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[AVIS] Manhattan (Allen, 1979)


  • Subject: [AVIS] Manhattan (Allen, 1979)
  • From: Vincent Fournols <fourvin@cybercable.fr>
  • Date: 5 Oct 1999 11:08:41 GMT
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J'ai revu ce lundi soir "Manhattan" sur Paris Première avec beaucoup de plaisir.

En cours de vision, je trouvais le film, presque calme, ce qui est pour le moins
étonnant, en tous les cas loin de la tension ou du comique ravageurs de "Meurtre
mystérieux à Manhattan" ou "Coups de feu sur Broadway".
Il y a moins de saillies, moins de mots d'esprit (si ce n'est le "don't be so
mature" !!) moins de morceaux de bravoure en somme. 

Et puis le film terminé, il en ressort finalement un genre de perfection.
Peut-être parce que Allen commence en nous amadouant avec un noir et blanc
inoubliable ; peut-être parce que la musique (ici de Gershwin), moins
pléthorique que dans d'autres opus, est en meilleure osmose avec le rythme du
film ; peut-être parce que précisément les personnages sont moins agressifs,
sans parler de l'interprétation assez bouleversante de Muriel Hemingway.

En tous les cas, Allen fait preuve ici d'une maîtrise extraodinaire de la mise
en scène et d'une qualité d'interprétation tout aussi respectable. La séquence
du planétarium est absolument magique (même à la troisième vision), la séquence
du concert de Mozart (où les 3 protagonistes sont assis côtes à côtes) est
fabuleuse de tension muette, et observez le visage de Woody Allen dans la toute
dernière séquence : il a une richesse d'expressions qui raconte toute une vie,
et cette façon qu'il a de détendre son visage au moment où démarre les notes du
grand thème de "Rhapsody in Blue"...

Une chose assez surprenante finalement : en dehors des génériques de début et de
fin et du fameux plan montrant de dos Allen et Keaton assis sur un banc avec le
Washington Bridge (?) en arrière plan au petit jour, il n'y a pas vraiment
d'hommage explicite à Manhattan. D'autres films l'ont mieux fait ("Et tout le
monde riait" de Bogdanovitch, "Desperately seeking Susan" de Seidelman, "Hair"
de Foreman, etc.). Certes, il est difficile de résister à l'émotion du passage
de la dernière scène entre Allen et Hemingway aux vues de Manhattan sur fond
donc de ce fameux thème de Rhapsody in Blue.
Finalement, plus qu'un hommage à Manhattan,  je crois que ce film est finalement
avant tout un hymne serein à l'amour : amour du cinéma, amour de vivre dans sa
ville, amour des femmes et de l'amour !

Je termine avec trois questions de la mort qui tue :

1 - Dans quel film de Woody Allen trouve t'on ce dialogue que je croyais dans
"Manhattan" :
Dans un musée, Woody Allen aborde une jeune femme de but en blanc :
- Qu'est ce que vous faites vendredi prochain ?
- je me suicide...
(What are you doing next Friday ? I'm committing suicide...)

2 - Quels sont les autres films d'Allen dont le générique d'ouverture, comme
"Manhattan" n'est pas l'habituelle suite de cartons ?

3 - Quelle est le nom de la police de caractère utilisée dans tous ces mêmes
génériques ?
--
Vincent Fournols - fourvin@cybercable.fr
Lumière sur le cinéma : http://www.lumiere.org


-- 
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