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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Jeanne d'Arc de Luc Besson
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] [Minis-Spoilers] Le dernier film de Luc Besson est un petit chef d'oeuvre. Si s'attaquer à cette figure mythique du patrimoine francais, n'était, et ne s'est pas faite sans danger (le montage est assez moderne, la musique n'est pas d'époque et la véracité historique de certains passages restent à prouver...) le but de ce "Jeanne d'Arc" n'est en aucun cas le film historique. Ni l'épopée hollywoodienne et épique à la Braveheart. C'est également un film, en dehors de la mise en scène, complètement différent de ceux que Besson avait réalisé jusqu'alors. Finis les personnages mannichéens de Léon ou du cinquième élément, exit le combat du bien et du mal. Le dernier film de Besson nous montre une héroïne en proie à la folie, puis au doute et enfin au remords. Exemplaire Milla Jovovich qui nous fait assez vite oublier sa notoriété de "top model" pour un personnage emporté par ses passions et son inconscient. Je n'en suis pas sûr, mais je crois bien que c'est le premier Jeanne d'Arc qui démythifie le personnage historique par une approche plus "Freudienne" de cette jeune femme. Ce qui permet à Besson de dépasser le cliché du simple film historique tout en élargissant un fait de l'histoire de France à une réflexion sur les hommes et la religion. Pour Besson ce qui fait la grandeur de Jeanne, ce n'est pas d'avoir réussi à bouter les anglais hors du royaume de France ni même d'avoir couronné le dauphin et encore moins d'être parvenue à ce qu'elle est alors qu'elle n'était qu'une paysante... Ce qui fait, au XXeme siècle la grandeur du personnage de Jeanne d'Arc, c'est la leçon qu'elle nous donne sur le danger de l'interprétation religieuse. Dans le film de Besson, Jeanne d'Arc est une jeune fille qui traumatisée par le viol et le meurtre de sa soeur, va inconsciemment chercher à se venger des anglais à tout prix et par tous les moyens. Mais après être enfin parvenu à son but, le doute s'empare et sa conscience reprends le dessus. Etait-ce vraiment des signes ? des messages de Dieu ? Finalement, d'elle même le personnage principal s'avouera s'être laissée emportée par son inconscient, ses pulsions. La force de Besson aura été d'avoir masqué le véritable but de son film pendant toute la première partie de son film. Le spectateur se retrouvant alors dans un film on ne peut plus commun et suit le destin extraordinaire d'une jeune paysanne "messagère de Dieu". Mais au fil du temps, des batailles, du sang qui coule, le doute s'installe (voir les couleurs qui disparaissent au fur et à mesure du film) dans le spectateur qui ne suit plus l'héroïne qui sombre dans la folie, qui ne maîtrise plus ses pulsions destructrices. Vient alors son jugement que Besson va séparer en deux catégorie, celui de l'histoire et que tout le monde connaît et celui de Jeanne elle même, qui va elle même remettre en question ses motivations et ses actions. Magnifique idée cinématographique de représenter cette introspection de l'inconscient par un personnage obscur et mystérieux, interprété par un Dustin Hoffman impressionnant. En quoi, le film de Besson n'est ni le dernier navet d'un réalisateur français très critiqué pour la faiblesse de ses scénarios ou le mannichéisme de ses films, ni un film historique raté qui a sacrifié la véracité historique pour le goût du spectaculaire. Besson, en restant au plus proche de Jeanne d'Arc nous fait littéralement vivre ses émotions, ses passions exarcerbées, et ses doutes pour nous faire réfléchir sur la mauvaise interprétation des religions, quelles qu'elles soient et qui a provoqué tants de guerres de la nuit des temps jusqu'à nos jours. Et si, finalement, Jeanne d'Arc, c'était ça ? Dob http://www.multimania.com/elements/ -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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