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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] Un tramway nomme desir
Un tramway nomme desir
Fiche technique:
Etats-Unis 1951
Réalisation: Elia Kazan
Scénario: Tennessee Williams d'après sa pièce.
Musique: Alex North
Photographie: Harry Stradling
Distribution: Marlon Brando (Stanley Kowalski) - Vivien Leigh
(Blanche
Dubois) - Kim Hunter (Stella Kowalski) - Karl Malden (Mitch)
"Vraiment Gadge, ce Marlon est fou à lier !", déclare Vivien
Leigh à Elia
Kazan. Habituée à la direction un tantinet rigide de son époux
Laurence
Olivier, elle a du mal à se faire à la "méthode", jeu d'acteurs
merveilleusement
révolutionnaire mis au point par le tout jeune Actors Studio. Kazan,
quant à lui,
est un peu blasé en ce qui concerne Marlon Brando. Il l'a dirigé sur
scène, à
Broadway, dans Un tramway nommé désir. Le retrouver sur un plateau
de
cinéma pour l'adaptation cinématographique de la pièce de Tennessee
Williams ne le trouble donc pas outre mesure.
Brando est à l'aise, comme d'habitude. Il a joué la pièce
pendant cinq ans et
en maîtrise donc toutes les ficelles. Vivien ne l'a joué à Londres
que pendant
quelques mois dans une mise en scène de son mari. Elle se sent
dépaysée, mal
dans sa peau et surtout suffoquée par le tranquille sans gène de
Brando qui lui
fait du plat comme à une vulgaire starlette.
Pour qui se prend-il celui-là ? Il tourne seulement son deuxième
film et il
joue déjà les stars confirmées ! Vivien est secouée par un frisson
désagréable.
Kazan la pousse dans ses derniers retranchements en l'obligeant à
sortir ses
tripes. Ce n'est pas dans Autant on emporte le vent qu'elle aurait
eu à jouer
des scènes aussi dures. Et encore, le Breen Office, qui censure les
films
impitoyablement, a éxigé des coupes sombres dans la pièce au nom de
la
décence ! L'heure est au puritanisme.
On chuchote que les communistes vont bientôt être interdit de
séjour à
Hollywood. Pourvu que Gadge n'ait pas d'ennuis: bien qu'il soit un
sympathisant des "rouges" et qu'il la fasse travailler comme une
folle, Vivien
apprécie profondément Kazan.
"Bonjour Vivien." Une voix fort reconnaissable la fait
sursauter. La
comédienne se retourne et reste bouche-bée. Humphrey Bogart est là
qui la
salue avec courtoisie. "Je suis venu voir travailler le jeunot" dit
la superstar
toute bronzée après le tournage d'African Queen. Vivien sait très
bien que
cette visite ne va pas améliorer le caractère de Brando dont l'égo
risque bien
de quadrupler de volume. Loin de se mettre en colère, elle décide de
redoubler d'efforts pour tirer le meilleur parti de cette expérience
vraiment
dépaysante.
Qui sait ? Ce serait vraiment drôle si elle obtenait l'oscar et
pas Brando !
Sidonie9
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"je croyais petite fille qu'en regardant le soleil pendant des heures
que mes yeux deviendraient bleu."
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