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[AVIS] Volte Face (John Woo - 1997)


  • Subject: [AVIS] Volte Face (John Woo - 1997)
  • From: evan lustaf <evan_lustaf@yahoo.fr>
  • Date: Tue, 05 Feb 2002 18:49:59 +0100
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Moderation de fr.rec.cinema.selection
  • References: <jp9r5uk2cevq2rss99jtccp6qvtejticb8@4ax.com>
  • Xref: news.free.fr fr.rec.cinema.selection:643

[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]

Alors, voilà comment ça arrive... une fin d'après-midi par un dimanche
plutôt gris, une cassette qui traîne, et hop, en moins de temps qu'il
ne faut pour le dire, on se retrouve à regarder "Volte face". 
A quoi reconnaître un film de John Woo ? 
- il y a forcément des colombes ET des flingues dans une ou deux
scènes. S'il n'y a que des colombes, attention, vous êtes peut-être en
présence d'un documentaire de Allain Bougrain-Dubourg... pour faire la
distinction, plusieurs indices : les colombes volent-elles au ralenti
? si oui, c'est woo. Ce que vous regardez est-il en train de passer
sur la cinquième à 9h45 ? si oui, c'est bougrain-dubourg. Si c'est sur
TF1 à 20h50, c'est woo.
- il y a tellement de scènes au ralenti que celles qui sont à vitesse
normale semblent en accéléré.
- à aucun moment on ne peut avoir le moindre doute sur la fin du film.
- les scènes d'actions sont spectaculaires et efficaces.

On retrouve dans Volte-Face ces quatre éléments, mais rien de plus. 
Le sujet est simple : Travolta, flic, prend les traits (par chirurgie
esthétique) de Nicholas Cage, psychopathe, pour s'introduire en prison
et tenter d'extorquer au frêre de ce dernier des renseignements sur
une bombe batériologique devant ravager Los angeles.
Le thème intéressant de l'échange de personnalité entre un flic coincé
et un psychopathe est totalement sous-exploité et ne sert qu'à
justifier des rebondissements toujours plus prévisibles les uns que
les autres, ainsi que le cabotinage des deux acteurs principaux,
notamment de Travolta qui en fait des tonnes. 
Excepté l'idée de l'échange des visages, le scénario est d'une
pauvreté rare (attention je vais spoiler): ho, le méchant va sortir du
coma et réapparaître sous l'identité du gentil ! haa, les amis du
gentil vont être tués par le méchant et le gentil va être abandonné à
son triste sort en prison ! hou, le gentil va s'évader ! (à ce propos,
à noter une des plus belles ellipses de la décennie : dernier plan de
la scène, le gentil s'évade d'une plateforme pétrolière reconvertie en
prison haute-sécurité en plongeant dans l'eau  ; scène suivante : le
gentil est en ville, sain et sauf. Ah, quelle belle invention que
l'ellipse, qui permet de s'affranchir de tous les soucis de cohérence
scénaristique...)
La fin est écoeurante de bons sentiments, (attention je vais spoiler)
hymne à la gloire du héros travoltesque et de l'unité de sa famille
retrouvée, avec l'adoption d'un gamin qui remplacera miraculeusement
le fils assassiné par le méchant dès le début du film.
Alors, que reste-t-il ? des cascades et des fusillades. Triste bilan.
Sale dimanche.

Bons baisers de Lustafie,

Evan.

-- 
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