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[Date Prev][Date Next][Date Index] [ANALYSE] Les Slasher-movies (Part II : Les codes (suite) )
LES PROTAGONISTES- LES INTERACTIONS DES PERSONNAGES
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Les slasher-movie sont des films pour jeunes (quoique j'adore toujours
autant :o) ), il est donc normal de voir des jeunes dedans. Ceux ci se
retrouvent généralement dans un groupe hétéroclite dont les principales
composantes sont :
- Le héros du film (personnage récurrent et future star de la série de
films),
- Son/sa petit(e) ami(e) qui ne le sait pas nécessairement (beaucoup de
couples se forment dans les slasher movies),
- La Blonde (toujours victime ou coupable mais de toute façon, morte à la
fin )
- Le meilleur ami du héros (celui qui connaît tout sur tout, qui apporte
les réponses,..)
La liste n'est bien sûr pas exhaustive et d'autres personnages viennent
se greffer régulièrement; "L'idiot du village" (qui cache souvent bien
son jeu), "le scientifique" font régulièrement partie intégrante de la
"communauté" ("The faculty", "Urban legend", .)
Quelle que soit sa composition, au début de leur aventure, le groupe est
soudé. Il pense que rien ne peut lui arriver jusqu'à ce que la première
catastrophe, le premier meurtre ou la première apparition des revenants
se réalise.
Dès l'arrivée de ces catastrophes, le groupe explose : tout le monde
doute de tout le monde. Le coupable fait-il partie du groupe, est-il l'un
de nous ? Dans pratiquement tous les cas des slasher "non-fantastiques",
la réponse est affirmative : reste donc au spectateur à deviner qui
c'est.
Intéressons nous maintenant au "méchant" de l'histoire.
Seul le spectateur peut connaître les motivations et les motifs
(généralement distillées tout au long du film). Il est donc, de fait, le
seul à pouvoir deviner son identité.
Qu'il soit vivant ("Vendredi 13", "Halloween",.) ou mort ("Freddy", .) il
lui est toujours arrivé quelque chose pendant sa vie (généralement son
enfance) qui l'a fait basculer du mauvais côté de la barrière, du côté du
mal.
Depuis, celui ci en veut au monde entier, et ne rêve que d'une chose : se
venger.
Comment ?
et bien simplement en assassinant les descendants de ceux qui lui ont
fait du mal ("Freddy") ou plus simplement en frappant au hasard.
Il est le maître du jeu et le groupe en cherchant à lui échapper à va
tout faire pour découvrir sa véritable identité.
Dans des films faits principalement pour les adolescents, il est évident
que l'on va retrouver les conflits de l'adolescent avec ses parents. Les
adultes ne comprennent bien pas les jeunes et ne les croient même pas
lorsqu'ils leur annonce la vérité : les jeunes ont toujours raison dans
les slasher, la règle est immuable.
LES ATMOSPHERES - LES EFFETS
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Quelles sont donc les ficelles utilisées par les scénaristes pour nous
faire angoisser avec ce groupe auquel on s'identifie tellement. Et bien,
ces recettes sont simples, les effets sont faciles mais toujours
efficaces.
Toutes les atmosphères oppressantes sont regroupées et utilisées dans les
slashers :
Que ce soit la pluie ou les orages (de préférence avec de gros coups de
tonnerre et beaucoup d'éclairs faisant deviner des ombres plus ou moins
effrayantes) ou plus simplement la nuit, les situations sont nombreuses
pour fournir au spectateur le maximum de sursauts.
"Le coup du chat" est aussi une des techniques les plus utilisées dans ce
type de films. Le tueur apparaissant subrepticement, une sonnerie de
téléphone dans le noir alors qu'un des membre du groupe est poursuivi par
le tueur, une lumière qui s'allume sans qu'on s'y attende sont autant de
situations effrayantes pour le plus grand bonheur des amateurs.
Une des grandes inventions du Slasher movie reste tout de même
"l'évacuation" du méchant par la fenêtre. Effet utilisé généralement
pendant la scène finale, le coupable est poussé par le héros ou
par un instrument que le belliqueux n'a pas vu. Cet effet permet, ainsi,
de perdre de vue l'assassin pendant quelques secondes, qu'il met
judicieusement à profit pour mieux disparaître et faire remonter
l'angoisse.
Bref toute la panoplie des "bonds sur le siège" est utilisée de la
meilleure façon qu'il soit.
