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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] Deep Blue Sea de Renny Harlin (1999)
"Deep Blue Sea" (Peur Bleue) de Renny Harlin, avec Thomas Jane, Saffron Burrows, Samuel L. Jackson, LL Cool J... Ecrit par Duncan Kennedy et Donna Powers. 104 min. Dans la station martime et flottante Aquattica, une poignée de chercheurs élèvent des requins quelque peu améliorés en vue d'en extraire des protéine régénérant les tissus neuronaux et rejetant ainsi le nom d'Alzheimer au passé. A la suite d'un malencontreux incident pour lequel le pire a été évité de justesse, le patron de la firme finançant la recherche décide de couper les vivres. La responsable du projet ne l'entendant pas de cette oreille, elle l'invite sur la station pour assister à un test décisif. Mais ce jour-là, un tempête pointe le bout de son nez. A lire ce résumé, on a tout lieu de craindre un film d'une banalité affligeante, une sorte de remake technologique de Jaws. Pourtant, Harlin (Die Hard 2, Cliffhanger, Au revoir à Jamais) a déjà fait la preuve qu'avec un sujet éculé, on pouvait encore faire un bon film. Et c'est avec une efficacité endiablée qu'il le prouve encore ici. Cela faisait longtemps qu'un film ne m'avait plus autant foutu la pétoche, et encore plus qu'un film n'avait inquiété mes nuits, mon sommeil hanté cette nuit là par les images terrifiantes exposées dans le film. Alors que d'autres classiques tels qu'Alien ou Jaws avait fondé la terreur dans l'inconnu, l'invisible, l'ombre qui rôde et qui surgit à une vitesse subliminale, Harlin, confronté à un public blasé, décide de rentrer dedans sans faire de détails. Deep Blue Sea, il faut le dire, est d'une éprouvante brutalité. Ne pensez pas que, habitué, vous ne pouvez être surpris, vous le serez, et vous bondirez sur vos fauteuils. Le film est d'autant plus dur qu'il est sans merci, cruel: il est impossible de savoir qui va y passer et qui va s'en sortir, ni même s'il y aura seulement des survivants, et ce d'autant plus qu'il n'y a aucun acteur connu, excepté Samuel L. Jackson. Harlin joue sur l'émotion avec un sadisme peu commun, et insiste sur l'horreur des images: les requins n'attaquent pas que quand on ne s'y attend pas; au contraire, il sait faire languir le spectateur terrifié devant l'inéluctable. Le tout se déroule dans l'univers froid, métalique et menaçant d'une station plus proche des vaisseaux d'Alien que de l'environnement naturel et cruel de Jaws, un labyrinthe inquiétant d'où, belle invention, il ne faut pas sortir en descendant jusqu'au sol, mais en remontant à la surface, la pesanteur et la pression jouant contre les personnages, les attirant sans cesse vers les crocs des prédateurs. Au terme de la vision du film, on sort les mains tremblantes, un sourire un peu béat et un peu hésisant aux lèvres, stupidement heureux de s'être ainsi laissé berner, mais cependant encore frissonant de peur. -- Raphaël Goubet Bulk e-mail filter: please make sure the subject field of your reply begins with Re: or reply directly to goubet@skynet.be -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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