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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Dogma [un petit peu SPOILER aussi, mais pas trop]
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] Bon, je suis allé voir Dogma hier. Un UGC sur les champs, salle sympa, un peu de bousculade à la sortie parce que le couloir est utilisé à la fois par les gens qui attendent pour entrer et ceux qui sortent - j'ai pensé un instant "tiens, ça bouchonne, aurait-on droit à une manif à la sortie?" mais finalement, non. Bon remplissage de la salle (aux trois quarts environ), moyenne d'âge plutôt jeune (la vingtaine, quoi, tssss) et bonne ambiance. Pas de portable cette fois-ci, ouf. J'ai beaucoup aimé le film. Très bon moment, pas prise de tête pour un sou, et - de mon point de vue - il transparaît un réel plaisir des acteurs dans leurs rôles respectifs. J'aime bien quand j'ai l'impression que les gens se sont fait plaisir en tournant un film qui me plaît. Ben affleck m'a impressionné. Il traduit très bien les changements qui s'opèrent au fur et à mesure dans son personnage, et je trouve presque dommage que le scénariste/réalisateur n'ait pas poussé plus avant dans cette direction, mais on a déjà un bon aperçu :-) Alan Rickman est excellent dans son rôle de "voix" - un délice de le voir les yeux au ciel en parlant de son divin patron. Quand même, un extincteur... c'est pas sympa, mais tellement approprié ;) L'idée du scénario est très sympa. Je ne suivais plus trop vers la fin qui était mort et qui ne l'était pas encore ou déjà, mais ça valait le coup. Je me demande quels autres traitements cinématographiques pourraient être donnés à cette même idée, que je trouve potentiellement très riche, et propice à trouvailles dans des styles variés - ne pas le dire à Cameron, mais si Tarkovski pouvait s'y coller ;) Pour ce qui concerne les aspects dénoncés par les divers mouvements participant de la mouvance catholique ou assimilée - quoiqu'à part le thread à rallonge sur frcd que j'avoue ne pas avoir eu le courage de lire jusqu'au bout, il n'y ait pas tant de réactions que ça - je ne vois pas bien ce qui leur pose problème dans ce film. Bien sûr, l'église prend une volée de bois vert, dans ses options et la qualité d'âme de ses ouailles, mais il n'y a rien de nouveau là dedans. Etienne de la Boétie, il y a cinq siècles, décrivait déjà sa composante apostolique, catholique et romaine comme "merveuilleusement corrompue de ses infinis abus" et ce n'est pas l'invention de la télévision ou de la cafetière programmable qui y changera quelque chose. D'ailleurs, la description qui en est faite dans Dogma n'est pas particulièrement agressive, je trouve, puisqu'elle appuie là où la critique ne peut être que la redite de la simple observation, vu la taille de la cible. Certains autres aspects moins folkloriques du comportement des églises et autres structures de tonte sont bien plus blamâbles et mériteraient d'avantage d'être pointées du doigt, éventuellement sur le mode humoristique à gros grain joliment mis en place dans Dogma. Bref, pas de quoi s'indigner de ce point de vue, sinon à suivre le principe selon lequel faire du bruit sur des détails sans importance permet de faire passer sans bruit le reste. Il y a peut-être là un manque d'efficacité, dû aux cibles choisies, mais je me garderai bien de faire des hypothèses sur l'objectif du film, et donc sur l'effet recherché. Peut-être n'est-il pas inutile de rabâcher certaines évidences - tout dépend du public. Du côté de la croyance, indépendamment des dogmatismes cléricaux, je trouve que les aspects positifs et négatifs sont relativement bien balancés - non, non, je ne parle pas de Salma Hayek ;) - quoique. En effet, d'un côté, il y a l'aspect dieu existe, et il y a des saints, etc. qui sont plutôt cool, avec leurs petits problèmes, mais bon tout ça reste très bon enfant comme approche. D'un autre côté, il y a l'idée selon laquelle admettre l'idée de l'existence d'une essence d'ordre divin doit s'accompagner de celle selon laquelle cette essence est tellement loin de notre entendement (Cf. la voix qui existe parce que de toute façon dieu ne peut pas parler sans détruire sa création) que forcément il y a établissement d'un sous-système d'anges, etc. et partant d'églises, et compagnie. Je dirais qu'en première lecture (je pense qu'il faudrait que je le revoie un petit coup) ce film est plutôt un appel à la foi, tout en dénonçant les excès des églises et structures afférentes, _mais_ en en justifiant l'existence par le statut divin qu'il prône. Hmmm... chais pas si je suis clair, là ;) Bref, j'ai bien aimé, mais l'aspect apparemment provocateur et critique de ce film ne dissimule-t-il pas un prosélytisme qui ne dit pas son nom? Qu'en pensez-vous? -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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