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[ANALYSE] Le cinema Fantastique et de Science Fiction (Part I - 1890 -1968]


  • Subject: [ANALYSE] Le cinema Fantastique et de Science Fiction (Part I - 1890 -1968]
  • From: "Bruno" <lecinemadebruno@free.fr>
  • Date: 11 Feb 2001 15:30:15 GMT
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 I     LE CINEMA FANTASTIQUE ET DE SCIENCE FICTION  / PART   I     I
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I - 1890 -1930 :  LES ORIGINES
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Dès son origine, le cinéma a une histoire d'amour avec le genre Fantastique
/ Science Fiction (les deux styles resteront indissociables bien que
traitant de thèmes différents)

Tout d'abord prétexte à effets visuels (les premiers Méliès par exemple), le
Cinéma va vite lorgner du côté de la littérature pour s'intéresser à des
histoires construites. De grand romans écrits par de grands auteurs sont
adaptés et le cinéma Fantastique prend son envol ("Le voyage dans la
lune"(1902), "Dr Jeckyll & Mr Hyde", "20 000 lieues sous les mers".).

Les cinéastes de l'époque ne disposent alors que de peu de moyens et
inventent des effets visuels (on rappellera qu'à l'époque, le cinéma était
encore muet) avec des bouts de ficelle". Ces trouvailles techniques
resteront la base des effets spéciaux du Cinéma mondial pendant de
nombreuses années . On peut citer notamment  "L'homme orchestre" de Méliès
(1900) avec la superposition d'image, "The Lost World" (1925) avec
l'animation image par image ou encore des apparitions soudaines de
personnages (Nosferatu) réalisées grâce à des arrêts de Caméra.

Outre cette utilisation d'effets visuels, certains cinéastes n'hésitent pas
à apporter une dimension poétique à leurs oeuvres. "Metropolis" de Fritz
Lang (1927), "L'Atlantide" (1920)  ou encore "Nosferatu" de Murnau (1922) en
sont de parfaits exemples.

C'est aussi à cette époque qu'apparaissent les premiers films de genres qui
perdurent  toujours à notre époque : les films fantastico-horrifique,
catégorie dans laquelle on peut recenser les histoires de fantômes et de
locaux plus ou moins hantés ("The Phantom of the Opera" (1925), "The Haunted
House" (1929)) ou les films de monstres ("The werewolf" (1913) ).

Mais le cinéma Fantastique n'en est qu'a ses balbutiements et ce n'est que
dans les deux décennies suivantes qu'il va prendre toutes ses lettres de
noblesse en nous offrant les plus beaux des classiques.


II - 1930 - 1950 : LA PERIODE CLASSIQUE AMERICAINE
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La grande époque des studios Hollywoodiens commence.
MGM, RKO, Warner règnent en maîtres sur le tout Hollywood qui  vient
d'inventer le Cinéma commercial. Les films se doivent d'être rentables et
bien que le genre fantastique commence à intéresser les spectateurs des
salles obscures , les budgets de production sont réduits. Mais malgré cela
la période donnera naissance à la plupart des chefs d'ouvre du cinéma
fantastique.

Les crédits restreints pèsent sur l'utilisation des effets spéciaux. Les
réalisateurs sont obligés d'employer d'autres artifices pour susciter les
réactions du public  : une utilisation accrue de l'atmosphère et des
éclairages permet de susciter l'angoisse et la terreur. On se souviendra par
exemple des scènes mythiques de poursuite dans la rue et de la piscine dans
"La féline" (1942) ou encore des premières apparitions du monstre ressuscité
dans "The mummy" (1932)

Les monstres sont de plus en plus présent dans ce cinéma qui mélange
allègrement Horreur et Fantastique "Frankenstein" (1931), "Bride of
Frankenstein" (1935) et toute la série des "Dracula"(1931)
Les acteurs de ces films tels que Bela Lugosi, Boris Karloff  deviennent de
véritables mythes et leur participation à tous les films du genre est de
mise : ils ont la "gueule" de l'emploi.

Bien que peu présents, les premiers effets spéciaux ont bien été intégrés
par la nouvelle génération et des chefs d'ouvre comme "King Kong" (1933) ou
"The invisible man" (1933) sont nés. L'utilisation de ces effets reste
cependant réservé à quelques films à "gros budget".

Dans cette explosion Hollywoodienne,  il est aussi intéressant de noter les
premières adaptations cinématographiques des héros où "Buck Rodgers" (1940)
côtoie allègrement des héros beaucoup plus théâtraux  provenant des Comics
tels que Captain Marvel  ("The adventures of Captain Marvel" (1941)), "Flash
Gordon" (1936)  ou "Superman" (1948).

La vieille Europe, bien que meurtrie par ses dissensions guerrières, n'est
pas en reste et table plus sur un cinéma fantastique plus poétique
respectant en cela la lignée des Murnau et Méliès des débuts du cinéma.
Jean Cocteau et ses films mythiques tels que "La Belle et la Bête" (1946) ou
"Orphée" (1949) n'a rien à envier à ses illustres prédécesseurs tels que
Marcel Carné et ses "Visiteurs du soir" (1942).
On pourra aussi noter quelques essais français de Science Fiction et de
Fantastique "purs et durs" tels que "La main du diable" de Maurice Tourneur
en 1942 ou encore "Le monde tremblera" en 1939.

