|
[Recherche]
[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] What lies beneath (Robert Zemeckis - 2000)
WHAT LIES BENEATH / APPARENCES -+- http://french.imdb.com/Details?0161081 De Robert Zemeckis. 2000. États-Unis. 2h08. Avec Harrison Ford, Michelle Pfeiffer, Joe Morton. Scénario : Clark Gregg, d'après l'histoire co-écrite avec Sarah Kernochan. [Cet avis ne comporte pas (ou si peu) de révélations sur le film dont il est question] Autant être clair d'entrée de jeu : le dernier film de Robert Zemeckis est une grosse déception. Pire que ça... il confirme une tendance qu'a le metteur depuis quelques années : réaliser des films de plus en plus mous et ennuyeux... Si avec Forrest Gump il a réussit un sacré coup en proposant un film populaire (comment ça je suis méchant? :) avec pour héros un gentil benêt au "coeur pur", la pilule moraliste de deux heures était pour le moins difficile à avaler... Et le film se perdait inlassablement en exercices de styles essayant (péniblement) les uns après les autres de nous montrer (re-péniblement) que ce pauvre Forrest était un gars bien... Deux heures de bons sentiments, à en pleurer (d'émotion, de rire, ou de colère... au choix). Si personnellement je pense qu'ensuite avec Contact il a réussit un film intéressant qui va au delà de son incontestable réussite technique, force est de constater qu'on regrettera quand même le bonheur en bloc et la folie furieuse de ses précédentes réalisations, Who framed Roger Rabbit? ou Back to the future en tête... Avec What lies beneath, Robert Zemeckis se lance donc dans le fantastique / horrifique. Durant la première demie-heure, on se demande vraiment si le réalisateur ne va pas réussir un joli coup, critique cette fois-ci. La montée progressive de la tension, les ambiances, la mise en scène toute en lenteur et composée de jolis plans séquences presque à la Spielberg (presque dans le sens où là ils sont en partie justifiés :-) qui posent le décor. Tout semble bien en place pour Une maison très accueillante en apparence (d'où une des justifications au titre français pas forcément mal choisi pour une fois), lorsqu'on nous la montre sous le bon angle, dans la douce lumière de la Californie ou de la Floride je ne sais plus... enfin ils sont beaux, heureux, riches et encore suffisamment jeunes pour vivre encore de beaux jours... Et puis progressivement les couleurs chaudes du ciel américain s'estompent, la clarté des jours estivaux laisse place aux glaciales nuits de l'hiver, et le rêve va devenir cauchemar... pour le personnage interprété par une Michelle Pfeiffer très en forme comme pour le spectateur qui va se retrouver face à un film qui part un peu dans tous les sens, dans le démonstratif surtout, en oubliant au passage de proposer un contenu... A l'opposé d'un Who framed..., le film se retrouve être aussi froid et hermétique (dans le mauvais sens du terme... enfin hermétique... des fois il prend l'eau aussi le film, comme Michelle Pfeiffer :-) que l'univers qu'il tente de rendre crédible (entreprise jusqu'alors pourtant bien engagée)... Rien de bien passionnant dans toute cette deuxième partie (1h30 quand même) à part de mauvaises scènes d'action, ponctuées de passages à la fois inutiles et désespérément communs (ben vi, désolé... l'un et l'autre étant certainement liés), le tout sans la moindre once d'angoisse. Pourquoi? Et bien parce que le réalisateur, plus on avance dans le film, se tourne vers la facilité des effets "bouh" à la scream tout en nous endormant malgré lui avec sa mise en scène plus du tout adaptée au rythme de l'action et de toute façon 100% répétée d'où l'absence d'effet de surprise sur toute la fin du long métrage... Difficile de dire si Robert Zemeckis s'est rendu compte qu'il n'arriverait pas à tenir la distance, mais voilà : si suspense il y a sur la fin du film, c'est bien de manière honteusement artificielle que l'on nous emmène péniblement au bout des longues 130 minutes qui constituent Apparences... Un mot sur les acteurs quand même... Si comme je l'ai rapidement évoqué un peu plus haut, Michelle Pfeiffer s'en sort haut la main et offre une belle composition tragique, le pauvre Harrison Ford a du mal à interpréter un personnage pourtant pas si complexe que ça, à double facette en apparence (!!!) mais d'une platitude exaspérante sur le terrain... Après de beaux bides comme Six Days Seven Nights, il a du mal à retrouver des rôles convaincants, un peu à la manière de Bob DeNiro... Bref, que dire de plus si ce n'est que What lies beneath porte un titre français très évocateur... on nous promettait un film Hitchcockien : on se retrouve avec un film qui s'élève à peine au dessus scream like, proposant un suspense trop artificiel pour captiver. On nous promettait un film effrayant : il ne l'est que trop rarement car les ficèles sont les mêmes d'un bout à l'autre du film. Bref, à part une première demi-heure qui fait rentrer avec plaisir dans le film, la chute n'en est que plus rude. Voilà, Robert Zemeckis vient de vraiment me décevoir. Autant dire que j'attends son prochain film avec beaucoup de réserves... -- MaXsTaR http://www.dvdmaxx.com -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html> Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
|