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[CRITIQUE] Star Wars Episode 1 de George Lucas (1999)


  • Subject: [CRITIQUE] Star Wars Episode 1 de George Lucas (1999)
  • From: goubet@usa.net (Goubet)
  • Date: 1 Sep 1999 06:15:19 GMT
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"Star Wars Episode 1 : The Phantom Menace" de George Lucas, avec Liam
Neeson, Ewan McGreggor, Natalie Portman, Jake Lloyd, etc, écrit par
Lucas, et le reste vous savez, sinon allez voir IMdB

Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour voir le nouvel épisode tant
attendu de Star Wars, (qui, au moins du point de vue commercial, est
sans doute le film le plus attendu de la décennie), même 850 bornes.
Enfin, faut pas exagérer, ce n'est que par une heureuse coïncidence
que deux événements se sont déroulés simultanément sur le territoire
helvétique, à savoir la sortie du susdit film, et ma propore venue, ce
qui n'est pas rien non plus, même si ça s'est fait peu remarquer.

Bref, comme à mon habitude, je dédierai le premier paragraphe à donner
l'amorce de l'intrigue. Trop peu pour être appelé spoiler, mais ceux
qui voudront rester dans une ignorance virginale et béate jusqu'à la
sortie du film passeront le paragraphe. Pour la suite, je ne dirai pas
grand chose de l'intrigue proprement dite.

Il y a des millions d'années, moins une trentaine, dans une galaxie
lointaine, très lointaine. La planète Naboo, dont la souveraine, la
princesse Amidala, refuse le chantage de la fédération du commerce sur
les taxes, est sous blocus. Deux Jedi, Qui-Gon Jinn et Obi-Wan Kenobi
sont envoyés sur le vaisseau amiral de la fédération pour forcer un
accord. Mais ils sont attaqués par les droïdes soldats du vice-roi de
la fédération, et prennent fuite pendant que celle-ci se lance dans
une invasion de Naboo, sous les ordres de l'inquiétant et mystérieux
Darth Sidious. Amidala n'a plus, comme recourt, qu'un sénat empêtré,
et le soutien du sénateur Palpatine.

On ressent quand même un plaisir immense à retrouver le générique de
SW, avec son défilement de texte et sa musique célèbre. Passé ce
moment, on n'a plus qu'à se laisser entraîner dans le commencement du
mythe morderne le plus célèbre.

SW1 décevra certainement beaucoup. Il apparaît lent, assez creux, très
superficiel, avec des personnages sans relief, il semble n'apporter
rien à la saga qu'on ait déjà eu avec la première trilogie, voire même
à devenir péniblement poussif. La princesse Amidala, dont on veut,
sans subtilité, montrer en vain que sa fille, la princesse Leia, est
bien la fille de sa mère, finit par énerver; quant à la Force, à
devenir le leitmotiv de la saga, elle fatigue. Visuellement superbe,
tout le film semble ne servir qu'à une débauche d'effets spéciaux,
sans vraiment, contrairement à The Matrix, apporter du neuf dans ce
domaine. Ceux qui s'attendent à retrouver toute la grandeur et la
surprise de la première trilogie seront fortement déçus, d'autant
qu'ils auront souvent l'impression que cet épisode ne partage pas
grand chose avec les précédents.

Du fait de ces failles, The Phantom Menace ne doit pas être vu comme
un film en soi, mais plutôt comme le commencement, non seulement d'une
nouvelle trilogie, mais aussi de toute la saga. Si les personnages
sont plats, c'est qu'il reste encore deux films à faire sur eux, si le
film est sans originalité, c'est qu'il replonge dans un univers déjà
existant. Si l'on veut bien le replacer dans son contexte, si on le
considère comme le tiers ou le sixième d'une histoire plus vaste dont
il n'est que la timide amorce, alors il devient intriguant, pour tout
ce qu'il laisse présager, et prend, d'une manière dérivée, la grandeur
démesurée de toute la saga.

Mais il faut reconnaître que Lucas n'a rien perdu de son talent de
metteur en scène, qu'il n'avait plus exercé depuis vingt ans. La scène
finale, alternant trois à quatre combats simultanés, est un incroyable
et exemplaire exercice de montage et de construction de séquences.

Le grand défi, pour Lucas, sera sans doute l'épisode 3, qui devra
faire le raccord avec son prédeccesseur chronologique de 30 ans. Les
univers de La Menace Fantôme et de la première trilogie semblent si
éloignés que la chose ne sera pas aisée. Transformer en une suite ce
qui apparaît, depuis 77, comme un début sera une gageure.

Si The Phantom Menace est creux, il faut admettre que le creux, c'est
deux films qui n'existent pas encore, et qui devront faire un lien qui
est encore loin d'être évident.
--
Raphaël Goubet

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