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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] La Legende de Bagger Vance
LA LEGENDE DE BAGGER VANCE Sortie le 11 Avril Réalisateur: Robert Redford Scénario: Jeremy Leven, d'après le roman de Steven Pressfield Interprètes: Will Smith, Matt Damon, Charlize Theron, Bruce McGill, Joel Gretsch Durée: 125 minutes Production: Allied Filmmakers, Wildwood Enterprises Distribution: UFD Musique: Rachel Portman Photographie: Michael Ballhaus Avec La Légende de Bagger Vance, le cinéma américain prouve une fois de plus qu'il est capable de magnifier à peu près tous les sujets. On entend par magnifier donner une dimension magique, supérieur, on pourrait parler de mythification. Le sujet ici prétexte à une espèce d'épopée individuelle : le golf. On a du mal à imaginer un sport moins spectaculaire, en tout cas moins cinématographique. Pourtant Redford parvient à adopter le même ton que s'il nous décrivait le chemin de croix du Christ ou la guerre d'indépendance. L'acteur-réalisateur nous avait habituer a de meilleurs films comme son Quiz Show. Ce qui caractérise le mieux cette tentative sportive est sa lourdeur : pourquoi vouloir faire de tout un enjeu vital, pourquoi chercher à être sérieux au point d'en devenir pompeux sur un sujet qui s'y prête si peu ? Matt Damon est Junuh, un golfeur prodige qui quitte sa ville de Savannah pour partir faire le soldat. Son retour dix ans plus tard coïncide avec un tournoi de golf très attendu par la population. Il est donc embarqué dans cette compétition, entouré d'un énigmatique conseillé appelé Bagger Vance et de son plus fervent admirateur, un gamin d'une dizaines d'années. Confronté aux deux plus grands golfeurs de l'époque, Junuh passera par tous les états émotionnels possibles. Le scénario est plutôt bien construit, mais on regrette cette absence de modestie, d'humilité : Redford n'assume pas son sujet et ne parle plus de golf, il traite le récit sur un mode presque biblique. Certaines scènes nous montrent le personnage interprété par Matt Damon sombrer dans une transe religieuse et chercher le " chemin ". Faire de la compétition une métaphore de la vie est assez maladroit, et bien des aspects du film prêtent à rire sans le vouloir. On sent que Redford a voulu pousser à l'extrême le magnétisme intrigant du personnage de Bagger Vance. Will Smith est impeccable dans cet ange relax, un gourou détendu finalement attachant. Mais la sauce ne prend pas. Le spectateur a du mal à rentrer dans cette rédemption sportive. C'est le plus gros problème du film : on s'en fout. Malgré les violons, les effets de caméras, les mines impliquées des acteur et la grâce Charlize Theron, c'est la platitude qui l'emporte. Trop de mise en scène alors qu'il n'y a pas beaucoup à mettre en scène. On aurait préféré une ambiance plus discrète qui aurait pu éviter ces écueils. Mais Redford est d'une génération qui aime profondément le cinéma classique, et il poursuit à travers ses films un classicisme qui disparaît dans le Hollywood contemporain. Au final ce film est plus proche du vieillot que du traditionnel. Le ton sent trop la poussière pour faire passer la pilule. Il faut sans doute actuellement faire de grands films si l'on veut retrouver cette certaine idée du cinéma que défend Redford. Le ras des pâquerettes ne se prête pas à ce ton grandiloquent. Il est dommage que ce comédien brillant, qui a passé il y a quelques années avec succès son examen de passage à la réalisation, nous donne à voir un film mineur, oublié à peine sorti de la salle. Reste à espérer que le prochain sera meilleur... Benjamin PLANCHON http://www.themovieproject.com Copyright 2000 - The Movie Project Pour plus d'infos, rendez-vous sur The Movie Project.com, Le cinézine indépendant - http://www.themovieproject.com -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html> Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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