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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] faut-il descendre Mrs Tingle ?
Ce film ne semble pas défouler les foules de frcd, et comme personne n'a rien à dire sur ce film, je m'y attelle donc: "Mrs Tingle" (http://us.imdb.com/Title?0133046) est le premier film de Kevin Williamson en tant que réalisateur. Il en a bien sûr écrit aussi le script, lui le scénariste des "Scream" ou de "I know what you did last summer". Si certaines personnes (sur frcd) critiquent le talent de Williamson en tant que scénariste, je le trouve moi particulièrement innovateur et doué, comme le fut Tarantino il y a quelques années. Le scénar de "Scream" est en effet un petit bijou, un coktail de réjouissances : hommage aux films gores, films "teen" avec de zolies étudiantes et de bandes de potes où l'amitié cache beaucoup de choses, critique des média, référence directe et ironique dans les dialogues aux techniques cinématographiques et scénaristiques, une ambiance frissonante soutenue... en somme un scénar qui cumule le 1er et 2nd degré comme je les aime (cf "Starship Troopers"). Les "Scream" suivants sont sympas aussi : allusions caustiques aux films du genre le retour de la revanche, "réflexion" sur les trilogies... Celui de "... last summer" est plus conventionnel mais toujours aussi flippant. En tout cas pour moi, le mérite de KW est d'avoir révélé dans "ses" films la nouvelle génération d'actrices et d'acteurs hollywoodiens (Sarah Michelle Gellar, Neve Campbell, Jennifer Love Hewitt, Katie Holmes, Ryan Phillippe, Freddie Prinze Jr.) que je trouve particulièrement bons ( certes leur physique y est pour beaucoup dans leur succès, mais ce sont réellement des actrices et acteurs talentueux, qui ont souvent bossé très dur et ce très tôt, et, par ailleurs, KW leur a souvent donné des personnages forts qui font tout leur charme (cf l'invincible Neve dans la trilogie "Scream", l'irrésistible Love dans les "... last summer", la déterminée Kate dans "Mrs Tingle", etc... Ce qu'on rapproche à KW en fait, c'est d'épuiser à fond le filon ouvert par "Scream" (il a signé "Halloween: 20 ans après"), mais c'est peut-être un ultime pied de nez aux films d'horreur des années 70-80 qui avaient l'habitude de se décliner en moult opus ! (ouais je sais l'argumentation est un peu facile ;-) ) Tiens à propos d'hommages et de parodies, je suis tombé sur un "I Know What You Screamed Last Summer",1999 (http://us.imdb.com/Title?0212235) en fouinant sur IMDb... est-ce une parodie ? un fake ? Par ailleurs KW est le producteur de Dawson's Creek, et scénariste de certains épisodes. Cette série est à mon avis un grand succès, qui touche bien plus que la cible des 15 ans qu'elle semble toucher "naturellement" (d'ailleurs ses acteurs ont entre 17 et 20 ans !) : elle parle des ados sans tomber dans le banal quotidien à la sitcom culcul, aborde des sujets directement (sexualité en premier), utilise des techniques cinématographiques loin des sitcoms (décors naturels à couper le souffle, pas d'affreux lieux ubains genre la cafette, ou l'appart à friends, des travelling verticaux, horizontaux, circulaires dans tous les sens), manie un humour "teen" jubilatoire, manie un autre humour 2nd degré, celui des références à de nombreux films (dans les titres, les dialogues, le scénar-même [Dawson qui veut devenir un futur Spielberg]), s'entoure d'une BO détonnante (genre rock alternatif/romantique) et enfin décrit des personnages très attachants (pas forcément attirants, mais dont on a envie de suivre les aventures à travers les épisodes [ce qui est le propre d'une série à succès ;-)], comme AllyMcBeal ou Friends). En résumé l'oeuvre de KW est pour moi jusqu'à maintenant synonyme de succès, d'innovation et de jubilation. Et si ses scénars sont si "puissants" et "juteux", c'est certainement parce qu'ils manient avec finesse le 1er degré (ados hystériques en fleurs avec des débardeurs si collants que l'on voit leurs mamelons tresaillir au moindre coup de couteau ou de crochet [faut-il vous faire un dessin ?], ambiance horrifique et suspens prenant de tout bon slash-movie, ...) qui fait appel aux instincts "animaux" de l'Homme (homme en ce qui me concerne, mais ça doit marcher aussi chez la gent féminine, avec des Ryan Phillipe au musclé torse ou des Dawson tout mimi), et le second degré (références aux films, dialogues et réflexions psychologiques assez poussés [oui oui je l'affirme, cf Dawson] ) qui fait appel à l'intelligence du spectateur (qui se croit donc intelligent _ ce qui est mon cas _ car il a repéré ces traits 2nd degré ou assimilé ces réflexions sur la Vie), tout en profitant des impressionnantes techniques du cinéma moderne (américain ? euhm euhm je ne dirais pas cela, sinon je risque le lynchage organisé ;-) ), loin de tout dogma à la con. Ainsi pour re-résumer, et si j'étais un Luchini, je dirais que la magnificence des films de KW réside dans le fait qu'il interpelle, de par leur beauté générale première et de par sa munificence en clins d'oeils, l'Homme dans toute son humanité... Wouah KW serait-il donc LE scénariste humaniste de cette fin de siècle ? ;-) Bon, trêve de disgression (je me fais penser à mon *regretté* prof de philo dont les intros de chapitres équivalaient en longeur aux corps ce ceux-ci), passons à notre Tingle qui nous intéresse plus particulièrement : !!! danger spoiler potentiel !!! Déjà il faut signaler que le titre (simplement "Mrs Tingle" en