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[CRITIQUE] Deep Blue Sea de Renny Harlin (1999)


  • Subject: [CRITIQUE] Deep Blue Sea de Renny Harlin (1999)
  • From: goubet@usa.net (Goubet)
  • Date: 26 Sep 1999 09:41:22 GMT
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"Deep Blue Sea" (Peur Bleue) de Renny Harlin, avec Thomas Jane,
Saffron Burrows, Samuel L. Jackson, LL Cool J... Ecrit par Duncan
Kennedy et Donna Powers. 104 min.

Dans la station martime et flottante Aquattica, une poignée de
chercheurs élèvent des requins quelque peu améliorés en vue d'en
extraire des protéine régénérant les tissus neuronaux et rejetant
ainsi le nom d'Alzheimer au passé. A la suite d'un malencontreux
incident pour lequel le pire a été évité de justesse, le patron de la
firme finançant la recherche décide de couper les vivres. La
responsable du projet ne l'entendant pas de cette oreille, elle
l'invite sur la station pour assister à un test décisif. Mais ce
jour-là, un tempête pointe le bout de son nez.

A lire ce résumé, on a tout lieu de craindre un film d'une banalité
affligeante, une sorte de remake technologique de Jaws. Pourtant,
Harlin (Die Hard 2, Cliffhanger, Au revoir à Jamais) a déjà fait la
preuve qu'avec un sujet éculé, on pouvait encore faire un bon film. Et
c'est avec une efficacité endiablée qu'il le prouve encore ici.

Cela faisait longtemps qu'un film ne m'avait plus autant foutu la
pétoche, et encore plus qu'un film n'avait inquiété mes nuits, mon
sommeil hanté cette nuit là par les images terrifiantes exposées dans
le film. Alors que d'autres classiques tels qu'Alien ou Jaws avait
fondé la terreur dans l'inconnu, l'invisible, l'ombre qui rôde et qui
surgit à une vitesse subliminale, Harlin, confronté à un public blasé,
décide de rentrer dedans sans faire de détails.

Deep Blue Sea, il faut le dire, est d'une éprouvante brutalité. Ne
pensez pas que, habitué, vous ne pouvez être surpris, vous le serez,
et vous bondirez sur vos fauteuils. Le film est d'autant plus dur
qu'il est sans merci, cruel: il est impossible de savoir qui va y
passer et qui va s'en sortir, ni même s'il y aura seulement des
survivants, et ce d'autant plus qu'il n'y a aucun acteur connu,
excepté Samuel L. Jackson. Harlin joue sur l'émotion avec un sadisme
peu commun, et insiste sur l'horreur des images: les requins
n'attaquent pas que quand on ne s'y attend pas; au contraire, il sait
faire languir le spectateur terrifié devant l'inéluctable.

Le tout se déroule dans l'univers froid, métalique et menaçant d'une
station plus proche des vaisseaux d'Alien que de l'environnement
naturel et cruel de Jaws, un labyrinthe inquiétant d'où, belle
invention, il ne faut pas sortir en descendant jusqu'au sol, mais en
remontant à la surface, la pesanteur et la pression jouant contre les
personnages, les attirant sans cesse vers les crocs des prédateurs.

Au terme de la vision du film, on sort les mains tremblantes, un
sourire un peu béat et un peu hésisant aux lèvres, stupidement heureux
de s'être ainsi laissé berner, mais cependant encore frissonant de
peur.
--
Raphaël Goubet

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