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[AVIS] La deception Asterix


  • Subject: [AVIS] La deception Asterix
  • From: Marie <marie.dupont@foobox.com>
  • Date: Mon, 04 Feb 2002 08:14:57 +0100
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Moderation de fr.rec.cinema.selection
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[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]

[Bon euh pour ma première contrib je me suis pris un pied  le pied dans
le tapis (du coup ô frcd people vous allez avoir mon texte en double,
mais celui-là a moins de fautes d'orthographe...]

Moi - malheureusement - jeudi soir.

Je dis malheureusement parce que je trouve ce film particulièrement
raté (bon pas de panique j'essaye d'argumenter ci-dessous).

Il faut néanmoins lui reconnaître une vertu par rapport au précédent,
celle de coller de près (voir d'un peu trop près) à l'album original
"Astérix et Cléopâtre", mais sans atteindre sa densité comique.

Et c'est bien là, notamment, ce que je lui reproche.

Commençons par le plus simple :

Les décors
---------------
Je les trouvent globalement ridicules, en dehors du désert qui est
naturellement beau. Ça sent son carton pâte à plein
nez. Les bateaux sur le Nil, le navire des pirates doivent tous faire 10
mètres de long, fleurent bon la peinture fraîche et le travail mal fait.
Je ne comprends pas que pour une telle superproduction, il n'y ai pas eu
une volonté plus ambitieuse. Vous pourriez me dire : "mais oui, mais tu
n'a rien compris, c'est de la distanciation, une volonté de retrouver
l'esprit de la BD". Ben non, puisque justement, cet album d'Astérix est
l'un des plus aboutis au niveau des décors et de la représentation
réaliste des scènes. Il y a certes un travail de "mat painting" mais là
aussi trop évident pour ne pas se voir (un mat painting bien réussi
devrait être invisible, non ?".  Au trois quart du fil, la scène dans au
dehors de la pyramide est atterrante... Ce sont des blocs de polystyrène
certainement, grossièrement taillés, qui font office de décors. La scène
du sphinx, en revanche est bien rendue.

Les effets spéciaux
--------------------------
C'est encore Duboi qui s'y colle, avec beaucoup moins de travail sur les
scènes de lutte que dans le premier Astérix. Le reste, ce sont des
effets
très classiques (un romain sur le boulet d'une catapulte comme sur le
Baron de Münchausen)


Les dialogues
------------------
Bon je ne parle pas du scénario qui est, je le disais, très proche de
l'album. Les libertés prises se concentrent sur des clins d'oeil
anachroniques, les références constantes à l'esprit
jeune-branché-délire-trop-cool-s'prend-pas-au-sérieux-clin-d'oeil. Bref
un concentré de micro-culture Canal+ qui je pense est un des éléments du
succès de ce film. Bref, un film ou une micro-communauté retrouve ses
repères, ses référents et même bien sûr ses figures mythiques.

Revenons aux dialogues. Euh, quand on a vu la bande annonce, on a quand
même entendu les répliques les plus drôles qui ont toujours le même
ressort : l'anachronisme et le clin d'oeil Canal+. Une grande partie des
dialogues sont tout de même d'une énorme platitude. C'est la première
fois que j'ai cette impression de vacuité, de répliques qui tournent à
vide, mal écrites. Et pourtant il y en a des films au dialogues creux,
mais là c'est... vide. Je ne sais si Chabat a laissé beaucoup de place à
l'improvisation, ce qui pourrait se comprendre avec des acteurs très
spontanés. Mais ce qui est regrettable c'est de ne pas avoir dit "bon là
c'est nul, trouve autre chose...".

Les acteurs
-----------------
Dire que Monica Belluci est bonne dans son rôle, c'est atterrant. Elle
annone un texte insipide avec une absence totale de crédibilité. Ce
n'est
parce qu'elle est belle que l'on doive rester aveugle à une telle
indigence.

Oui Jamel fait du Jamel, plutôt bien (c'est lui qui a de loin les
meilleurs répliques).

Baer... fait du Baer.... j'ai une autre idée du travail de comédien. Un
peu de créativité, un peu de composition, servir un texte. Là nous
sommes
dans le degré O du jeu, un docu-fiction ou chacun transpose ce qu'il est
dans la vraie vie.

Clavier est d'une tristesse à pleurer. Aucune pêche, pas de texte. En
fait tout le film se fait sans eux (avec Depardieu). Comme si Chabat les
avait invité, obligé, dans un film de copains. Et avoir casé une psudo
histoire d'amour entre Astérix et cette esclave... mon Dieu qu'elle
facilité, quel ridicule.

Depardieu joue un Obélix plat sans personnalité. Merde il y a quand même
quelque chose à développer dans ce personnage.

Quant à Darmont. Il surjoue avec ses "ssss" de pacotille.

Et Claude Rich en Panoramix... moins crédible on fait difficilement...
mais servit là aussi par des dialogues lénifiants.

Mise en scène
-------------------
Pas de réelle action, des cènes de bataille réalisées avec trois
figurants (à peine plus). Scène de combat Darmon-Debbouze pompée sans
imagination sur des films comme Matrix et autres film de taï-chi
récents. Une non-maîtrise des scènes utilisant beaucoup de personnages,
une non-maîtrise des mouvements d'acteurs dans les scènes plus
intimes... ça fait beaucoup.



Bref, et ça n'a rien de nouveau, ce film fonctionne non pas sur ce qu'il
est mais sur ce à quoi il se réfère. Un film non pas témoin d'un
courrant sociologique, emblème d'une génération, simplement un film de
plus, qui surfe (très mal) sur des référents "cools" et une sorte de
reconnaissance communautaire à deux balles (euros).

frcd doit être habitué de ce genre de contre-attaque amer et du genre de
critique désabusé du genre "mais ouvrez donc les yeux, prenez de la
distance, etc."désolé.


[>md<]

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