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[CRITIQUE] La Source d'Ingmar Bergman (1960)


  • Subject: [CRITIQUE] La Source d'Ingmar Bergman (1960)
  • From: Simon Galiero <galieros@videotron.ca>
  • Date: 4 Aug 1999 18:54:42 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Touchez pas au Grisbi !
  • References: <6-37A6AE2F.6CE27455@videotron.ca>
  • Xref: oceanite.cybercable.fr fr.rec.cinema.selection:112

[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]


LA SOURCE
(Jungfrukällan)

de ? Ingmar Bergmannnn

1960 - 1h30 - Suède
sc : Ulla Isaksson
ph : Sven Nykvist
mu : Erik Nordgren
pr : Ingmar Bergman, Allan Ekelund
avec : Max von Sydow, Birgitta Valberg, Gunnel Lindblom, Birgitta
Pettersson
-> ****

Au Moyen-Âge, dans le cadre d'un rituel religieux, une jeune fille de
seigneur doit, en compagnie d'une jeune servante, effectuer une "marche
de la vierge" et faire une procession vers une église qui se situe à
plusieurs heures de marche de son château... Sur son chemin elle
rencontre trois saltimbanques, dont un enfant, qui la violent et la
tuent. Mais plus tard ceux-ci demandent l'hospitalité, sans savoir à qui
ils s'adressent, au père de la défunte petite fille. Celui-ci les
accueille mais fini par se rendre compte de leur culpabilité en
retrouvant dans leurs affaires une étoffe brodée pour sa fille. Il se
venge évidemment dans un élan de force ténébreuse... À la fin les gens
du château et les parents se rendront chercher le corps de la vierge
laissé dans la fôret par les saltimbanques. Sur le lieu même du cadavre
jaillit miraculeusement sous leurs yeux une petite source...
"LA Source" est un film aux questions métaphysiques où Dieu, l'humain et
la rédemption de celui-ci sont à l'ordre du jour. Avec sa façon de
filmer inébranlable et dans un style de mise en scène extraordinairement
bien adapté, Bergman soumet au spectateur une véritable implosion de
moeurs où afflue l'essence même de nos préoccupations fondamentales
d'humains.
Les personnages sont sans cesse en recherche de confrontations au
caractère hétéroclite où le jeu des accomplissements va jusqu'à
démontrer leur quête de sens sous une unique dimension éthique guidée
par l'angoisse de la mort et le regret de l'innocence.
S'en suit une amertume qui les fait s'engoufrer dans le cimetière de
leurs désillusions, entraînant avec eux tous ceux à qui ils sont
attachés. De ces maladies de l'âme ils sont tous atteint, peu importe
leur âge ou leurs conditions.
Parmis eux il y a ce petit garçon, témoin muet du film mais qui
représente néanmoins le symbole criant de cette souffrance humaine sous
sa forme la plus dénuée, la plus vraie, la plus apitoyable mais aussi la
plus noble. Il sera dit à raison dans un des discours les plus marquant
du film que le garçon n'est qu'une "feuille qui va au gré du vent".
Encore plus que cela il reflète aussi le schéma grossier de nos vies
arrides, vides de sens, précipitées vers une conclusion toujours
brutale...
Dans ce décor de damnation la petite fille vierge n'a pas sa place. Dans
ses yeux le reflet azur de l'espoir, de la pureté. Sa place est dans les
astres et non en enfer. Eux la recherche, la vénère, la craigne, la
viole et la tue (et quand je dit "eux" je parle de tous les
protagonistes). Pour finalement la regretter. N'était-elle pas ce qu'ils
recherchaient tous ? Ils se retrouvent tous brisés, désemparés.
Maintenant seuls avec leur démons. Tout penauds devant cette source,
symbole inachevé de l'ultime espérance...

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Bon j'arrête ici pour aujourd'hui. La semaine prochaine je vais tenter
d'aborder les films suivant :

- "Gummo", D'Harmony Korine
- "Le Limier", de Joseph Mankiewics
- "Trois pages d'un journal/Journal d'une fille perdue", de Wilhem Pabst

À tout de suite !

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Simon Galiero                                   galieros@videotron.ca
Le cinéma en lumière ! :                  http://www.lumiere.org
"S'il était libre le cinéma serait l'oeil de la liberté. Mais on peut
dormir tranquille. Le regard du cinéma est entravé par le conformisme
du public et les intérêts commerciaux. Le jour où l'oeil du cinéma se
réveillera, le monde prendra feu !"
[LUIS BUNUEL]

-- 
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