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Christmas : dope & hope.


  • Subject: Christmas : dope & hope.
  • From: "Juanitox" <juanitox@free.fr>
  • Date: 17 Feb 2002 22:25:03 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Guest of ProXad - France
  • Sender: modappbot@dspnet.claranet.fr
  • Xref: news.free.fr fr.rec.cinema.selection:654

(Aprés publication de ce blabla sur frcd, je le balance sur frc.sélection un
peu à la bourre...)



Ferrara, visiblement bien calmé de ses amoks blackoutiens et addictionistes,
revient, trois ans après son ascétique et superbe -New Rose Hotel-, avec un
film encore plus sagacement sophistiqué et particulièrement affiné, qui
oscille mystérieusement entre noirceur envoûtante et anecdotisme fascinant.
Ferrara semble sur ce coup, partir à la rechercher de cet indéfinissable
instant ou le faux choix est fait, ce  moment diffus et impromptu ou la
trajectoire se vrille insensiblement vers l'impasse, ou le mouvement fatal
qui projette les choses dans le gouffre, est commis.
Saisir la beauté tragique de cet intervalle crucial du destin, est l'utopie
qui préside au coeur de ce film.
Pour cela, Ferrara adopte une mise en scène relativement sèche et tendue, en
refusant toute implication sensitive, tout maniérisme affectif, et adopte
alors un regard limite anthropologique, observe ses sujets d'un oeil assez
froid et distancié, mais tout en maintenant paradoxalement une proximité des
personnages assez forte, une projection dans leur intimité qui fonctionne à
plein régime, et de fait, octroie à l'ensemble du film une résolution
magnétique dans ce contraste tiraillé.
Et la tonalité temporelle marquée inscrit volontairement l'histoire dans un
espace-temps très précis, avec un éclairage politisé du contexte, qui
distille un délicat parfum de spleen désuet, de passé proche déjà lointain
mais toujours si présent, à l'image des personnages du film flottant entre
un arrivisme froid et motivé, et des saillies complètement pathétiques
surgis des crises qui les frapperont.
Malgré tout, ce parti-pris équilibriste peut néanmoins tenir relativement le
spectateur à distance, à bon escient quand ça l'empêche de se gaufrer dans
les péripéties rocambolesques et convenues de ces yuppies de la dope et du
deal ultra-organisés, mais peut être déjà moins quand ça lui convoque une
contention de tout les instants, pour rester aligné et perceptif sur la
trame narrative ondoyante.
Enigmatique et troublant.

Jntx.

-- 
Bien publier sur fr.rec.cinema.selection:
        <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html>
Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>