suivie jusqu'ici. Elle essaie au début
d'oublier ses aventures, mais rapidement les indices sont trop nombreux
et le spéctateur, tout comme elle, sait qu'un alien est présent sur la
planête (on est dans Alien 3 tout de même :-)

L'intrigue devient alors très linéaire. Quelques détenus disparaissent
ici
ou là, avec des traces plus ou moins explicites. Ripley enquète, essaie
de persuader les autres qu'un monstre est présent ici, voit son amant
mourir devant ses yeux (scène d'ailleurs intéressante et très sensuelle
dans la relation Alien/Ripley), et monte peu à peu une résistance avec
les détenus. Mais c'est trop prévisible. On a l'impression de revoir le
premier 'Alien' (les pesronnages qui disparaissent un à un, Ripley qui
se bat contre l'alien), sans aucun effet de surprise, avec une
réalisation assez commune de la part de Fincher. Quelques plans
pourraient être intéressants, comme les vues subjectives depuis l'oeil
de l'alien, mais cela va décidément trop vite.
Le plus vient encore de Ripley elle-même, qui apprend, presque de
l'alien, qu'elle est 'enceinte' d'un alien, et pas n'importe lequel,
puisque c'est une reine. Elle sait donc qu'elle va mourir quand son
enfant naîtra, mais en plus qu'il faut qu'elle empêche ce moment, car
elle ne peut laisser une reine former une nouvelle colonie. Et le seul
moyen pour elle de tuer son enfant est de se tuer avant sa naissance.
Idée intéressante donc, qui aboutit sur le plan final, où Ripley sert
l'alien naissant contre elle tandis qu'elle sombre dans la lave. Et on
ne peut qu'avoir une pincée au coeur quand on a suivi Ripley dans ses
mésaventures depuis 3 films déjà :-)

On sent que cela s'essoufle. Le concept 'alien' peut être très riche de
situations et d'implications (voir ma première partie), et il semble
évident qu'on a atteint le fond du sac. Fincher, qui joue des ambiguités
entre Ripley et l'alien, qui les fait se chercher et se caresser pendant
tout un film, a donc raison de donner le coup de grâce à la série. Dans
son final, l'alien et Ripley meurent ensembles, serrés l'un contre
l'autre, et sonnent donc le glas de la saga, qui s'éteindra, faute
d'acteurs.

Alien 3 cloture vraissemblablement la série. Beaucoup moins démonstratif
que "Aliens", il est cependant plus intimiste dans les relations
alien/Ripley que le premier "Alien", presque mystique même. Après la
déception de "Aliens", cet épisode ravit, même s'il souffre de quelques
défauts, et de par son final grandiose laisse une impression de
cohérence et d'unité à toute la série.

V - "C'est une reine. Elle va pondre. Vous mourrez."

TITRE : Alien la résurrection
ANNEE : 1997
REALISATEUR : Jean Pierre Jeunet
MUSIQUE : John Frizzel
INTERPRETES : Sigourney Weaver, Winona Rider, Ron Perlman, ...

On se demande bien pourquoi tout recommence, 5 ans après le 3ème Alien,
à la fin duquel tout s'était achevé de la meilleure façon qui soit. Le
film a bénéficié à sa sortie d'un grand plan marketting : "Soyez là pour
sa résurrection". J'y suis allé, naïf, et je dois dire que j'ai été
séduit par le film. Mais après quelques visionnages en video, il est
clair que le film ne tiens nullement la comparaison.

Ripley est donc ressussitée. L'idée du clônage est intéressante (ce
devait être la période Dolly quand le film est sorti), et pourrait poser
les bases pour une vraie réflexion, mais que nenni. On assiste incrédule
à une déferlante de clichés tous plus affligeants les uns que les
autres, jusqu'au final débiloïde. Ripley n'est donc ressussitée que pour
produire un blockbuster Oh ! Lit ! Woodien ! de plus, et le fait que le
réalisateur soir français n'y change rien.

Le scénario du film tient sur un timbre poste : Des scientifiques
clônent Ripley et son alien depuis des cellules du cadavre, mais (bien
sûr) tout fout le camp et chacun doit ensuite sauver sa peau contre une
floppée d'aliens déchaînés. Les personnages sortent tout droit du carton
à clichés : la bonne, la brute et le truand, l'handicapé, la timide, le
scientifique à moitié fou, on a droit à tout.
Une fois les aliens évadés, nos héros doivent s'enfuir de la base et
s'échapper avec leur vaisseau. Au passage on en perdra quelques un, on
aurra droit à notre lot d'hémoglobine gratuite, de blagues vaseuses, de
bon sentiments (notament dans cette scène qui aurait pu être
intéressante, la rencontre de Ripley avec ses doubles, mais non c'est
trop triste il faut que je les tue pour pas qu'elles souffrent), bref de
rabachages et de déjà-vus. Quelques scènes sont intéressantes, notament
sous l'eau, ou encore quand l'androïde, dans une chapelle, discutera
avec l'ordinateur central de la base. Mais ça passe vraiment trop vite.
Le dernier alien n'est pas inintéressant. Fils d'une reine alien (elle
même descendante directe de Ripley) et d'hommes sortis d'on ne sait où,
il va lui aussi (comme dans l'épisode 3) avoir une relation presque
charnelle avec Ripley, et à la limite de l'inceste. Mais sa mort
(prévisible, bien sûr), rappelle trop celle de l'alien du premier opus,
éjecté dans le vide intersidéral.
La fin du film voit l'énorme vaisseau s'écraser sur Terre, tuant ainsi
tous les aliens restants, et du même coup toutes les populations locales
(Afrique du sud il me semble), mais ça on s'en contre fout. Et zou,
l'happy-end de rigueur, accompagné de son lot de bons mots et autres
pitreries.

Un épisode inutile donc, bête et sans presque aucun intéret. Dommage.

VI - Conclusion

J'espère vous avoir donné envie de revoir et revoir cette saga, certes
très inégale, mais intéressante dans l'évolution du traitement du thème
et de la psychologie de l'héroïne, le Lt. Ripley. C'est aussi ça la
grande force de la série, la relation ambigue et sensuelle entre Ripley
et l'alien, cette bête immonde.
Cela dit, je ne me suis nullement attardé sur les (très nombreux)
aspects sexuels que comportent chacun des épisodes, je sais pertinement
que certain contributeur du forum en parlerait beaucoup mieux que moi :)

A bientôt !

Julien,

-- 
http://juliengourdon.free.fr
"C'est véritablement utile puisque c'est joli."
                                 Le Petit Prince

-- 
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