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American beauty?


  • Subject: American beauty?
  • From: "R.R" <raphael.richard1@libertysurf.fr>
  • Date: 15 Feb 2000 11:59:56 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Cinefilm
  • References: <889fnt$1m2f$1@news5.isdnet.net>
  • Xref: isdnethub fr.rec.cinema.selection:393

[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]

American Beauty


Une vie bien paisible pour une famille américaine dans une ville tout ce qu’
il y a de plus commun. Voilà par quoi commence American Beauty, le premier
film de Sam Mendes, un anglais déjà connu aux Etats-Unis pour ses grandes
réalisations théâtrales. Et même si les procédés de voix off s’adressant
directement au spectateur ainsi qu’un sur-maquillage des acteurs laisse à
penser que ce début de scénario banal annonce un film qui lui aussi s’avérer
banal, l’œuvre ne va pas tarder à rebondir dans la tragédie satirique de l’
American way of life contrairement à ce que laissait entendre le titre (l’
American Beauty est aussi paraît-il le nom d’une rose). Effectivement, une
fois les clichés passés, le commencement un peu mou devient film plus
piquant déjouant avec virtuosité toutes les embûches qui auraient pu faire d
’American Beauty un navet de plus sorti d’une major. Et tout y passera. Même
si l’on met un peu de temps à y prendre goût, la saveur laissée par le film
n’est pas détestable. Entre adolescente «complexée », père «mouillant son
slip » dès qu’il aperçoit une amie de sa fille, mère ayant perdue goût à
tout ce qui faisait sa vie pour devenir une victime de la société
américaine. Tous sont en réalité victimes d’une société qui a perdu les
pédales, une société dans laquelle on se fout de notre gueule en demandant
de tendre l’autre joue. Oui, tout va bien, jusqu’au jour où le gentil papa
va tomber follement amoureux de l’amie de sa fille et subitement se rendre
compte par la même occasion de ce qu’est devenue sa vie. Il va alors tout
lâcher pour elle, cette beauté, et se remet à faire du sport, fumer du
cannabis : bref, profiter pleinement de sa vie jusqu’alors non-vie.
C’est donc malgré certaines «lourdeurs » du scénario et une réalisation pas
toujours au top que l’on s’attache à ce film qui reste juste. On y retrouve
ses envies de changer le monde, un monde qui sombre, mais surtout, on se
sent un peu moins seul à constater toutes ces conneries qui nous entourent
au quotidien. Alors que… pourtant tout est si simple. Nous vivons dans un
monde d’une telle beauté que l’on se sent parfois étouffé par elle, nous
confie le héros. Mais il nous l’a annoncé au début, il devra mourir, alors
qu’il vient tout juste d’atteindre le… oui, le plaisir, la joie de vivre
comme il le fait. Contrairement à certains avis parus dans la presse, je ne
trouve pas la fin déplacée. Si certains y ont vu une punition infligée à
notre personnage principal, j’y vois une fin alors qu’il a enfin atteint le
bonheur, une fin injuste infligée par la main armée d’un personnage symbole
de la société américaine. Mais ne nous y trompons pas, les Américains ne
sont pas les seuls à être visés par cette œuvre. Et si en sortant du film
vous avez, comme j’ai eut, envie de gueuler un bon coup, comme ça, juste
pour voir, et bien pourquoi pas après tout…

cette critique et bien d'autres
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