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[AVIS] Laissez passer (Bertrand Tavernier - 2001)


  • Subject: [AVIS] Laissez passer (Bertrand Tavernier - 2001)
  • From: Cédric Taillefer <cedric.taillefer@noos.fr>
  • Date: Sat, 26 Jan 2002 13:00:08 +0100
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Modération de fr.rec.cinema.selection
  • References: <a2ouf0$guv$1@neon.noos.net>
  • Xref: noos fr.rec.cinema.selection:5715

[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]

Tiens. Personne ne parle du dernier film de Tavernier. Pourtant quelle film!

Comme "la nuit américaine", c'est un excellent film sur le cinéma. Une
grande richesse d'évènements et d'anectodes. Tout le monde est hyper-actif,
dans ce film. Aussi bien les gens qui travaillent dans le cinéma que les
autres. Car on se bat aussi bien pour trouver des chutes de bobines, qu'un
canard ou de l'huile d'olive pour le prochain repas. Choper du chocolat de
contrebande, ça a quelque-chose de plus excitant (romantique?) que de
descendre tous les soirs faire ses courses tranquillement à Franprix. De
même que faire 400 km en vélo pour aller retrouver sa famille en évitant les
contrôles dans les trains. Tout le monde est à fond dans le système D. Ca
donne au film un côté excitant. Et tout d'un coup, tout devient plus
précieux. Les proches (pour lesquels on se bat quotidiennement) et les trucs
prosaïques mais essentiels: bouffe, papiers officiels, matières premières
qui servent à faire la guerre ou le cinéma (au choix). En gros, ça donne
presque l'impression (toute personnelle peut-être) que les français étaient
tous des aventuriers... Peut-être pas des héros (parce-que Tarvernier
n'élude pas l'existence des salops ni le fait qu'il faille composer avec
l'ennemi), mais Aurenche et l'autre (ach! j'ai oublié le nom du personnage
de Gamblin!) sont tout de même montrés comme des modèles...

Dans « Laissez passer », tout le monde (ou presque) fait face (comme dit
Olga d'un des personnages du film projeté à la Continental), c'est à dire,
se bat pour ses idées, pour les autres, pour sa dignité... Alors, hum...
Est-ce un film idéaliste (et donc trompeur dans la définition rolandienne du
terme ?). Chais pas. C'est juste un film qui montre des personnages essayant
de devenir exemplaires, utiles aux autres, de ne pas fermer les yeux (c'est
là qu'est la nuance, sans doute avec un film idéaliste ou les héros seraient
d'emblée parfaits).

En tous cas, Tavernier nous tient en haleine, nous embobine pendant trois
heures, grâce à ce côté excitant d'une vie proche de l'aventure au
quotidien, mais sans avoir recours à l'accumulation de drames dans la vie de
ses personnages principaux (ce qui serait le procédé attendu pour ce genre
de sujet).

Et puis, pour les cinéphiles de frcd, c'est aussi un film où on est plongé
dans la création du cinéma français de l'époque : les films de Tourneur (çui
avec la main maudite et le petit diable, là, que chais pu son titre),
certains avec Michel Simon... Tout ce côté là est passionant (et devrait
faire couler plus d'encre numérique ici), et donne envie de revoir les
bobines en question.

Et puis, dernière chose, il y a des seconds rôles épatants (notamment ce
comédien incroyable qui jouait dans « Rosetta »).

Voilà.

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