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[AVIS] The man who cried (Sally Potter - 2000)


  • Subject: [AVIS] The man who cried (Sally Potter - 2000)
  • From: zyrtox@frsf.org (Zyrtox)
  • Date: 11 Feb 2001 15:30:28 GMT
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   THE MAN WHO CRIED -+- http://french.imdb.com/Details?0206917
   De Sally Potter. 2000. États-Unis. 1h37.
   Avec Christina Ricci (Suzie), Cate Blanchett (Lola), John Turturro
   (Dante), Johnny Depp (Cesar).
   Scénario : Sally Potter.


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N.B. : L'opinion sur le film livrée en ces lignes ne comporte pas de
passages pouvant réellement nuire à la bonne découverte de celui-ci. 
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La vie d'une immigrée russe et juive dans l'Europe occidentale du
début du siècle. On a déjà vu plus original. Pourtant, c'est le thème
de « The man who cried » où LE personnage principal est une femme.
Oui, un peu curieux. 

Toujours est-il que notre amie ashkénaze, fine et introvertie, qui
entre temps a changé de prénom pour devenir Suzie en Grande-Bretagne
puis à Paris, est à la recherche de son cher papa, parti dans la
glorieuse Amérique des années vingt, et fait timidement de l'opéra
dans une Europe dévorée par le nazisme, au fur et à mesure que la
demoiselle grandit et s'émancipe. 

Le traitement de cette histoire, qui possède une digne prétention,
suit le rythme longiligne imposé par le script. Pas de coup d'éclat,
pas de haussement de ton, on se demande quand même un peu où on va
pour finalement arriver jusqu'au dénouement, où le spectateur se sent
par contre un peu floué. Heureux qu'on l'ait mené jusque-là, il n'en
repart pas moins déçu par une fin un peu abrupte qui le laisse
justement sur sa faim. 

Entre temps, Christina Ricci, qui par ses traits présente l'avantage
de pouvoir aussi bien interpréter une adolescente de quatorze ans
qu'une jeune femme d'une vingtaine d'années, occupe l'écran. Mieux,
elle porte le film à bout de bras. Par les sentiments ambigus qu'elle
nous distille tout au long des cent minutes passées en sa compagnie,
elle nous touche toujours avec tact, mais en laissant des traces,
bien que son jeu ressemble quand même étonnamment à ce qu'elle nous a
habitués dans d'autres drames du genre. À côté, ses partenaires font
quand même bien pâle figure. D'un Johnny Depp quasi-muet en chevalier
tzigane chevelu (que Ricci retrouve à nouveau), à un John Turturro,
réellement peu expressif pour les talents qu'on lui connaît, en
passant par une Cate Blanchett, interprétant une poupée russe dans
toute sa splendeur, à savoir blonde, nymphomane et avec les « r »
bien enrobés, le casting déçoit. Ils sont à demi excusés par des
personnages peu expressifs, tout en nuances, ces nuances qui sont
tellement effacées qu'elles se confondent complètement et donnent des
protagonistes aux personnalités très lisses et superficielles. 

Du côté de la réalisation, c'est propre, sobre et soigné, aucune
fioriture ne dépasse. La photo reste terriblement sombre et l'image
contraste bien sûr bien souvent avec le teint blafard de l'héroïne,
jusqu'au moment où, par un sursaut éléphantesque, on arrive dans une
scène claire, qui doit soi-disant témoigner d'un état d'esprit plus
joyeux. Et c'est là le pêché du film. Ça a beau être fait
sérieusement, ça n'en est pas moins bien souvent lourdement traité.
On sent bien Sally Potter déterminée, pour son sixième film, à faire
dans le simple et le direct tout en restant dans la nuance et le
non-dit dans un drame bien orchestré, mais ce dernier est aussi
terriblement mollasson et parfois même ennuyeux. La démonstration est
lourde et on la voit bien arriver avec ses gros sabots du fond des
bois. Pire, les moments où l'on se rend compte, après coup, qu'ils
auraient dû être forts sont mal rendus et le film ne délivre alors
aucun relief, aucune émotion progressive, ce qui est regrettable,
puisque les bonnes intentions ne manquaient pas. 

« The man who cried » est en fait mené par une Christina Ricci
omniprésente qui étonne et parfois émeut par son interprétation
équivoque. Pour le reste, ça reste fade, assez long et maladroitement
conduit. Dommage pour les intentions montrées et la distribution
alléchante. 

David Epelbaum, alias Zyrtox.

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