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[AVIS] Une vie moins ordinaire (1997)


  • Subject: [AVIS] Une vie moins ordinaire (1997)
  • From: Zyrtox <zyrtox@frsf.org>
  • Date: 15 Aug 2000 19:10:09 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.discussion,fr.rec.cinema.selection
  • Organization: La mienne
  • Sender: modappbot@dspnet.claranet.fr
  • Xref: isdnethub fr.rec.cinema.discussion:132654 fr.rec.cinema.selection:516

   UNE VIE MOINS ORDINAIRE -+- http://french.imdb.com/Details?0119535
   De Danny Boyle. 1997. Grande-Bretagne/États-Unis. 1h43.
   Avec Ewan McGregor (Robert), Cameron Diaz (Celine), Holly Hunter 
   (O'Reilly), Delroy Lindo (Jackson), Ian Holm (Naville).
   Scénario : John Hodge.
   Production : Andrew McDonald.


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N.B. : Ces lignes contiennent peut-être quelques révélations et, à ce
titre, il serait peut-être souhaitable d'avoir vu le film avant d'avoir
lu tout cela, pour que la découverte de ce dernier se fasse dans les
meilleures conditions.
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À travers ses deux premiers films, Danny Boyle (ainsi que ses acolytes
scénariste et producteur) s'était construit une immense réputation
auprès du jeune public cinéphile de la planète. Dès 1994, son « Shallow
Grave » (« Petits meurtres entre amis » par chez nous), un peu fait avec
des bouts de ficelle mais néanmoins très bien ficelé, lui rapporte
notoriété et succès à travers le monde. En 1996, c'est « Trainspotting »
qui amène à Boyle une consécration méritée de cinéaste à succès. Le
public jeune adore cette mise en scène autour de la drogue dans les
pauvres cités écossaises, filmée avec beaucoup de crudité et
d'hardiesse.

Maintenant, Boyle et son équipe ont eu envie de passer à autre chose et
de s'essayer à un autre genre cinématographique. Après le film à
suspense et la comédie tragique, ils s'attaquent à un style plus
habituel, à savoir la comédie romantique. Dans « Une vie moins ordi-
naire », on assiste d'ailleurs à un véritable mélange entre comédie et
romantisme.

Incarné par Ewan McGregor, Robert est l'archétype même de l'homme qui
n'a pas de chance, du « loser ». Dans le même temps, il se fait virer
par la firme Naville, qui le remplace par un robot, et sa fiancée le
plaque pour un autre, au torse musclé, qu'il n'a pas. À ses heures,
Robert écrit aussi un bouquin, totalement dénué d'intérêt. Bref, rien ne
lui réussit. Jusqu'au jour où il en a marre : il se rebelle. Le robot à
la main, il ira se plaindre auprès de son patron, incarné par un Ian
Holm complètement déjanté, et... repart en kidnappant sa fille, jouée
par une Cameron Diaz à l'aise comme jamais.

Par la suite, un jeu est mené pour tenter de séparer d'une manière
psychologique ces deux personnages principaux, qui finiront évidemment
par s'unir. D'un côté, on a un homme pauvre, idiot, mais gentil et d'une
générosité sans borne ; de l'autre, une femme riche, intelligente, mais
assez perfide et pugnace. Le côté comique sera bien sûr exploité par
cette brèche : une opposition forte entre deux caractères assez
contraires, qui donne lieu à des disputes plus qu'agitées, mais très
risibles.

Alors bien sûr, ce film ressemble davantage à un conte qu'à une comédie
réaliste. Mais ceci est en outre totalement voulu, rien que quand on
voit des anges « modernes » apparaître dès la première minute de bobine.
Deux d'entre eux, qui n'ont pas une conduite vraiment « tradition-
nelle », dirons-nous, seront d'ailleurs chargés d'unir ce couple assez
mal parti au départ.

La musique possède une fois encore dans ce film de Boyle une place
prépondérante dans sa réussite. Dans son précédent « Trainspotting », un
cocktail de musiques des années 80 et 90 rythmait les aventures des
héros. Ici, ce sont plutôt des musiques modernes très variées dans leurs
genres, avec néanmoins un retour vers le passé, avec une scène de
karaoké et de danse, qui relève de l'excentricité du monde de Boyle et
symbolise pleinement le film, qui est totalement empreint à une sorte de
fantaisie moderne.

On ne pensait peut-être pas que le couple Ewan McGregor/Cameron Diaz
fonctionnerait si bien. Le premier, qui parvient non sans difficulté à
masquer partiellement l'accent provenant de son Écosse natale, donne la
pleine mesure de son talent, tandis que la splendide Cameron, que l'on
dit surfaite et fade, livre une prestation remarquable. Holly Hunter et
Delroy Lindo, en anges, complètent très bien cette brochettes d'acteurs,
se trouvant dans leur élément.

Bien entendu, un oeil critique peut faire quelques reproches au film,
comme son côté irréaliste ou des séquences peut-être parfois inégales en
intensité. Pour ma part, je remarque que Boyle ne s'est pas retranché
derrière un genre à succès et a voulu s'essayer à un genre nouveau pour
lui, ce qu'il a fait avec une verve remarquable. « Une vie moins
ordinaire » est plein d'humour, de finesse, de douceur, et vaut à mon
humble avis bien plus que des opinions négatives et des critiques à son
égard.

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