France) est "Teaching Mrs Tingle" aux USA, mais qu'il était "Killing Mrs Tingle" originellement. En effet, les puritains US n'ont pas trop aimé cette histoire de kinapping de prof acariâtre (faut dire qu'ils ont leur compte avec les massacres doomesques in-muro dans les High Schools), et le film y est PG-13 (tandis qu'en France, je crois que c'est "pour tous"). Ce qui frappe en premier dans ce film, c'est son style qui balance constamment entre le film "teen" de base, la comédie savoureuse, le thriller angoissant et le huis-clos psychologique. Mais c'est peut-être plutôt un pot-pourri qu'un savant coktail... L'aspect "teen" est omniprésent avec les séquences outdoor des lycéens se chamaillant, l'opposition traditionnelle entre élèves et profs, l'amitié complotante entre 2 filles, le triangle 2 filles - 1 garçon, la séquence finale en uniforme de la remise des diplômes... La comédie se situe dans l'opposition amusante entre Mrs Tingle et ses collègues, dans l'invraisemblance de certains scènes, notamment celles de l'arbalète (la pôôve Trudie Tucker, chouchoute de service à la Clueless, manque par 2 reprises de se faire trucider par le carreau d'une arbalète, et doit sa survie au sacrosaint manuel scolaire)... D'ailleurs cette arbalète qui joue un rôle très important dans ce film, comme si elle incarnait un personnage à part entière, confirme le ton de comédie, car KW aurait pu utiliser un banal flingue, ce qui aurait fait basculer le film dans le genre "délinquance juvénile". Or l'histoire se passe non dans un bahut d'une quelconque zone, mais dans un normal lycéen tendance WASP d'une petite ville paumée de l'Amérique profonde (que semble affectionner tout particulièrement KW, comme si ses origines étaient là-bas [je n'en ai aucune idée, je suis pas fan de KW au point de me taper toute sa bio ;-) ] ). L'humour est très présent, notamment grâce au fantasque personnage de Jo Jordan, incarné par la talentueuse et pulpeuse (ne croyais pas que je confond le talent avec le sex-appeal, je remarque simplement que les actrices de KW sont à la fois talentueuse et sexy, d'où peut-être son génie et son succès) Marisa Coughlan. Elle joue en effet une actress-wannabe (tiens encore ce lien, cette mise-en-abyme avec le cinéma) apparemment superficielle mais intelligente à la longue, qui nous fait déjà des caprices de starlette et qui nous pond une performante imitation de la scène de l'Exorciste (encore ce lien avec les films d'horreur culte, qui ont marqué des générations d'ados [selon KW du moins] ). La découverte des relations sado-maso qu'affectionne l'austère vieille peau qu'est Tingle est funny, surtout qu'on comprend mieux pourquoi elle prend son pied à être ligotée dans son lit, et à martyriser psychologiquement ses élèves apprentis-kidnappeurs. Ce que j'ai particulièrement apprécier c'est le fait que le film surprend à posteriori car jamais il ne sombre dans le gore et l'hémoglobine (ou très peu), et que ni Tingle, ni les 3 ados ne sont tués, ce qu'on pouvait attendre de KW et du titre original. De même dès qu'on voit le gentil petit chienchien à sa mémère, on se doute qu'il va y passer dans un bain de sang, et ben non ! ;-) (certains diront que KW vieillit...) C'est donc bien une comédie, avec un happy end comme il se doit. D'autres références cinématographiques m'ont apparues, notamment au niveau des noms des personnages : ainsi Jo est aussi le nickname de Josephine Potter dans "Dawson" (~ Joe), le principal s'appelle aussi Potter, et les noms de Jordan et Brian se retrouvent chez les personnages masculins de la série "Angela", l'anti-Dawson. D'aucuns diront que je cherche la petite bête (je l'aime bien elle) là où elle n'est pas, ou que KW n'a pas beaucoup d'imagination, mais bon... Sinon il faut souligner, que dis-je, acclamer le jeu de Katie Holmes. Elle joue à la perfection la teenager bucheuse qui en en veut, qui veut réussir pour quitter son patelin, et qui, au gré des circonstances, sera déterminée à tout faire pour y parvenir. Le personnage ressemble un peu à celui de Joe de Dawson: tétu, parfois désemparé, qui va faire la découverte de la sexualité. Mais bon, son chevalier servant ne manie pas la caméra comme Dawson mais une arbalète, et ressemble étrangement au copain d'Angela... Bon pour être franc, (c'est grâce à KH et non à KW que j'ai été voir ce soi-disant navet) ce film ne donne pas toutes les possibilités à Katie Holmes de rayonner comme Neve Campbell dans "Scream", et sa prestation est un peu vampirisée par sa vamp de copine. N'ayant pu voir "Go" (à cause d'une lamentable distribution en France), j'attend toujours de voir le film qui la révèlera vraiment. En bref, c'est une bonne comédie divertissante avec un léger goût screamien (mais léger, car le suspens propre aux films de genre n'est [volontairement ?] pas soutenu), avec 2 actrices de talent, mais ce n'est point du tout un chef d'oeuvre innovant. A consommer donc comme un film popcorn (Argh ! ce sont les anti-WTO qui vont m'enflammer c'te fois). PS : vous remarquerez que je n'ai presque rien dit sur Mrs Tingle, la machiavélique, manipulatrice et acerbe prof d'histoire qui s'adonne à la martyrisation des élèves... pour une comédie, le personnage n'est pas assez caricatural, et pour un film d'horreur, le personnage n'est pas assez félé et ne fait pas assez peur... de plus l'actrice est quelconque... -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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