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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] La faute a Voltaire
La Faute à Voltaire (2000) de Abdellatif Kechiche
Avec Sami Bouajila (Jallel ), Élodie Bouchez (Lucie), Bruno Lochet
(Franck), Aure Atika (Nassera), Virginie Darmon (Leila), Olivier Loustau
(Antonio), François Gentil (Paul), Carole Franck (Barbara)
<mode SPOILERS ON>
Jallel est Tunisien. Il émigre en France. Faute de papiers, il devient
clandestin et finira par se faire expulser. Le film retrace cette période de
sa vie entre le foyer pour sans abris, les petits boulots, l'amour,
l'amitié.
Dans un café, Jallel tombe amoureux de la serveuse, Nassera. Celle-ci a eu
un fils d'un premier amour, de ceux qu'on oublie pas. Sans partager vraiment
les sentiments de Jallel, elle finit par accepter le mariage mais
disparaîtra au cours de la cérémonie. Dépression pour Jallel qui se retrouve
à l'hôpital psychiatrique.
Là, Lucie, une paumée, mi femme-enfant, mi nymphomane, jette son dévolu sur
lui. Enceinte d'un autre, elle le veut et finalement aura raison des
réticences morales de Jallel. Car celui-ci est un homme honnête et droit.
Travail, famille, sympathie
Quel portrait trace Abdellatif Kechiche de Jallel?
D'abord, celui d'un travailleur acharné. S'il émigre c'est pour gagner de
l'argent et aider sa famille. Et gagner de l'argent honnêtement à force de
travailler, de multiplier les petits boulots : les fruits, le journal
Macadam, les roses. C'est les roses qu'il préférera. Ca lui permet de se
balader et puis il est féru de poésie, alors ...
Et un travailleur profondément attaché à sa famille et aux valeurs
familiales. Sa famille, il y pense sans arrêt et ne manque pas une occasion
de rappeler que s'il doit travailler c'est pour sa mère. La famille, pour
lui, c'est sacrée. Il ne supporte pas que Lucie à un moment critique une
photo de famille. Toujours avec Lucie - une future mère - il se comporte
comme un protecteur. Car dès qu'il rencontre une femme, il ne songe qu'à
fonder foyer.
Enfin quelqu'un d'unanimement et d'immédiatement apprécié. Il débarque dans
un foyer et tout le monde l'accueille à bras ouvert. Faut dire que la
responsable (Barbara) est un ange, secondé par un saint (Franck). Et si un
différend apparaît, tout finit par s'arranger en chanson dans la joie et la
bonne humeur (la partie de pétanque). C'est pas un foyer, c'est le paradis.
Presque heureux qu'ça sonne creux
On touche ici au principal grief que je ferai à ce film: visiblement
l'intention était de dépeindre la réalité d'un immigré clandestin. La mise
en scène, très proche des personnages, la caméra presque toujours portée à
l'épaule, souligne la volonté documentaire du film. Comme si le réalisateur
avait voulu témoigner des conditions d'existence d'un émigré devenu
clandestin par la force des choses. Mais le résultat sonne faux. La
description qu'il fait de la vie à l'hôpital psychiatrique, parfaitement
symétrique à celle du foyer, ne fait qu'accentuer cette impression. Au bout
du compte, ne reste que la qualité de l'interprétation. Ca ne suffit pas
pour faire un film et Voltaire n'y peut rien.
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"Le hasard est à gauche"
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