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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] BRAQUAGES, de David Mamet avec Gene Hackmann
http://us.imdb.com/Details?0252503 Déception que le dernier David Mamet. Pour une fois qu'on avait l'occasion de retrouver Gene Hackmann en vedette et pas dans un rôle de mêchant, sous la houlette de David Mamet, qui avait bien réussi son coup sur Engrenages, on pouvait avoir de l'espoir. Même pour un polar standard, on pouvait s'attendre à un résultat intéressant. Hélas... Après un début virtuose (un premier casse chez un bijoutier), on retombe sur le thème classique du gangster qui veut tout raccrocher après un dernier coup. Le problème est que Mamet ne donne aucune épaisseur à ses personnages, la plupart n'occupant qu'une place décorative dans la mécanique du scénario. On n'a plus besoin d'eux pour faire avancer l'action ? Alors, on ne les voit plus à l'écran. Reste Gene Hackmann et sa femme. Mais, pour ménager la surprise du prochain tournant du scénario, Mamet les laisse avec une petite idée derrière la tête et ils restent complètement opaques, virant en fait à une artificialité vaine. Hackmann et sa femme ont un bateau, ils veulent raccrocher, point barre. La noirceur potentielle de leur caractère, Mamet s'en tape complètement. Ce qui rêgne, c'est un scénario. Rien que le scénario. Pas les dialogues : un simple récit avec des rebondissements. On se doute que quelqu'un manipule quelqu'un d'autre ? On en a confirmation quinze fois au cours du film. À force, le spectateur (j'aime parler de moi à la troisième personne, ça fait très objectif) devine tout seul que le personnage qui semble s'être fait arnaquer à l'instant avait prévu le coup et qu'il a lui même bâti une entourloupe. Il anticipe donc le prochain rebondissement comme un grand. Dans Engrenages et La Prisonnière espagnole (remake non avoué et très inférieur du précédent), Mamet nous faisait le coup de la duperie une fois. Dans Braquages, ce scénariste qui veut faire malin n'accouche que d'un Wild Things (Sexcrimes) : une série de rebondissements bidon chacun étant dans le précédent comme une poupée russe. On décroche très vite. Le plus agaçant, c'est de voir ce qu'il aurait suffi de faire pour obtenir un film plus honnête : supprimer trois ou quatre coups de théâtre bidon, mieux caractériser les personnages et casser ainsi la pure mécanique du scénario. Je me plais à imaginer ce qu'aurait pu donner le film si le personnage d'Hackmann avait montré quelques accès de rage contenu et se livrait à la paranoïa (cf Conversation secrète). Ou si l'enjeu du film (des lingots d'or) avait été évacué plus vite. L'interprétation est à moindre titre une déception. Hackmann, qui fait une performance correcte, donne même l'impression d'être là pour payer ses impôts. DeVito est inexistant, un simple second rôle. Je viens de voir que le personnage du complice barbu était joué par un magicien américain, Ricky Jay. Apparemment, il apparaît dans presque tous les Mamet et je me souviens maintenant de lui dans le spot télé US pour le dernier album de Dylan. Apparemment, c'est un prestidigitateur de première. Chez Mamet, en tout cas, la magie ne prend pas. On voit qu'il y a un truc. Et on fiche vite de savoir lequel. -- François Kahn -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html> Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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