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[AVIS] What lies beneath (Robert Zemeckis - 2000)


  • Subject: [AVIS] What lies beneath (Robert Zemeckis - 2000)
  • From: "MaXsTaR" <maxstar@dvdmaxx.com>
  • Date: 01 May 2001 12:15:15 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.discussion,fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Guest of ProXad - France
  • Sender: modappbot@dspnet.claranet.fr
  • Xref: isdnethub fr.rec.cinema.discussion:172547 fr.rec.cinema.selection:642

   WHAT LIES BENEATH / APPARENCES -+- http://french.imdb.com/Details?0161081

   De Robert Zemeckis. 2000. États-Unis. 2h08.
   Avec Harrison Ford, Michelle Pfeiffer, Joe Morton.
   Scénario : Clark Gregg, d'après l'histoire co-écrite avec Sarah
Kernochan.

[Cet avis ne comporte pas (ou si peu) de révélations sur le film dont il est
question]

    Autant être clair d'entrée de jeu : le dernier film de Robert Zemeckis
est une grosse déception. Pire que ça... il confirme une tendance qu'a le
metteur depuis quelques années : réaliser des films de plus en plus mous et
ennuyeux... Si avec Forrest Gump il a réussit un sacré coup en proposant un
film populaire (comment ça je suis méchant? :) avec pour héros un gentil
benêt au "coeur pur", la pilule moraliste de deux heures était pour le moins
difficile à avaler... Et le film se perdait inlassablement en exercices de
styles essayant (péniblement) les uns après les autres de nous montrer
(re-péniblement) que ce pauvre Forrest était un gars bien... Deux heures de
bons sentiments, à en pleurer (d'émotion, de rire, ou de colère... au
choix). Si personnellement je pense qu'ensuite avec Contact il a réussit un
film intéressant qui va au delà de son incontestable réussite technique,
force est de constater qu'on regrettera quand même le bonheur en bloc et la
folie furieuse de ses précédentes réalisations, Who framed Roger Rabbit? ou
Back to the future en tête...

    Avec What lies beneath, Robert Zemeckis se lance donc dans le
fantastique / horrifique. Durant la première demie-heure, on se demande
vraiment si le réalisateur ne va pas réussir un joli coup, critique cette
fois-ci. La montée progressive de la tension, les ambiances, la mise en
scène toute en lenteur et composée de jolis plans séquences presque à la
Spielberg (presque dans le sens où là ils sont en partie justifiés :-) qui
posent le décor. Tout semble bien en place pour Une maison très accueillante
en apparence (d'où une des justifications au titre français pas forcément
mal choisi pour une fois), lorsqu'on nous la montre sous le bon angle, dans
la douce lumière de la Californie ou de la Floride je ne sais plus... enfin
ils sont beaux, heureux, riches et encore suffisamment jeunes pour vivre
encore de beaux jours... Et puis progressivement les couleurs chaudes du
ciel américain s'estompent, la clarté des jours estivaux laisse place aux
glaciales nuits de l'hiver, et le rêve va devenir cauchemar... pour le
personnage interprété par une Michelle Pfeiffer très en forme comme pour le
spectateur qui va se retrouver face à un film qui part un peu dans tous les
sens, dans le démonstratif surtout, en oubliant au passage de proposer un
contenu...

    A l'opposé d'un Who framed..., le film se retrouve être aussi froid et
hermétique (dans le mauvais sens du terme... enfin hermétique... des fois il
prend l'eau aussi le film, comme Michelle Pfeiffer :-) que l'univers qu'il
tente de rendre crédible (entreprise jusqu'alors pourtant bien engagée)...
Rien de bien passionnant dans toute cette deuxième partie (1h30 quand même)
à part de mauvaises scènes d'action, ponctuées de passages à la fois
inutiles et désespérément communs (ben vi, désolé... l'un et l'autre étant
certainement liés), le tout sans la moindre once d'angoisse. Pourquoi? Et
bien parce que le réalisateur, plus on avance dans le film, se tourne vers
la facilité des effets "bouh" à la scream tout en nous endormant malgré lui
avec sa mise en scène plus du tout adaptée au rythme de l'action et de toute
façon 100% répétée d'où l'absence d'effet de surprise sur toute la fin du
long métrage... Difficile de dire si Robert Zemeckis s'est rendu compte
qu'il n'arriverait pas à tenir la distance, mais voilà : si suspense il y a
sur la fin du film, c'est bien de manière honteusement artificielle que l'on
nous emmène péniblement au bout des longues 130 minutes qui constituent
Apparences...

    Un mot sur les acteurs quand même... Si comme je l'ai rapidement évoqué
un peu plus haut, Michelle Pfeiffer s'en sort haut la main et offre une
belle composition tragique, le pauvre Harrison Ford a du mal à interpréter
un personnage pourtant pas si complexe que ça, à double facette en apparence
(!!!) mais d'une platitude exaspérante sur le terrain... Après de beaux
bides comme Six Days Seven Nights, il a du mal à retrouver des rôles
convaincants, un peu à la manière de Bob DeNiro...

    Bref, que dire de plus si ce n'est que What lies beneath porte un titre
français très évocateur... on nous promettait un film Hitchcockien : on se
retrouve avec un film qui s'élève à peine au dessus scream like, proposant
un suspense trop artificiel pour captiver. On nous promettait un film
effrayant : il ne l'est que trop rarement car les ficèles sont les mêmes
d'un bout à l'autre du film. Bref, à part une première demi-heure qui fait
rentrer avec plaisir dans le film, la chute n'en est que plus rude. Voilà,
Robert Zemeckis vient de vraiment me décevoir. Autant dire que j'attends son
prochain film avec beaucoup de réserves...

--
MaXsTaR
http://www.dvdmaxx.com

-- 
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