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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Mission : Impossible II
MISSION : IMPOSSIBLE 2 De John Woo. 2000. USA. 2h06. Avec Tom Cruise (Ethan Hunt), Dougray Scott (Sean Ambrose), Thandie Newton (Nyah Hall), Ving Rhames (Luther Stickel). Scénario : Robert Towne. Production : Tom Cruise, Paula Wagner. [N.B. : Cette opinion livrée en ces lignes sur le film ne comporte pas de passages, pouvant réellement nuire à la bonne découverte de celui-ci. Ne contenant pas de véritables révélations, il est possible de le parcourir avant d'avoir vu le film.] La lumière s'éteint, tout le monde est prêt à ce que la gigantesque machine, appelée « Mission : Impossible 2 » se mette en route, pour le plus grand plaisir de la population jeune, à la voix aux consonnances aiguës, qui peuple la majeure partie de la salle. Dès les premières scènes, on retrouve notre héros, le brave et chanceux Ethan Hunt, incarné pour la deuxième fois sur grand écran par le charismatique Tom Cruise, qui a la chevelure un peu plus longue qu'à l'accoutumée. Il est seul en plein milieu d'un paysage désertique magnifique, en train de faire de la varappe sans harnais, pour jouer à « Cliffhanger », et ce en guise de vacances. Drôle d'occupation. Et là, il est chargé de s'acquitter d'une mission (impossible, bien sûr...), à savoir d'empêcher que son dangereux rival, le grand méchant Sean Ambrose, empoisonne la Terre entière, grâce ou à cause d'un « virus malfaisant ». Non, ce n'est pas un pléonasme, mais une lourde insistance exagérée, à l'instar du film, qui en recèle de nombreuses. N'aurait-on pas déjà vu tout cela quelque part ? Au bout de vingt minutes de film, la grande stupeur pour les spectateurs. Après que Hunt eut, on ne sait trop comment, retrouvé dans une ambiance andalouse le charmant contact, qu'on lui a imposé en la présence de Thandie Newton, au charme très nettement perceptible, il parvient dans les minutes suivantes à la séduire, en l'embrassant d'un dévastateur baiser, que seuls les *vrais* films américains savent produire. Ciel ! Ce n'est pas le scénario habituel ! D'habitude, ça c'est à la fin. Ne vous inquiétez pas, c'est *aussi* à la fin. Chuuuttt, fallait pas le dire... Ça y est, ladite grande machine se met en route. Ethan Hunt sort l'arsenal de gadgets en tous genres et possède comme second son fidèle Luther -- rôle tenu par un Ving Rhames toujours aussi attachant et qu'on voit partout, mais toujours en second rôle -- qui tapote toujours sur ses claviers magiques, qui sont des outils tellement sophistiqués qu'ils en deviennent amusants. Pour leur part, les méchants commencent à sérieusement menacer. Ah ben, oui, faut bien faire un film ! Et là, le bal masqué commence. Telle la Compagnie Créole (à qui je dois énormément de respect), les personnages peuvent emprunter les têtes et les voix de leurs ennemis, si bien qu'on peut vraiment faire n'importe quoi, en se mettant dans la peau de n'importe qui. Méchants comme gentils, tout le monde peut le faire. Même pas juste, d'abord... Les cascades et les tueries sont nombreuses, et le plus souvent fort amusantes, surtout le bouquet final constitué d'une poursuite en moto, filmée à un rythme intense. John Woo déploie tout son talent et ses ralentis suggestifs, pour montrer un Tom Cruise en pleine forme qui réalise des pirouettes et des coups de pied dans tous les sens, ce pour faire dire au public qu'il n'est pas venu jusque dans les salles obscures pour rien. On assiste bien au film d'action, pour lequel on a dépensé un peu d'argent ; et à ce titre, on n'est pas déçu. Bien sûr, les dialogues sont parfois totalement risibles et on ne peut que sourire quand on voit la *chance*, avec laquelle Ethan Hunt parvient à déjouer tous les pièges tendus sur son chemin. Et puis, il dispose d'une panoplie de joujoux qui vont « boum ! », avec lesquels il s'amuse comme un gamin. Je ne parlerai même pas de ses prestations sur une moto qu'il conduit avec une dextérité déconcertante et avec laquelle il fait tout ce qu'il désire, tant cela relève du conte pour enfants. Alors bien entendu, les cinéphiles purs et durs sentiront une consternation grandissante monter en eux, due à un savoureux mélange de scénario-gruyère et d'interprétation ridicule, mais ils n'auront pas bien choisi leur film. Quand un film est produit par Tom Cruise, joué par Tom Cruise et est « à la » Tom Cruise, on sait à quoi s'attendre, en posant ses fesses sur les tendres fauteuils rouges. De plus, il est mené avec maestria par un John Woo, décidément doué pour ce genre de films. Oui, c'est un film américain, pour un public ciblé et fait pour amuser la galerie. Mais il ne veut pas aller plus loin, bien que tourné avec un grand sérieux. N'était-ce pas ce qu'on lui avait demandé ? -- Zyrtox -+- http://www.zyrtox.org -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html> Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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