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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Fight Club : une bombe !
!!! Attention ce post est sujet à spoiler le suspense du futur spectateur de FC !!! Ce film est tellement riche qu'il est difficile de savoir par où commencer (d'ailleurs le narrateur ne sait pas trop lui non plus) pour appréhender ses multiples facettes, et, pour rester dans le ton du film, je me passerai d'une quelconque structure qui pourrait tendre au formatage uniformisant de l'esprit des lecteurs... Voilà donc en vrac et à chaud les différentes émotions et réflexions que ce film m'inspire, prenez ce qui vous chante, enflammez ce qui vous fâche : Tout d'abord il me faut louer le talent du génial réalisateur qu'est cet artificier de Fincher à qui l'on doit notamment le percutant, dérangeant et glauquissime Se7en, avec d'ailleurs un Brad Pitt déjà exceptionnel. Cet acteur confirme dans FC qu'il est un excellent acteur après sa prestation et sa prestance dans Se7en et dans l'Armée des 12 Singes, loin de son image de sex-symbol (qui du côté de la gent masculine peut le rendre éminemment antipathique ;-) ). Son acolyte Edward Norton est lui aussi époustouflant, et ajoute encore à son palmarès un rôle très difficile... Ce film noir par excellence est emprunt d'une philosphie anti- conformiste, anarchisante, qui crache sur notre société de consommation, dont les valeurs reines sont l'ultra-matérialisme et l'argent, où la quête d'un simili-bonheur se confine à l'autosatisfiction par l'ammoncellement de biens "formatés" pour les masses (cf les ikea people), où les sentiments se perdent parmi l'insensibilité du capitalisme & consort (cf les calculs de statistiques morbides sur les accidents de voiture), où les "acteurs" vivants sont plutôt des zombis passifs (la gueule d'insomniaque déterré du narrateur est assez révélatrice ;-) )... Le Fight Club est une réaction contre ce système bien huilé, une explosion dans ses rouages, un désir de le détruire pour tout recommencer à zéro (cf l'annihilation de l'ikea appart, la destruction finale des gratte-ciel, sièges des banques symboles de ce système), un retour à la source, à la véritable nature humaine, aux forces humaines primitives (le sexe bestial, le combat à mains nues, le non-dégout de la saleté...). Par ailleurs le côté suicidaire des personnages, qui se shootent à l'adrédraline qui découle des combats, du sexe, ou du voisinage de la mort, les nombreuses scènes de nuit dans des décors genre quartiers industriels en décomposition renforcent l'aspect destroy du film. Mais le Fight-Club ne devient quand même finalement avec son projet Chaos qu'une espèce de groupuscule extrémiste avec des nazillons endoctrinés (tiens Norton a joué un rôle de nazi dans son précédent ilm...), caricaturaux dont le film se moque avec les scènes d'obédience ultime, des règles et des devoirs (devoir-duty et devoir-homework) du FC à suivre à la lettre, de la propension à santuariser leurs martyrs et à répéter religieusement les paroles de leur leader... etc... L'humour est très présent, très noir (cf statistiques des accidents, le flingage de gueule final, le non-respect de la mort et des morts, Marla fumant comme une pompier chez les tuberculeux anonymes), souvent scatologique et graveleux [pour les amateurs ;-) ] (cf les gags dans le resto, les nombreuses répliques sur les testicules, la demande d'une ultime baise par une médicalement condamnée à mort, les ébats sexuels plus que bruyants, les images subliminales porno dans des films Disney- like, etc...). Un humour tout particulier que j'ai apprécié est celui de l'auto-dérision cinématographique (à la Scream) avec de nombreuses références au techniques scénaristiques (et même celles des projectionnistes !) [cf moment de la "commutation", "humour flashback", truc des brûlures de cigarettes...]. Le coup des images subliminales porno est assez "génial", et on se doute bien que le film doit en être truffé.. j'ai pour ma part aperçu une sorte de personnage StarTrekien très fugace lors d'un réveil et descente de trip du narrateur. Mais si je l'ai vue et en suis conscient, alors cette image n'est pas réellement subliminale et a été incrustée volontairement de façon à être vue et prise pour subliminale... Ca peut être vu comme une dénonciation de ce procédé machiavélique dont on a accusé nombre de messages publicitaires d'en abuser sur nos p'tites têtes de consommateurs baisés... L'humour fait aussi référence à des courants de pensée assez communs aux USA en cette fin de millénaire, comme la paranoïa ambiante, le complot omniprésent et omnipotent (derrière de nombreux citoyens "normaux" se cachent des membres de FC, cf le passage hilarant des flics dans le coup...) L'humour se révèle en tout cas souvent très cocasse, et mes passages favoris sont ceux des réunions de malades en tout-genre, et la répartition de celle-ci entre le narrateur et la défoncée Marla, ou encore la grotte personnelle avec le pingouin, animal connoté d'une grande maladresse... Les personnages sont tous atypiques, félés, défoncés, ce qui rend le film encore plus singulier. Mais ce qui frappe dans FC, c'est justement les sentiments forts qu'il inspire, qu'inspire ses personnages et ses scènes... Certaines sont touchantes, comme celles des réunions typiquement américaines de thérapie par le dialogue intime entre mêmes amis de galère, avec le personnage attachant de l'obèse aux seins volumineux... D'autres sont dérangeantes (la scène de la torture chimique), voire choquantes : la scène d'une fillette pleurant dans le ciné, ayant subi les images subliminales porno, est révulsante à mon goût, car allégorique d'un viol, et ne peut en aucun cas être accepté par mon sens de l'humour noir... Techniquement ce film est un pur chef d'oeuvre, avec notamment la scène fictive de la collision aérienne, les scènes de zoom planant et speedées sur les objets pyrotechniques, la scène de la pièce tout droit sortie du catalogue ikea, et bien sûr la scène finale, grandiose apothéose qui touche au sublime !! D'autres effets visuels et sonores sont hallucinants (c'est le cas de le dire) comme les trips et réveils de l'insomniaque, les ronds de fumée de Marla (on se croirait dans une vidéo pour smokers obsessionnels qui prennent leur pied en matant de pulpeuses bouches exhalant des vagues de fumée... un must anti-conventionnel dans l'uniformisation bien-pensante hollywoodienne) Pour finir il faut célébrer aussi le génie du scénario, tordu à souhait, avec le flashback narrateur à la Pulp Fiction, l'exploitation réussie du syndrôme de dédoublement de personnalités dont souffre le personnage déjanté et irrémédiablement cinglé que joue Norton. On comprend que ce film soit classé "interdit aux moins de 16 ans", de par sa violence omniprésente (violence générale : mentale, physique, verbale,...), son caractère ultra-pessimiste que des faibles du bulbe pourraient prendre comme un appel pur et simple à la révolte, à la prise des armes contre le Système, à l'Anarchie... je ne prétends pas comprendre le message ultime du film _s'il y en a un_, mais reconnaissons que ce film est potentiellement très influent... En résumé, c'est pour moi LE film de l'année (même si d'autres le talonnent, comme Matrix, The 13th Floor, et bientôt Jin-Roh et Tarzan... oui oui le Tarzan de Disney ;-) ) A "consommer" (euhm euhm ;-) ) sans modération !!! (et n'oubliez pas d'achetez dans un futur proche la TVHD son 3D spatial et tout le toutim, le lecteur de DVD, le DVD avec le making-of, les goodies et autres spin-off pour profiter un max de ce produit...) -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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