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[ANALYSE] de l'Atalante de Jean Vigo


  • Subject: [ANALYSE] de l'Atalante de Jean Vigo
  • From: titam@caramail.com
  • Date: 26 Feb 2000 00:42:33 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Wanadoo, l'internet avec France Telecom
  • References: <896lkh$mgr$4@wanadoo.fr>
  • Xref: isdnethub fr.rec.cinema.selection:407

[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]

Etude thematique que j'ai faite il y a un an
dites moi ce que vous en pensez.

Si ca vous interesse, j'ai aussi fait d'autres devoirs sur ce film (tres 
interessant ! ).
Desole pour les fautes.




"L'Atalante" est un film dédié à la vie, à la liberté. Jean Vigo a voulu 
critiquer toutes les habitudes sociales, parfois bêtes., afin de filmer un 
hymne a l'amour et a la vie. Naturellement, les thèmes abordés dans le film 
sont des oppositions de thèmes, comme la vie, par rapport a la mort, la 
liberté par rapport au cloisonnement (dans les habitudes sociales), et enfin, 
l'amour. Ces trois principaux thèmes s'enchevêtrent et forment en fait un 
tout.

Dès le début du film, on a une opposition entre la vie et la mort: le mariage. 
Normalement célébration de l'amour, de la vie, Vigo met en scène ce mariage 
comme en enterrement. Au même moment, il ne fait qu'insister sur de habitudes 
sociales, comme faire le signe de croix en sortant de l'église, ou la 
régularité des rangs, le banquet qui devrait avoir lieu après la cérémonie, 
toutes ces choses qui sont mis en valeur par Vigo, et qui même sont a 
l'origine de l'action dans cette scène. Tout le début du film, le couple 
marche, il marche longuement, comme pour insister que ce mariage est un pas 
important, ce qu'il est vraiment. C'est en quelque sorte un enterrement pour 
la femme qui va quitter sa vie sur terre pour aller vivre sur une péniche. Le 
dernier pas a franchir étant la montée sur le bateau, montée qui ressemble 
plus a une envolée pour la femme, elle dessole du sol, elle prend ici sa 
première "dose" de liberté. La scène suivante, où la patronne se promène sur 
le pont de la péniche nous fait penser a un fantôme qui erre sur le bateau, 
encore la présence de la mort associée a la femme. Ce début, est réellement 
ressenti comme la fin de quelque chose. Le bateau qui va a droite du cadre et 
la femme qui essaye de rester dedans, mais qui finalement, se laissera 
emporter par l'Atalante. Toute suite après, on a un changement radical, la 
péniche est partie et on est dans la vie du bateau. Cette opposition par 
rapport a la scène précédente ou on pensait a la mort, se ressent ici tout 
d'abord par la présence d'une chanson. C'est une chanson entraînante est 
"vivante". Le plan suivant, on a un gros plan sur la femme. Alors qu'avant 
tout est filmé de loin , en camera fixe, parfois en contre plongée qui peut 
paraître angoissante, sur le bateau, on est plus près des gens, on ressens 
plus de vie dans le cadre. On a alors une démonstration d'amour entre les deux 
époux, et donc de vie. Ensuite, pour finir, l'opposition nette entre la vie 
avant sur terre et la vie sur l'Atalante, on a la démonstration ultime de la 
présence de la vie a bord: une chatte a fait ses petits, elle a donné vie sur 
le bateau.
C'était jusqu'alors, juste une opposition entre les deux vie pour situer le 
bateau par rapport a avant. Maintenant, on passe a la vie quotidienne, ce sont 
les premiers paroles entre la femme es son mari. On parle des choses 
quotidienne comme la lessive, la femme apporte un souffle nouveau. C'est aussi 
un passage ou Vigo nous montre l'amour qu'il existe entre le Patron et sa 
femme. Ces deux personnages sont situé. On a ensuite le Père Jules. On l'avait 
déjà vu au début, plein de vie, exubérant, d'une grande liberté. On le voit 
maintenant avec un ami, après l'amour, on voit l'amitié. Tout ce passage nous 
montre que tout va bien sur le bateau, que ce n'est pas comme sur terre, que 
tout va bien, que c'est vivant.
Vigo laisse maintenant ce thème pour traiter d'autre chose, de la liberté. La 
vie est toujours très présente, mais ce n'est plus comme opposition a la mort. 
Il traite de nouveau ce cela a la fin, lorsque la Patronne est partie, que son 
mari est seul. A ce moment la, le Patron sombre peu à peu dans une mort, il ne 
fait plus rien, il ne parle plus, il est comme mort. Avec lui, il y a le Père 
Jules qui lui déborde de vie. A ce moment la, il fait tourner un disque sur 
son doigt et entends de la musique, comme si c'était lui qui faisait la 
musique, on voit que c'est le Père Jules qui détient, en quelque sorte, le 
pouvoir de donner la vie, c'est bien entendu au figuré, mais c'est pourtant 
grâce a lui qu'il va redonner vie au patron. Ce dernier va se jeter a l'eau, 
comme pour se tuer, mais il voit sa femme dans l'eau. Au même moment, le 
Patron veut se tuer, et le Père Jules a réparé le phonographe. Alors que l'un 
veut la mort, l'autre fait naître la vie.
Apres cet épisode, on a un rapprochement des deux époux qui ressentent leur 
amour a distance, comme si après leur séparation physique, due a un désaccord, 
ils se raccordent. A ce moment, le Patron est prêt a retrouver sa femme, mais 
il est toujours dans sa petite mort interne. C'est alors le Père Jules qui va 
physiquement aller rechercher la Patronne, dans un lieu ou elle écoute la 
musique du début. C'est le Père Jules qui fait le lien entre quelqu'un qui est 
"mort" et quelqu'un qui veut de la vie, plus que ce qu'elle a. Il va les 
réunir, a ce moment, la vie peut continuer, et c'est le bateau qui repart.

