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[Date Prev][Date Next][Date Index] [AVIS] Les convoyeurs attendent
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] Une petite fille marchant sur le trottoir s'arrête à la vue de quelque chose qu'elle aperçoit au milieu des poubelles. Elle hésite, s'approche et saisit un panneau publicitaire pour un parfum d'Yves-St-Laurent. Elle repart tranquillement sur le chemin qui la mène jusqu'à chez elle, les deux tiers supérieur de son corps maintenant invisible, caché par ce trop grand panneau qu'elle tient à l'envers et à bout de bras. Cette courte séquence du début est emblématique de tout le film, dans sa poésie simple et dans ce qu'elle révèle de la naïveté des désirs de ses personnages. Ce portrait d'une famille simple habitant un petit village est remarquable à plus d'un titre, tant il évite les écueils vers lesquels il eut été facile de se diriger. Aussi bêtes et innocents soient-ils, aussi médiocres soient leurs ambitions, les personnages ne sont jamais ridiculisés et n'appellent pas la pitié. Le regard porté sur eux n'est ni moqueur, ni larmoyant, ni enthousiaste, juste sensible et pudique. Tout aussi éloigné des gags poiresques appuyés et vulgaires ou du contentement populiste, que du naturalisme dardennien, le film parvient à conjuguer le drame et le comique dans les mêmes scènes, à serrer le coeur pour ensuite le libérer un court instant, un peu comme le faisait Chaplin (sans toutefois atteindre son génie, loin de là, mais quand même). La mise en scène, soignée, toute en retenue, montrant d'une manière hyper-réaliste des situations décalés, apporte un charme étrange au film, presque surréaliste. En plus, l'animation est fluide, j'ai compté, il y a bien 24 images par seconde. Nicolas. -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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