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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Le gout des autres
Le Goût des autre, d'Agnès Jaoui, avec JP Bacri, A. Chabat, G. Lanvin, A. Alvaro, ... http://us.imdb.com/Title?0216787 <spoiler, je raconte un peu l'histoire, mais pas trop> Le Goût des autres est un film qui parle des préjugés, de cette façon que nous avons trop souvent de mettre les gens dans des petits boîtes bien étiquettées, et bien pratiques pour porter des jugements faciles. La technique employée pour nous faire comprendre l'erreur que nous commettons lorsque nous jugeons ainsi à l'emporte-pièce est imparable : on nous montre les personnages vus de l'extérieur, nous les rangeons dans la boîte qui nous semble convenir et le film va se charger de nous montrer notre bêtise. Le procédé pourrait paraître lourdeaud, mais il n'en est rien car jamais les personnages ne sont caricaturaux, et jamais leur évolution n'est tirée par les cheveux. D'ailleurs, le film débute par une scène qui résume exactement le propos : deux hommes costume-cravate discutent discrètement d'une sombre affaire de pot-de-vins devant un expresso. On imagine deux amis, cadres supérieurs, terminant un repas. Manque de bol, ils sont chauffeurs et garde du corps et parlent d'un arbitre de football qui s'est laissé acheter... La suite du film se concentre sur Castella, un homme d'affaire. Il a le look un peu beauf, porte la moustache et des chemises à carreaux qui ne sont pas du meilleur goût. Il tente vainement d'apprendre à parler anglais pour signer un gros contrat, mais on voit bien que l'apprentissage des langues étrangères, et leur intérêt, lui passent bien au-dessus de la tête. Convié à une soirée au théâtre pour faire plaisir à sa nièce qui tient un petit rôle dans la pièce, il a une révélation et se prend à aimer la représentation (en vers !). Qui l'eut cru, venant d'un type franchouillard au possible, qu'on imagine presque en béret ? Voilà, celui-là, on l'avait déjà catalogué.... Il essaye alors de se rapprocher du milieu des acteurs, l'actrice principale de la pièce étant la professeur d'anglais qu'il a éconduit au départ. Alors que le spectateur a bien compris que Castella n'est pas le beauf inculte qu'il semble être, les personnages du théâtre, qu'on pourrait penser plus ouverts (préjugé, quand tu nous tiens), vont eux-aussi le mésestimer, dans une scène où ils se moquent de lui à son insu. Cruauté... Pratiquement personne n'est épargné, tout le monde juge trop vite et est lui-même jugé trop rapidement ; la diversité des personnages et des situations permet à chacun de se reconnaître dans le film et de ne pas en sortir indemne. Seules deux personnes, repésentant en quelques sortes les extrêmes ne rentrent pas vraiment dans le schéma. Manie tout d'abord : de part son métier (serveuse entre autres), elle est amenée à côtoyer tous les types de personnes, ce qui explique qu'elle est sans doute moins encline à porter des jugements faciles. Elle rencontre d'ailleurs pratiquement tous les personnage du film, sans vraiment les juger. De l'autre côté on trouve la femme de Castella. Elle vit dans un monde rose bonbon sans se soucier de ceux qui l'entourent. Seule la fin remet un peu en cause cet égoïsme dont on croyait qu'elle ne pourrait pas se défaire, mais ce n'est malheureusement pas vraiment approfondi. On pourra reprocher au film son manque d'originalité : il n'y a pas vraiment d'images ou de scènes qui se démarquent, il manque un petit quelque chose qui sorte de l'ordinaire. Par contre, le début et la fin sont plutôt bien choisis : le spectateur a finalement l'impression d'avoir "progressé", ce qui prouve que le message est bien passé. Reste à avoir autant d'ouverture d'esprit dans la vraie vie, là, en sortant de la salle... -- fvd * voisin@icps.u-strasbg.fr * http://www.lumiere.org -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html> Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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