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[Date Prev][Date Next][Date Index] [ANALYSE] de l'Atalante de Jean Vigo
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] Etude thematique que j'ai faite il y a un an dites moi ce que vous en pensez. Si ca vous interesse, j'ai aussi fait d'autres devoirs sur ce film (tres interessant ! ). Desole pour les fautes. "L'Atalante" est un film dédié à la vie, à la liberté. Jean Vigo a voulu critiquer toutes les habitudes sociales, parfois bêtes., afin de filmer un hymne a l'amour et a la vie. Naturellement, les thèmes abordés dans le film sont des oppositions de thèmes, comme la vie, par rapport a la mort, la liberté par rapport au cloisonnement (dans les habitudes sociales), et enfin, l'amour. Ces trois principaux thèmes s'enchevêtrent et forment en fait un tout. Dès le début du film, on a une opposition entre la vie et la mort: le mariage. Normalement célébration de l'amour, de la vie, Vigo met en scène ce mariage comme en enterrement. Au même moment, il ne fait qu'insister sur de habitudes sociales, comme faire le signe de croix en sortant de l'église, ou la régularité des rangs, le banquet qui devrait avoir lieu après la cérémonie, toutes ces choses qui sont mis en valeur par Vigo, et qui même sont a l'origine de l'action dans cette scène. Tout le début du film, le couple marche, il marche longuement, comme pour insister que ce mariage est un pas important, ce qu'il est vraiment. C'est en quelque sorte un enterrement pour la femme qui va quitter sa vie sur terre pour aller vivre sur une péniche. Le dernier pas a franchir étant la montée sur le bateau, montée qui ressemble plus a une envolée pour la femme, elle dessole du sol, elle prend ici sa première "dose" de liberté. La scène suivante, où la patronne se promène sur le pont de la péniche nous fait penser a un fantôme qui erre sur le bateau, encore la présence de la mort associée a la femme. Ce début, est réellement ressenti comme la fin de quelque chose. Le bateau qui va a droite du cadre et la femme qui essaye de rester dedans, mais qui finalement, se laissera emporter par l'Atalante. Toute suite après, on a un changement radical, la péniche est partie et on est dans la vie du bateau. Cette opposition par rapport a la scène précédente ou on pensait a la mort, se ressent ici tout d'abord par la présence d'une chanson. C'est une chanson entraînante est "vivante". Le plan suivant, on a un gros plan sur la femme. Alors qu'avant tout est filmé de loin , en camera fixe, parfois en contre plongée qui peut paraître angoissante, sur le bateau, on est plus près des gens, on ressens plus de vie dans le cadre. On a alors une démonstration d'amour entre les deux époux, et donc de vie. Ensuite, pour finir, l'opposition nette entre la vie avant sur terre et la vie sur l'Atalante, on a la démonstration ultime de la présence de la vie a bord: une chatte a fait ses petits, elle a donné vie sur le bateau. C'était jusqu'alors, juste une opposition entre les deux vie pour situer le bateau par rapport a avant. Maintenant, on passe a la vie quotidienne, ce sont les premiers paroles entre la femme es son mari. On parle des choses quotidienne comme la lessive, la femme apporte un souffle nouveau. C'est aussi un passage ou Vigo nous montre l'amour qu'il existe entre le Patron et sa femme. Ces deux personnages sont situé. On a ensuite le Père Jules. On l'avait déjà vu au début, plein de vie, exubérant, d'une grande liberté. On le voit maintenant avec un ami, après l'amour, on voit l'amitié. Tout ce passage nous montre que tout va bien sur le bateau, que ce n'est pas comme sur terre, que tout va bien, que c'est vivant. Vigo laisse maintenant ce thème pour traiter d'autre chose, de la liberté. La vie est toujours très présente, mais ce n'est plus comme opposition a la mort. Il traite de nouveau ce cela a la fin, lorsque la Patronne est partie, que son mari est seul. A ce moment la, le Patron sombre peu à peu dans une mort, il ne fait plus rien, il ne parle plus, il est comme mort. Avec lui, il y a le Père Jules qui lui déborde de vie. A ce moment la, il fait tourner un disque sur son doigt et entends de la musique, comme si c'était lui qui faisait la musique, on voit que c'est le Père Jules qui détient, en quelque sorte, le pouvoir de donner la vie, c'est bien entendu au figuré, mais c'est pourtant grâce a lui qu'il va redonner vie au patron. Ce dernier va se jeter a l'eau, comme pour se tuer, mais il voit sa femme dans l'eau. Au même moment, le Patron veut se tuer, et le Père Jules a réparé le phonographe. Alors que l'un veut la mort, l'autre fait naître la vie. Apres cet épisode, on a un rapprochement des deux époux qui ressentent leur amour a distance, comme si après leur séparation physique, due a un désaccord, ils se raccordent. A ce moment, le Patron est prêt a retrouver sa femme, mais il est toujours dans sa petite mort interne. C'est alors le Père Jules qui va physiquement aller rechercher la Patronne, dans un lieu ou elle écoute la musique du début. C'est le Père Jules qui fait le lien entre quelqu'un qui est "mort" et quelqu'un qui veut de la vie, plus que ce qu'elle a. Il va les réunir, a ce moment, la