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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] A straight story
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] Mon petit avis à moi sur "A straight Story" le dernier film de David Lynch. SPOILERS (pas beaucoup mais un peu quand-même). En fait, ce film, bien que hanté par la mort, est très zen. Un peu comme le récent "Ghost Dog" de Jarmusch. Bon alors bien sûr, monsieur Straight (j'ai oublié son prénom), le personnage principal, n'est pas un samouraï (ou bien j'ai loupé les scènes ou il s'entrainait aux arts martiaux avec ses deux cannes...). Seulement, comme il va retrouver son frère qui risque de passer l'arme à gauche, et qu'il est lui-même assez vieux et pas très en forme, et qu'il se remémore les souvenirs pas tous roses de sa longue vie, eh ben, y a comme un arrière goût de tristesse. En fait, c'est ça qui est bien dans ce film. Les drames ne sont pas mis en avant même s'ils sont bien présents, car le personnage principal ne se noie pas dans ses souvenirs. Il apprécie des choses toutes simples comme fumer un cigare, se lier avec des inconnus, ou contempler les champs de blé en voyageant sur sa tondeuse à gazon. C'est donc le seul film de Lynch qui ne soit pas dramatique (au sens du drame dans un film de genre), même si on croise les obsessions habituelles du cinéaste, notamment quelques personnages aux attitudes décalées. Mais là, le décalage des personnages n'est pas le moyen de sous-entendre des mondes intérieurs glauques (comme dans ses films précédents). Disons que maintenant, la bizzarerie ne semble plus torturer Lynch. Elle fait partie de la vie. Il l'accepte tranquillement, comme son personnage principal accepte tout ce qu'il a vécu et le fait qu'il s'approche de la mort. Donc, pour ce qui est de la "galerie de personnages", un truc cher à Lynch, on voit dans ce film des vieux aux réactions très lentes (qui font sourire), une femme victime d'une drôle de malédiction (un doux parfum de fantastique), des jumeaux pas très bons en affaires, des gens qui regardent les pompiers éteindre un incendie en restant avachis sur des transats... Et, c'est une première chez Lynch: ce sont tous des personnages plutôt sympathiques. Une vision douce-amère de la vie, un brin amusée et finalement apaisante, pour un film qui arrive à nous faire planer avec trois fois rien (Ah ! ces plans aériens des champs de blé portés par la musique de Badalmenti -quoique je ne sais pas s'il s'agit de Badalmenti, car il y a toujours une ribambelle d'artistes sur les BO de Lynch-). Par contre, il y a comme un goût amer quand la fin du voyage de Straight s'annonce. En fait, même s'il lui tient à coeur de retrouver son frère, je me suis laissé dire que ce voyage était la chose la plus dépaysante, aventureuse, poétique, qui lui soit arrivé depuis un bon bout de temps, à ce brave bonhomme, alors, personnellement, j'ai espéré qu'il continuerait à voyager sans fin sur son tracteur. Mais bon, je crois qu'on n'est plus sur l'autoroute cyclique de "Lost higway"... Cédric. -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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