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[AVIS] Un plan simple (Sam Raimi - 1998)


  • Subject: [AVIS] Un plan simple (Sam Raimi - 1998)
  • From: zyrtox@frsf.org (Zyrtox)
  • Date: 16 Mar 2001 08:55:04 GMT
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   UN PLAN SIMPLE -+- http://french.imdb.com/Details?0120324
   De Sam Raimi. 1998. États-Unis. 2h01.
   Avec Bill Paxton (Hank Mitchell), Bridget Fonda (Sarah Mitchell),
   Billy Bob Thornton (Jacob Mitchell), Brent Briscoe (Lou Chambers).
   Scénario : Scott B. Smith (d'après son propre livre).


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N.B. : L'opinion sur le film livrée en ces lignes ne comporte pas de
passages pouvant réellement nuire à la bonne découverte de celui-ci.
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Comment réagirions-nous face à un gros paquet d'argent qui nous
tomberait du ciel ? Cette question, somme toute banale, est ce autour
de quoi « Un plan simple » tente de s'articuler. Au-delà d'un film à
suspense classique qui décrit le devenir d'un trésor récolté d'une
façon assez fortuite et qui est évidemment source de complications,
ce film-ci est aussi une recherche constante dans le caractère de ses
personnages, qui n'est pas des plus négligeables.

Mais revenons-en au film. Dans une région campagnarde des États-Unis
envahie par la glace, le froid et la neige, Hank Mitchell, campé par
un convaincant Bill Paxton, son frère Jacob (Billy Bob Thornton),
beaucoup moins aidé par Dame Nature que son aîné, et Lou, un ami de
ce dernier et aussi simplet que le précédent, tombent nez-à-nez avec
une grosse somme d'argent -- 4,4 millions de dollars ; le scénariste,
par ailleurs auteur du bouquin qui est à l'origine du film, voulait
vraiment être sûr que même après un éventuel partage, chacun puisse
débourser comme il l'entend... -- qui se trouve dans un débris
d'avion recouvert par la neige. Si l'on veut bien entrer dans cette
grosse invraisemblance, base du scénario néanmoins, le film peut
prendre ses droits et nous offrir un spectacle autant à suspense,
qu'émotionnel et même dramatique. Parce que, au-delà de l'histoire un
peu niaise dans lequel le film s'embarque, ce dernier parvient à
intéresser le spectateur, et ce, de multiples façons. Tout d'abord,
si on regarde « Un plan simple » pour ce qu'il est au premier degré,
on y voit une sorte de thriller avec un enjeu réel qui est de savoir
ce qui adviendra de ce fameux magot. Pour cela, le scénario est
solide, les ficelles ne sont pas forcément trop tirées, et l'histoire
parvient à mener doucement le spectateur vers ce qui est prévu, sans
pour autant forcer les effets scénaristiques.

Cependant, pour faire de « Un plan simple » un film convaincant, Sam
Raimi avait quand même besoin d'autres choses, d'un autre fond. Et
c'est là qu'on voit que les personnages jouent une place
prépondérante. Au-delà du simple film à suspense, « Un plan simple »
est aussi une sorte d'étude assez poussée des comportements des
différents protagonistes par rapport à l'argent, et plus exactement,
jusqu'où chacun est prêt à faire pour conserver cet argent. Cette
étude est d'ailleurs facilitée et soulignée par une certaine pauvreté
du reste des ingrédients classiques d'un film du genre. Les décors et
la mise en scène sont réduits à leur strict minimum pour parvenir à
obtenir une tension froide (comme le temps) entre les personnages.
L'astucieuse idée de planter le décor dans des régions champêtres et
enneigées contribue d'ailleurs à mettre en place l'ambiance assez
électrique, oppressante même par instants.

En fait, le gros point fort de « Un plan simple », c'est ses
personnages, chacun différent et tous intéressants. Le personnage
principal est le citoyen lambda, tout ce qu'il y a de plus normal. Et
des trois qui découvrent le magot, c'est celui qui en a le moins
besoin, mais qui y tient le plus. Ce Hank Mitchell est en cela bien
fouillé, c'est qu'il obéit malgré lui aveuglement aux décisions aussi
insensées qu'ignobles de sa femme Sarah, incarnée par Bridget Fonda,
qui pourtant ne s'est jamais mise dans cette histoire, mais qui mène
en quelque sorte le scénario du film. C'est ici que tout le rapport
de l'homme à l'argent est le mieux mis en évidence. Ce ne sont
peut-être pas les plus dans le besoin qui aiment avoir de l'argent,
mais ceux qui en ont déjà, ce qui n'est pas réellement faux. Le frère
de Hank, campé par un exceptionnel Billy Bob Thornton, n'a rien dans
sa vie et s'en fiche pas mal. Il est tout le contraire de cette
fameuse Sarah : altruiste, généreux, versatile et idiot. Le film
parvient même, entre deux scènes de suspense, à toucher par quelques
dialogues bien choisis et assez émouvants, sans pour autant qu'ils
soient complètement forcés. En parlant de Billy Bob Thornton, on
remarquera d'ailleurs qu'après un bref passage dans l'aride
« U-Turn » d'Oliver Stone, il se retrouve ici dans le froid, mais 
toujours pour incarner un personnage au physique très peu attirant et 
enlaidi à l'excès. Il ne possède peut-être pas le personnage dominant 
du film, mais au moins le plus marquant, celui qui reste à l'esprit
après visionnage.

Ce film est finalement un excellent thriller, au budget et à
l'ambition très modestes, surtout alimenté par d'autres choses qui
l'enrichissent largement. « Un plan simple » vaut réellement le coup
d'oeil, ne serait-ce que pour son scénario intéressant et ses
personnages attachants.

David Epelbaum, aka Zyrtox.

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