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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Crying Freeman
TALKING ABOUT CRYING FREEMAN
On a beau me dire que c'est un Manga, qu'il ne faut pas se prendre
la tete, etc... Si on te tire dessus, meme si tu ne meurs pas, tu
encaisses au moins les balles, arretons le délire ! Le Freeman est en
pleine rue, une vingtaine d'hommes sensés etre des professionnels le
canardent, le Freeman n'a aucun endroit pour se mettre a couvert, et
bien non, ils le ratent (il justifie de temps a autre cette chance
extreme en effectuant une roulade) Il faut bien avouer que ces
sous-doués attendent chacun leur tour pour tirer, un peu comme au
rayon fromage a la coupe des supermarchés, tu prends un ticket et tu
fais la queue avant d'etre servi... Et une fois qu'ils se mettent a
tirer, au lieu de viser correctement, ces crétins se lancent dans des
sauts a la "Fame", visant au hasard !
Mais il est vrai qu'il faut regarder ce film dans l'esprit...
Parlons aussi de l'immuable "méchant de service" que le Freeman
fusille au pistolet mitrailleur (a bout portant) puis lui assene un
coup de couteau. Une fois notre ami le Freeman parti, il se releve
sans le moindre léger pli ou trou au costume trois pieces qui
l'habille puis on lui enleve tranquillement le couteau qu'il a enfoncé
sur dix centimetres dans le dos et le voila reparti presque en
sifflotant.
Mais il est certain qu'il faut regarder ce film dans l'esprit...
Citons aussi les deux inspects qui poursuivent une voiture, l'un d'eux
( une femme ) lâche a peu prés ces mots "en roulant comme ça, nous
sommes certain d'avoir un accident ! " (pas farouche pour un flic) et
cinq secondes trente quatre centiemes plus tard, ils se plantent
lamentablement. Apres etre sorti du véhicule, l'inspecteur (l'autre,
un homme) tend sa main a Madame Soleil et la "toto mobile"
explose. Mais le courageux monsieur, lui, n'a rien, c'est tellement
compréhensible ! Il était tout de meme a un bon metre de la et le dos
tourné de surcroît (ah, ça explique tout, un instant j'ai cru qu'on me
prenait pour un con...)
Mais il est instamment recommandé de voir ce film dans l'esprit...
Ah, quel comique aussi le partenaire du Freeman ! Qui armé de son fusil a
lunette se positionne de maniere on ne peut plus flagrante au dessus d'un
petit immeuble pour "shooter" le Big Boss (paix a son âme) des Yakusa. Mais
c'est bien sur évident, ses hommes de mains ne le remarquent pas; il est
vrai qu'ils ne discerneraient meme pas la différence entre un Ivory et un
John Woo.
Voila donc l'habile "Sniper" tirant allégrement a la balle explosive sur les
malheureux véhicules Yakusa parqués devant le commissariat, ceux-ci
explosant chacun leur tour (c'est un film d'action, il faut le justifier par
quelques effets pyrotechniques ), il ne lui viendrait pas a l'esprit de
viser leur chef, qui est pourtant la cible principale de cette embuscade, il
laisse cette sinécure au Freeman qui s'en acquitte d'ailleurs avec son
habituelle réussite...
Mais il est évident qu'il faut suivre ce film dans l'esprit...
Soulignons aussi quelques répliques monumentales qui retourneraient le
cerveau d'un Karpov (voir d'un Kasparov) par leur complexité scientifiques.
Il faut deux a trois minutes au Freeman pour lâcher ces paroles débordantes
de force :" Mon nom est Yo !" (faisant certainement référence subtilement
a son maître spirituel Kool Shen, représentant majeur de la neurones
dilatée et cousin éloigné de Richard Keil (je sais Richard, ce n'est pas te
faire hommage que de révéler cette indiscrétion, pardonne moi) Et il y a
aussi celle qui est certainement la meilleure du film, d'autant plus qu'elle
en est la derniere, quand la voix off lance, portée par la grâce, une phrase
de conclusion dotée d'une puissance nucléaire se résumant a peu pret a ces
quelques mots : "ou que l'on aille, il y aura toujours des méchants pour
nous embeter !" ( toute la salle s'est évanouie d'émotions...).
Il est vrai que cette invective ferait passer les propos de Freud pour le
psychologue d'OK podium et les écrits de Voltaire pour l'édito de Midi
Olympique.
Mais il est bien sur conseillé de visionner ce film dans l'esprit...
Qu'il est terrorisant aussi le "vilain" chef des "Fils du Dragon" (serait
ce Jeanne Calmant en guest star ?) avec son resplendissant minois de Muppet
et sa délicate chevelure de sorciere de série Z.
On nous dit aussi que le Freeman est un homme libre (forcément), mais qu'en
est-il réellement ? Tout au long du film il est manipulé -- et contraint
d'obéir a son commandeur. Libre, il ne l'est qu'a la fin, une fois sa
"démission" prononcée.
Quelle ne fut pas aussi ma surprise d'apprendre que ce bouché de Freeman a
pour violon d'Ingres la poterie !
Pourquoi non plus ne pas nous montrer le Freeman en pantoufles, passant au
four, vetu de ses gants et de son tablier de cuisine, ses pâtés en croutes
disposés dans de ravissants petits plats constitués de ses mains expertes
pendant que sa femme tricote prés du feu et que ses enfants jouent a la
balançoire dans la cour de leur doux pavillon de province ?
Mais il est souhaitable de regarder ce film dans l'esprit...
Évoquons aussi ce moment d'une intelligence rare ou le Freeman, pris dans un
"merdier", balaye d'un oeil avisé la composition de son arsenal, délaissant
pistolets mitrailleurs, M 16, et autres armes d'un gros calibre afin d'opter
pour un vulgaire "automatique" (c'était vers la fin du film, il devait y
avoir des restrictions budgétaires...)
Et pourquoi donc le Freeman fait-il exploser son quartier général par
l'intermédiaire d'une bombe a retardement calée sur trois minutes et qui
explose au moins deux minutes apres le délai prévu ?
Ridicule aussi, la scene d'anthologie ou le Freeman lance son couteau (qui
failli ne pas redescendre sous l'effet de l'apesanteur), élimine cinq ou six
sbires (apparemment des ex-figurants du Benny Hill Show) bien peu inspirés
(ils avaient du lire le script), le réceptionne impeccablement, et la , un
genre de guerriere Geisha, manifestement consentante, vient s'empaler
joyeusement sur le redoutable objet de métal, qui d'apres le Freeman, fait
gicler le sang une fois son retrait effectué et laisse pour morte la
personne qui en est victime; en effet, le sang gicle mais la dame ne meurt
pas...
Mais il va de soi qu'il est prescrit de voir ce film dans l'esprit...
Enfin, le cadrage et les plans de quelques scenes ne sont pas trop commun
mais la longueur de certains passages efface assez rapidement leurs effets
peu conventionnels.
Freeman, le tueur a la l'arme a l'oeil, a quand le tueur a la morve au nez !
Que ce "trop long" métrage croupisse dans les profondeurs abyssales des
productions naviesques les plus infâmes jamais réalisées...
Visiblement, je n'ai pas " l'esprit "...
Ch' Big Boss.
chbig.boss@freesbee.fr
--
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