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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Pas un de moins [SPOILER]
Hello Ev'rybody !
Or donc hier soir, une petite seance de "Pas un de moins", de Zhang
Yimou, film qui fut tout de meme Lion d'Or a Venise 99.
OU ET QUAND: Pessac, Cine Jean Eustache, Dimanche 23 janvier, seance de
18h45. Deja j'ai decouvert ce cinema, detail amusant les salles portent
des noms d'acteurs celebres, en l'occurence pour ce film-la, ce fut
"Laurel et Hardy". Une salle toute rectangulaire, assez claire, avec
meme un balcon, les sieges sont de differentes couleurs ou habillages
avec des assises hyper sympas en motif leopard ou tigre, c'est assez
fort. Mais la lumiere s'eteint et le film debute...
L'HISTOIRE: dans la Chine d'aujourd'hui, dans un petit village replie au
milieu des montagnes, au bout d'une piste incertaine qui le relie a "la
ville". L'instituteur prend un conge et le chef du village lui attribue
comme remplacante une fille de 13 ans, Wei Minzhi, avec plusieurs
recommandations, ne pas gacher les craies, et surtout ne pas en laisser
repartir un seul, pusque les eleves de ces regions ont la facheuse
tendance de partir travailler en ville pour ramener de l'argent a leurs
parents.
La petite institutrice, a d'abord bien du mal a contenir ses eleves, qui
ne veulent pas recopier les textes, se chamaillent... elle est
totalement debordee quand les selectionneurs du district viennent et
emportent une de ses eleves. Puis un jour le turbulent Zhang Huike ne
vient pas, il est parti en ville trouver de l'argent pour soigner sa
mere, alors Wei Minzhi decide de partir le chercher, c'est la que
commence la galere pour elle en ville.
A noter que malgre l'exotisme de la vie dans les campagnes chinoises, on
suit tout de meme rigoureusement le plan scenaristique hollywoodien tel
que decrit par Vincent David recemment ("Dramaturgie et 6eme sens").
L'IMAGE: Les cadrages rappellent beaucoup ceux de "Qiu Ju, une femme
chinoise" (ca tombe bien, c'est du meme realisateur). Des plans assez
poses quand l'action se deroule a la campagne, assez larges pour que
l'on voit le personnage et le decor (maisons, montagnes, ...), avec
beaucoup d'espace, de l'air. Beaucoup de quietude qui se degage de ces
plans, meme quand il y a des courses, des heurts entre eleves, on ne
sent pas d'urgence.
Une fois en ville, tout change. Le montage se fait plus nerveux, on
passe plus rapidement d'un plan a l'autre, la camera semble ne plus
totalement reussir a suivre l'institutrice, les repliques se font plus
rapidement, plus violamment aussi. Et puis cela se calme pendant la
nuit, pour reprendre comme un coup de feu au reveil.
LE MELANGE: deja, on peut se feliciter du changement de rythme entre la
campagne et la ville, meme si on a deja pu l'admirer dans "Qiu Ju",
c'est visuellement assez bien mene, et le contraste est d'autant plus
saisissant que les premieres images en ville suivent celles de la marche
a pied de l'institutrice, cadree tres large au milieu des paysages, sans
beaucoup de bruits, bref beau contraste, bien amene.
L'histoire en elle-meme n'est pas franchement palpitante, elle est
inspiree de faits reels, et tant qu'a s'en detacher un peu, on pourra en
profiter pour regarder un peu a quoi ressemble la Chine aujourd'hui. Le
joyeux meli-melo entre voitures et velos en ville, l'entraide naturelle,
mais pas gratuite, qui permet a ceux qui ont faim de manger un peu. Et
un peu de fraternite comme ca, ca fait toujours un peu de bien un
dimanche soir. Et puis il y a les chants, l'administration
toute-puissante, et la toujours delicieuse interpellation "eh,
camarade...".
Le fait marquant du film, ce sont les acteurs. Tout d'abord, il y en a
quelques uns qui apparaissent sous leur vrai nom dans le film.
L'institutrice Wei Minzhi dans le film est interpretee par une jeune
fille qui s'appelle Wei Minzhi, tout comme Zhang Huike, l'instituteur
Gao, et quelques autres plus anodins. Beaucoup des seconds roles sont
tenus par des gens qui ont dans la vie un metier tres proche de leur
personnage, la speakerine de la gare est jouee par une responsable de la
diffusion d'une radio, le directeur de la TV est joue par un directeur
d'un departement de la tele d'etat, etc... C'est un detail tres amusant,
qui fait poser la question "bon et ca donne quoi ?". Alors soit je dis
que ca ne donne pas grand-chose d'extraordinaire, soit plus honnetement
j'avoue qu'il doit falloir etre plus chinois que moi pour y voir une
difference avec l'emploi d'acteurs pour tous les roles. Soit aussi il
n'y avait aucun but, mais c'etait plus pratique, pour les repliques, les
decors, que sais-je encore.
Enfin malheureusement la fin est vraiment typiquement americaine, et je
me passe de la commenter, si vous le voulez bien.
PETIT JEU: allez le voir en VO, et essayez d'entendre dans les dialogues
les noms qui apparaissent dans les sous-titrages...
PETITE MINUTE CULTURELLE: en Chine, les gens sont toujours designes par
leur nom complet, dans l'ordre nom de famille puis prenom. Zhang Huike
est donc de la famille des Zhang et son prenom est Huike. En ce moment
il y a un grand debat en Chine sur la rarefaction des prenoms et noms de
famille, puisque dans les grandes villes on ne compte plus les Zhang,
Li, Tcheng, Tchou pour noms de famille. Les journaux n'en finissent plus
de raconter les bourdes administratives dues a des confusions
d'etat-civil, ce qui a amene des personnes a etre jugees, arretees,
voire meme operees par erreur.
C'etait la petite minute culturelle pour dire que plus on en a, et plus
on l'etale :-)
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Juju-Julien Rossi
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