vie peut continuer, et c'est le bateau qui repart. L'autre thème, le plus important est l'opposition entre la liberté et le cloisonnement dans des habitudes sociales déjà établies. Dès le début, ce thèmes est bien présent car comme je l'ai dit auparavant, l'origine de l'action est due a ces habitudes, ainsi que le discours. Tout le film va être basé sur le changement de la Patronne. De sa vie stricte est enfermé dans ses habitudes, elle va decouvrir petit a petit la liberté et donc la vie. Sa première découverte, et le premier pas franchis est lorsqu'elle écoute la radio. Elle entend Paris, elle a l'espoir d'y aller un jour, sûrement un grand changement avec sa ville natale. C'est un peu comme un premier air de liberté qu'elle ressent. Par opposition , au même moment, dans la vie réelle, on est enfermer dans un épais brouillard. Cela contraste entre son envie de liberté que l'on ressent et l'enfermement physique dans lequel les personnages sont. Avec cette première découverte, elle va, en quelque sorte, se cacher, elle va se perdre volontairement. Comme une réaction a sa frustration de ne pouvoir atteindre cette liberté qu'elle ressens, ce comportement va se reproduire plus tard. Viens ensuite le moment du repas, a une heure précise, et le seul qui ne respecte pas cette heure est le Père Jules. Lui est toujours en dehors des conventions. On a alors la première confrontation entre les deux personnages, deux extrêmes, la Patronne et sa vie conventionnelle et le Père Jules avec son état d'esprit marginal. Cette première confrontation a lieu dans la cabine de la Patronne, mais le Père Jules n'est pas gêné, il réagit comme ailleurs, il ne prête pas attention au fait qu'il n'est pas "chez lui" et qu'il devrait contenir ses réactions. La Patronne est choqué car ce n'est pas un comportement normal pour elle. Viens ensuite l'arrivée a Paris, lieu associé a la première découverte de la liberté par la Patronne. Elle change alors de comportement, je dirais qu'elle est passé de l'autre coté, elle désire connaître d'avantage de choses. C'est alors qu'arrive la deuxième confrontation avec le Père Jules, mais cette fois, c'est elle qui s'impose chez lui. C'est la scène charnière du film, la Patronne et le Père Jules vont se rapprocher et c'est le Patron qui va être délaissé. Le Père Jules va faire découvrir sa liberté a la Patronne, il va l'attirer de son coté. Le Patron débarque et les surprends, il a peur et s'énerve. Une peur de l'inconnu que représente le Père Jules pour lui. Il va y avoir un rapport de force entre les deux hommes mais c'est le Père Jules qui va se retirer, il va enlever son emprise de la Patronne, mais c'est en fait trop tard. Ce qui nous dit ca, c'est la scène suivante, où la Patronne se cache encore une fois. Apres une deuxième frustration de son envie de découverte. Le Patron et sa femme ne sont plus alors au même niveau. Au début, le Patron avait une supériorité sur sa femme, mais maintenant, cela s'est inversé, l'amour n'est plus vraiment possible entre eux, s'il reste comme ca. Le Patron essaye de rattraper cela et décide d'aller en ville, a Paris. Mais il ne peuvent pas et on a leur première dispute, signe de désaccord de leur amour. Lorsque enfin, ils peuvent aller a Paris, ils vont dans un endroit où un autre représentant de la liberté tente d'entraîner la Patronne. Le camelot n'est en fait la que pour faire prendre conscience au Patron du danger que cours son couple. Ce dernier, en renvoyant le camelot, frustre une nouvelle fois la Patronne de son envie de découverte, et comme les autres fois, elle va se cacher un moment. Mais cette fois, son mari décide de ne pas l'attendre. Elle se retrouve donc seule, tout a fait libre. Elle a en fait ce qu'elle désirait avoir: sa liberté totale. Jamais elle n'avait été totalement libre, entre sa famille et ensuite son mari. Ce passage par une liberté totale lui était nécessaire pour pouvoir retourner vers son mari, et l'aimer vraiment. Et c'est une fois confronté a la ville qu'elle est spectatrice de ces habitudes sociales dont elle peut alors s'éloigner. Elle va donc se rapprocher de son mari, en allant écouter la musique du début, musique qui les avait unit. A la fin du film, les deux époux ont évolué parallèlement, pour finalement arrivé au même point. Leur évolution est une découverte de la liberté. Tout au long du film, la Patronne et son mari subissent une évolution. D'abord la Patronne qui a une envie de découverte, notamment une envie de liberté. C'est d'abord le Père Jules qui incite la Patronne, mais ensuite, il se retire. Le patron doit donc rattraper son "retard" dans l'évolution. Il va donc changer parallèlement. Les deux personnages vont se retrouver a la fin. ET alors, la vie peut reprendre son cours, tout comme l'Atalante peut reprendre sa route. Vigo traite dans ce film le thème de la vie, tout simplement, il fait une apologie de la vie, de la vie libre. Le spectateur ressent tout de suite cette ambiance grâce notamment a l'incarnation parfaite du Pere-jules par Michel Simon. Colomb guillaume (titam@caramail.com) -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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