La guerre, elle aussi, éloigne les meilleurs réalisateurs européens des
plateaux de tournage et de grands réalisateurs de films fantastiques se
précipitent aux USA (Maurice et Jacques Tourneur / Fritz Lang / .) pour fuir
l'horreur.

Mais tout n'est pas perdu pour l'Europe dans le cinéma Fantastique. Alors
que les USA sont prêts à s'enfoncer dans la période maudite d'Hollywood, le
Maccarthysme, le style va continuer à vivre au cinéma grâce à une petite île
en face de Douvres, de l'autre côté de la Manche.


III - 1950-1968 : LE RETOUR EN FORCE DE L'EUROPE ET LA PEUR DE L'AUTRE
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Les années 50 avaient pourtant débutées dans le Cinéma Américain avec des
films dans la lignées de ceux des années 30-40 : peu d'effets spéciaux. Tout
se jouant sur l'ambiance et le scénario. Parmi ces petites perles rares
d'Hollywood on peut citer  "Invasion of the Body snatchers" de Don Siegel
(1956), "The Fly" avec Vincent Price (1958), "The Thing from another world"
d'Howard Hawks (1951).
De même, les premières ouvres de Science Fiction dite "adulte"  apparaissent
dans le paysage
"The day where Earth Stood still" (le jour ou la terre s'arrêta) de Robert
Wise (1951) ou encore "Forbidden Planet" (1956) font partie de ces films qui
forcent le spectateur à réfléchir sur son propre sort, sa place dans
l'univers et sa future évolution : la  Science Fiction devient prétexte à
réflexion sur la condition humaine.
On dénote aussi le grand retour du cinéma "grand spectacle" des adaptations
de romans de Jules Verne, un des précurseurs de la littérature de Science
Fiction : "20 000 lieues sous les mers" (1954) ou "Voyage au centre de la
terre" (1959), "Voyage to the bottom of seas" ou encore "Fantastic Voyage"
en sont les plus célèbres représentants.

Mais, la majeure partie des productions américaines de l'époque ne sont pas
celles ci et ont un but beaucoup moins avouable.
La guerre froide fait rage entre les Etats Unis et le bloc soviétique : tout
est bon pour chasser le communiste hors des terres américaines. Pour cela,
il faut faire peur à la population, on doit lui désigner l'Ennemi même sans
le citer. La production de l'époque se concentre alors sur la lutte
anti-communiste et ce sous la haute "bienveillance" du Sénateur Mac Carthy
qui réalisait sa chasse aux sorcières. Hollywood n'a pas échappé à la règle
: pour pouvoir produire ou réaliser un film il fallait montrer patte blanche
et prouver qu'on était un bon américain anti-communiste.
Les films de Science Fiction ou de Fantastique de l'époque ont donc tous le
même schéma : de méchants extra-terrestres (ou des monstres) arrivent sur la
terre qu'ils veulent coloniser (généralement, ils atterrissent aux USA) ,
mais le peuple se ligue et arrive à bouter le méchant hors du territoire ou
a l'annihiler: la propagande avait repris tous ses droits.
Des films tels que "The Blob" (1958), "Earth vs Spiders" (1958) "The terror
from beyond space"  (1958), "War of the worlds" (1953), "Earth vs the flying
saucers" (1956) sont tous construits sur ce principe.
Seuls quelques réalisateurs n'ayant pas compris le but inavoué ont écrit et
réalisé de vraies et bonnes séries Z : Ed Wood Jr en le cas le plus flagrant
avec son "Plan 9 from outer space".

On pourra aussi noter que cette peur du "rouge" a été déclinée au Japon sous
la forme de la peur du nucléaire avec toute la série des monstres nés soit
d'un holocauste nucléaire, soit d'une erreur "Godzilla" (1956) de la firme
de production Toho en est un bon exemple.

Et l'Europe pendant ce temps là, et bien, elle n'a pas commis l'erreur
fatale des Etats Unis : elle est restée dans la digne ligne du cinéma
fantastique des débuts : les monstres. Et la bonne surprise de la période
est une petite société de production Britannique plus connue sous le nom de
Hammer .
Cette société de production a décidé de conserver le cap des films
fantastico-horrifiques des années 40 : la majeure partie de sa production
de l'époque se concentrera sur des monstres.
Les films les plus connus de cette maison sont bien sûr la série des
"Dracula" avec dans le rôle titre du Comte, Christopher Lee et dans celui de
son plus fervent adversaire (le Docteur Van Hesling), Peter Cushing.
De 1959 à 1970, la Hammer a produit plus de 150 films fantastiques ou
horrifiques toujours en restant dans le même esprit.
Mais Dracula n'est pas le seul monstre réutilisée par la Hammer pour ses
productions : on retrouve pêle-mêle des Frankenstein, des momies en tout
genre, des démons, des maisons hantées, des loups garous bref ce qui se
faisait de mieux à l'époque en matière de cinéma fantastique. Les films de
cette maison de production ont ensuite influencé bon nombre de metteurs en
scène qui revendiquent leurs passions pour cette période (Tim Burton en
tête)

Parrallèlement à la Hammer,  on pourra noter aussi la maigre production
européenne et française pendant cette période où seul "Les yeux sans visage"
de Georges Franju (1959) sort son épingle du jeu .


        (à suivre............)

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Bruno : Lecinemadebruno@free.fr

"- Je sais que je suis un peu superficielle...
  - Mais non, je te trouve ravissante"
                                     "Harry, un ami qui vous veut du bien"

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