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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Ghost Dog: Quelques mots...
GHOST DOG Un film de Jim Jarmusch (scénario et réalisation) avec Forest Whitaker, John Tormey, Isaak de Bankolé. 1h56. Quelques mots... Une fois n'est pas coutume, le magazine de cinéma «Première » nous propose une critique absolument nulle du film de Jarmusch. Passons, je ne piocherai donc aujourd'hui chez personne pour faire la critique de ce film. Une de mes anciennes professeur de cinéma, critique chez «Positif » me l'a déjà dit : Il ne faut pas dire explicitement que l'on a aimé ou pas le film que l'on critique. Il faut savoir le faire sentir aux autres sans avoir à l'écrire; je ne vous dirai donc pas que ce film m'a vraiment plu. Un samouraï dans un monde autre que celui du Japon des temps anciens. Il évolue dans un univers où des gens comme lui sont. Ces individus sont anonymes. Le samouraï les respecte, les tue. L'homme qu'il est est aussi, paradoxalement, mort. Il n'évolue dans un espace donné que pour son vassal, sorte de mafieu lui ayant sauvé la vie jadis. Il lui prouve sa reconnaissance en le servant. Mais il a commis une faute, tué une personne qu'il n'aurait pas du tuer-- Ghost Dog est un professionnel. Il ne se laissera pas prendre, et tel le samouraï à qui l'on tranche la tête se vengera juste avant de mourir. Commençons par la fin. Car comme Jarmusch nous le fait savoir avant de conclure son film, rien n'est plus beau qu'une fin. Elle préserve le souvenir. Ne pas savoir conclure quand il faut, c'est risquer de tout gâcher. Et tout gâcher, ce serait vraiment con. Ce serait même oublier les premiers plans, qui, malgré leur banalité nous absorbent. Quelques plans en hélicoptère sur la ville sombre, et, une pigeon dans le ciel. Ce que voit le pigeon ? La ville. Laquelle ? Une ville existant apparemment réellement, mais passée à travers l'objectif de Jarmusch, ce n' est plus la même. Comme toujours, il fait de la réalité sa réalité. Et avec pas beaucoup d'argent, il nous fait rêver mais aussi penser. Ghost Dog le philosophe exécute sa mission. Il tue et repart sans se questionner. Il est avant tout samouraï et doit aller de l'avant. Le plus simple pour éviter l'averse nous lit-il dans un des nombreux plans s' entrelaçant par un fondu enchaîné avec un carton de texte, c'est d'accepter de se faire tremper. Une fois la « notion acquise », plus de problème ? Alors, il tue et c'est tout. Quand il prend une décision, c'est en moins de sept respirations. Il faut savoir ce que l'on veut et le faire, tout le reste n'est qu'esbroufe. On ne peu s'empêcher de songer à la richesse de cette oeuvre. Interprétable à souhait, belle tout simplement. Ghost Dog, c'est trois fois rien d'histoire et beaucoup de vies. C'est ces inconnus que l'excellent Forest Whitaker voit au volant des voitures qu'il vole afin d'accomplir ses missions, ce sont les frères. Il leur dit bonjour dans la rue, point. Son meilleur amis est un marchant de glaces français, et Ghost Dog ne comprend pas un mot de français. C'est du moins ce qu'il pense, car sans comprendre la langue, il transcrit en anglais tout ce que dit l'autre. C'est ça ses rapports avec les gens. C'est aussi sûrement les notre : alors que l'on croit ne pas se comprendre, tout passe mais sans que nous en ayons conscience. Peut-être-- mais peut-être pas. Virtuose du flingue, s'entraînant avec des sabres, Ghost Dog passe à travers la vie. Le chien le suivant part dès qu'il le lui demande, mais c'est pour mieux le retrouver par la suite. Si lui meurt, la petite fille qu'il croise un jour dans un parc finit par lire le livre du samouraï. Qui sait ce qu' elle en fera, est-elle la réapparition ? Il y a des causes-- et les conséquences viennent ensuite. La vie est une succession de moments au présent, vivons simplement sans trop se demander semble nous dire le film. On ne peut revenir en arrière, vivons alors pleinement le présent, quel qu' il soit-- et il sera certainement meilleur. Raphaël RICHARD http://membres.tripod.fr/cinefilm article tiré de la liste de diff: abonnement-cinefilm@club.voila.fr -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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