LA SCENE FINALE - LES SUITES
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Contrairement à la scène d'introduction, la scène finale voit la victoire
du bien sur le mal, du gentil sur le méchant.
Le suspense n'est cependant pas exempt de cette scène. Pendant quelques
minutes, le héros ou l'héroïne est aux prises avec le meurtrier.
Chacun marque des points à intervalles réguliers. Le suspense se doit
d'être maintenu jusqu'au vrai duel final.
Tel un Western, la fin ne peut que se passer qu'entre le héros
(l'héroïne) et le tueur .
Face à face ultime de chaque film, le bien l'emporte sur le mal. Mais le
mal n'est vaincu que provisoirement.
La dernière scène laisse tout espoir pour retrouver les protagonistes
dans un opus suivant : le bien, le mal, les gentils les méchants. même
les morts peuvent être ressuscités ("scream 2") par les plus grands soins
des scénaristes
Tout film de genre se termine donc par un énorme Cliffhanger. Une suite
doit pouvoir être produite, histoire de faire un volume 2, 3, 4, 5, .
Va t'on retrouver le méchant ?
Une chose est certaine : les gentils vainqueurs seront présents afin de
vaincre le mal un fois de plus. A moins que..les méchants ne soient les
vrais vainqueurs et les réels héros (cf. la série des "Freddy")
Dans ce cas, tout est possible ..
LA MUSIQUE
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Autre code du film d'horreur : la musique. Celle ci se doit d'être forte,
bruyante et toujours jeune. Point de classique ou d'opéra, la préférence
des réalisateurs ira normalement vers les musiques angoissantes, le Rock
FM (les principaux films sont tout de même américains), voire même vers
le Hard Rock.
Certains réalisateurs ne trouvant pas les musiques assez oppressantes
pour leurs ouvres se sont même commis à la créer eux même (John Carpenter
par exemple). Mais les sources d'inspiration sont souvent beaucoup plus
simples. On pioche allègrement dans les répertoires connus par les ados
quitte à faire rechanter les tubes par d'illustres inconnus.
Le résultat est parfait : adéquation entre musique et image (musique
rapide=poursuite, musique lente=suspense). Sauf que, le silence, quelques
notes ou la respiration haletante du meurtrier apparaissent quelques
fois, et là, on est dans l'expectative : ne va t-il rien se passer ?
faut-il commencer à se massacrer le peu d'ongles qui restent au bout de
nos doigts? Faut-il s'enfuir en courant de la salle de peur que le
méchant ne fasse partie des spectateurs ?
La musique (et les silences) fait donc partie intégrante des codes du
film d'horreur; c'est elle qui permet de faire frémir : elle se permet de
jouer avec les émotions et de là triturer le spectateur (même aguerri) en
lui proposant des angoisses dont même lui n'avait pas conscience.
LA CONNAISSANCE DES CODES PAR LES AMATEURS
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Mais le code principal (utilisé surtout ces dernières années) est que le
spectateur est intelligent et qu'il connaît toutes les ficelles utilisées
: le spectateur est connaisseur, il sait donc décrypter ce style des
films qu'il adore.
D'ailleurs, la nouvelle mode Hollywoodienne (lancée par "Scream" de Wes
Craven) utilise à fond cette connaissance des codes. Les scénaristes et
réalisateurs ont enfin pris conscience que certains des spectateurs qui
venaient voir leurs films ne le faisait pas uniquement pour se détendre
et / ou passer une bonne soirée mais aussi parce qu'ils aimaient ça.
La façon dont les codes sont utilisés pour mieux être détournés, est
magistrale : l'humour est omniprésent. Que ce soit dans la trilogie des
"Scream" qui fait référence ou encore dans les diverses parodies du type
"Scary Movie" (qui aime bien, châtie bien), le film joue sur l'humour et
la réelle connaissance cinématographique (cinéphilique ?) des personnes
qui sont dans la salle : on ne peut pas rire si on ne connaît pas le film
ou la scène parodiée ou si tel ou tel code est détourné.
Cependant l'angoisse est toujours présente et le film qui référence
devient une nouvelle référence.
La liste des différents codes utilisés n'est bien sûr pas exhaustive et
tout à chacun peut la compléter comme il l'entend.
Les codes évoluent de films en films. Certains films créent de nouveaux
codes volontairement ou involontairement, mais, le principe même des
"slasher movies" est l'utilisation de ces codes, de ces films-références.
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Bruno : Lecinemadebruno@free.fr
"Ils ont trahi la première loi"
Isaac Asimov à propos de "2001"
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