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[AVIS] [SPOILER] Limbo (Sayles, 1999)


  • Subject: [AVIS] [SPOILER] Limbo (Sayles, 1999)
  • From: blackjag@ministre.net
  • Date: 5 Aug 1999 07:58:55 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Guest of ProXad - France
  • References: <37a7916f.21545111@news.free.fr>
  • Xref: oceanite.cybercable.fr fr.rec.cinema.selection:115

[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]



[à propos de Lone Star (1996), le film précédent de John Sayles]

une merveille de film. Un film magique, du début à la fin, tant sur la
forme que sur le fond. tout y est magnifique et soigné. Même la BOF
est bonne.  C'est donc ce qui m'a incitée à aller voir Limbo. Mais...

[nombreux spoileurs]

j'ai eu l'impression de voir 3 parties de films, mises bout à bout,
sans queue ni tête. 
J'ai trouvé que le début se trainait. La présentation des personnages
tire en longueur, le film devient ennuyeux, tout est trop long et
pourtant comme tu le dis, il y a des ressources magnifiques: l'Alaska,
son économie de la pêche et du tourisme, des personnages hauts en
couleurs (théoriquement), des destins troublés. L'ambiance est
intimiste, feutrée, molle. Mais tout cela traine, heureusement soutenu
par la jolie voix de Mary Elizabeth Mastrantonnio. J'ai regardé tout
cela dans une semi léthargie en m'inquiétant pour la suite.

Au bout d'un moment cependant l'histoire, l'ambiance, tout change pour
partir dans une nouvelle direction un peu surprenante car guère en
rapport avec ce qui précède (l'arrivée inopinée du demi-frère et ce
qui s'en suit). Cela donne enfin un certain rythme au film qui semble
alors prendre un peu de caractère mais on se demande un peu ce que
cette histoire de gangsters vient faire ici. Elle débarque comme un
cheveu sur la soupe. Une certaine tension s'installe et j'ai commencé
à m'intéresser aux personnages à nouveau. 

Et puis soudain l'histoire prend encore une nouvelle direction (les
robinsons) pour devenir angoissante et prendre appui davantage sur la
psychologie des personnages et leurs failles. On pense qu'il vont tous
devenir dingues. Les délires de la gamine installent une ambiance
pesante mais l'attention est captée. Comme auparavant,  cette partie
du récit semble effacer tout le reste pour devenir l'histoire
principale, rendant ce qui précède pratiquement inutile. Là encore je
me suis demandais où partait le film. 

La fin, choquante, est sans doute chargée de significations par
l'immense ouverture qu'elle constitue (une nouvelles chances de
construire pour eux ou l'échec absolu ? que vont ils en faire, libre
au destin ou à vous d'en décider, ou un truc dans ce goût ?).
N'empêche, elle intervient en plein suspense et fait plus penser à une
fin en queue de poisson qu'à un coup de maître. Quelqu'un a râlé dans
la salle, on a entendu "ça s'arrête au moment où ça devenait enfin
intéressant". Je trouve que cette personne n'avait pas tort. 

Autant le splendide Lone Star m'avait envoûtée, autant Limbo m'a décue
car j'ai sentie tout le long les germes d'un film magnifique, un chef
d'oeuvre et qu'à l'arrivée je n'ai eu qu'un truc à l'apparence baclée,
sans charme et sans émotion, avec des morceaux collés bout à bout sans
rime ni raison.

-- 
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