L'autre thème, le plus important est l'opposition entre la liberté et le 
cloisonnement dans des habitudes sociales déjà établies. Dès le début, ce 
thèmes est bien présent car comme je l'ai dit auparavant, l'origine de 
l'action est due a ces habitudes, ainsi que le discours. Tout le film va être 
basé sur le changement de la Patronne. De sa vie stricte est enfermé dans ses 
habitudes, elle va decouvrir petit a petit la liberté et donc la vie. Sa 
première découverte, et le premier pas franchis est lorsqu'elle écoute la 
radio. Elle entend Paris, elle a l'espoir d'y aller un jour, sûrement un grand 
changement avec sa ville natale. C'est un peu comme un premier air de liberté 
qu'elle ressent. Par opposition , au même moment, dans la vie réelle, on est 
enfermer dans un épais brouillard. Cela contraste entre son envie de liberté 
que l'on ressent et l'enfermement physique dans lequel les personnages sont. 
Avec cette première découverte, elle va, en quelque sorte, se cacher, elle va 
se perdre volontairement. Comme une réaction a sa frustration de ne pouvoir 
atteindre cette liberté qu'elle ressens, ce comportement va se reproduire plus 
tard. Viens ensuite le moment du repas, a une heure précise, et le seul qui ne 
respecte pas cette heure est le Père Jules. Lui est toujours en dehors des 
conventions. On a alors la première confrontation entre les deux personnages, 
deux extrêmes, la Patronne et sa vie conventionnelle et le Père Jules avec son 
état d'esprit marginal. Cette première confrontation a lieu dans la cabine de 
la Patronne, mais le Père Jules n'est pas gêné, il réagit comme ailleurs, il 
ne prête pas attention au fait qu'il n'est pas "chez lui" et qu'il devrait 
contenir ses réactions. La Patronne est choqué car ce n'est pas un 
comportement normal pour elle.
Viens ensuite l'arrivée a Paris, lieu associé a la première découverte de la 
liberté par la Patronne. Elle change alors de comportement, je dirais qu'elle 
est passé de l'autre coté, elle désire connaître d'avantage de choses. C'est 
alors qu'arrive la deuxième confrontation avec le Père  Jules, mais cette 
fois, c'est elle qui s'impose chez lui. C'est la scène charnière du film, la 
Patronne et le Père Jules vont se rapprocher et c'est le Patron qui va être 
délaissé. Le Père Jules va faire découvrir sa liberté a la Patronne, il va 
l'attirer de son coté. Le Patron débarque et les surprends, il a peur et 
s'énerve. Une peur de l'inconnu que représente le Père Jules pour lui. Il va y 
avoir un rapport de force entre les deux hommes mais c'est le Père Jules qui 
va se retirer, il va enlever son emprise de la Patronne, mais c'est en fait 
trop tard. Ce qui nous dit ca, c'est la scène suivante, où la Patronne se 
cache encore une fois. Apres une deuxième frustration de son envie de 
découverte. Le Patron et sa femme ne sont plus alors au même niveau. Au début, 
le Patron avait une supériorité sur sa femme, mais maintenant, cela s'est 
inversé, l'amour n'est plus vraiment possible entre eux, s'il reste comme ca. 
Le Patron essaye de rattraper cela et décide d'aller en ville, a Paris. Mais 
il ne peuvent pas et on a leur première dispute, signe de désaccord de leur 
amour. Lorsque enfin, ils peuvent aller a Paris, ils vont dans un endroit où 
un autre représentant de la liberté tente d'entraîner la Patronne. Le camelot 
n'est en fait la que pour faire prendre conscience au Patron du danger que 
cours son couple.  Ce dernier, en renvoyant le camelot, frustre une nouvelle 
fois la Patronne de son envie de découverte, et comme les autres fois, elle va 
se cacher un moment. Mais cette fois, son mari décide de ne pas l'attendre. 
Elle se retrouve donc seule, tout a fait libre. Elle a en fait ce qu'elle 
désirait avoir: sa liberté  totale. Jamais elle n'avait été totalement libre, 
entre sa famille et ensuite son mari. Ce passage par une liberté totale lui 
était nécessaire pour pouvoir retourner vers son mari, et l'aimer vraiment. Et 
c'est une fois confronté a la ville qu'elle est spectatrice de ces habitudes 
sociales dont elle peut alors s'éloigner. Elle va donc se rapprocher de son 
mari, en allant écouter la musique du début, musique qui les avait unit.
A la fin du film, les deux époux ont évolué parallèlement, pour finalement 
arrivé au même point. Leur évolution est une découverte de la liberté.

Tout au long du film, la Patronne et son mari subissent une évolution. D'abord 
la Patronne qui a une envie de découverte, notamment une envie de liberté. 
C'est d'abord le Père Jules qui incite la Patronne, mais ensuite, il se 
retire. Le patron doit donc rattraper son "retard" dans l'évolution. Il va 
donc changer parallèlement. Les deux personnages vont se retrouver a la fin. 
ET alors, la vie peut reprendre son cours, tout comme l'Atalante peut 
reprendre sa route. Vigo traite dans ce film le thème de la vie, tout 
simplement, il fait une apologie de la vie, de la vie libre. Le spectateur 
ressent tout de suite cette ambiance grâce notamment a l'incarnation parfaite 
du Pere-jules par Michel Simon.

Colomb guillaume
(titam@caramail.com)
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