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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Une vie moins ordinaire (1997)
UNE VIE MOINS ORDINAIRE -+- http://french.imdb.com/Details?0119535 De Danny Boyle. 1997. Grande-Bretagne/États-Unis. 1h43. Avec Ewan McGregor (Robert), Cameron Diaz (Celine), Holly Hunter (O'Reilly), Delroy Lindo (Jackson), Ian Holm (Naville). Scénario : John Hodge. Production : Andrew McDonald. --- N.B. : Ces lignes contiennent peut-être quelques révélations et, à ce titre, il serait peut-être souhaitable d'avoir vu le film avant d'avoir lu tout cela, pour que la découverte de ce dernier se fasse dans les meilleures conditions. --- À travers ses deux premiers films, Danny Boyle (ainsi que ses acolytes scénariste et producteur) s'était construit une immense réputation auprès du jeune public cinéphile de la planète. Dès 1994, son « Shallow Grave » (« Petits meurtres entre amis » par chez nous), un peu fait avec des bouts de ficelle mais néanmoins très bien ficelé, lui rapporte notoriété et succès à travers le monde. En 1996, c'est « Trainspotting » qui amène à Boyle une consécration méritée de cinéaste à succès. Le public jeune adore cette mise en scène autour de la drogue dans les pauvres cités écossaises, filmée avec beaucoup de crudité et d'hardiesse. Maintenant, Boyle et son équipe ont eu envie de passer à autre chose et de s'essayer à un autre genre cinématographique. Après le film à suspense et la comédie tragique, ils s'attaquent à un style plus habituel, à savoir la comédie romantique. Dans « Une vie moins ordi- naire », on assiste d'ailleurs à un véritable mélange entre comédie et romantisme. Incarné par Ewan McGregor, Robert est l'archétype même de l'homme qui n'a pas de chance, du « loser ». Dans le même temps, il se fait virer par la firme Naville, qui le remplace par un robot, et sa fiancée le plaque pour un autre, au torse musclé, qu'il n'a pas. À ses heures, Robert écrit aussi un bouquin, totalement dénué d'intérêt. Bref, rien ne lui réussit. Jusqu'au jour où il en a marre : il se rebelle. Le robot à la main, il ira se plaindre auprès de son patron, incarné par un Ian Holm complètement déjanté, et... repart en kidnappant sa fille, jouée par une Cameron Diaz à l'aise comme jamais. Par la suite, un jeu est mené pour tenter de séparer d'une manière psychologique ces deux personnages principaux, qui finiront évidemment par s'unir. D'un côté, on a un homme pauvre, idiot, mais gentil et d'une générosité sans borne ; de l'autre, une femme riche, intelligente, mais assez perfide et pugnace. Le côté comique sera bien sûr exploité par cette brèche : une opposition forte entre deux caractères assez contraires, qui donne lieu à des disputes plus qu'agitées, mais très risibles. Alors bien sûr, ce film ressemble davantage à un conte qu'à une comédie réaliste. Mais ceci est en outre totalement voulu, rien que quand on voit des anges « modernes » apparaître dès la première minute de bobine. Deux d'entre eux, qui n'ont pas une conduite vraiment « tradition- nelle », dirons-nous, seront d'ailleurs chargés d'unir ce couple assez mal parti au départ. La musique possède une fois encore dans ce film de Boyle une place prépondérante dans sa réussite. Dans son précédent « Trainspotting », un cocktail de musiques des années 80 et 90 rythmait les aventures des héros. Ici, ce sont plutôt des musiques modernes très variées dans leurs genres, avec néanmoins un retour vers le passé, avec une scène de karaoké et de danse, qui relève de l'excentricité du monde de Boyle et symbolise pleinement le film, qui est totalement empreint à une sorte de fantaisie moderne. On ne pensait peut-être pas que le couple Ewan McGregor/Cameron Diaz fonctionnerait si bien. Le premier, qui parvient non sans difficulté à masquer partiellement l'accent provenant de son Écosse natale, donne la pleine mesure de son talent, tandis que la splendide Cameron, que l'on dit surfaite et fade, livre une prestation remarquable. Holly Hunter et Delroy Lindo, en anges, complètent très bien cette brochettes d'acteurs, se trouvant dans leur élément. Bien entendu, un oeil critique peut faire quelques reproches au film, comme son côté irréaliste ou des séquences peut-être parfois inégales en intensité. Pour ma part, je remarque que Boyle ne s'est pas retranché derrière un genre à succès et a voulu s'essayer à un genre nouveau pour lui, ce qu'il a fait avec une verve remarquable. « Une vie moins ordinaire » est plein d'humour, de finesse, de douceur, et vaut à mon humble avis bien plus que des opinions négatives et des critiques à son égard. -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html> Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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