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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] La Source d'Ingmar Bergman (1960)
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] LA SOURCE (Jungfrukällan) de ? Ingmar Bergmannnn 1960 - 1h30 - Suède sc : Ulla Isaksson ph : Sven Nykvist mu : Erik Nordgren pr : Ingmar Bergman, Allan Ekelund avec : Max von Sydow, Birgitta Valberg, Gunnel Lindblom, Birgitta Pettersson -> **** Au Moyen-Âge, dans le cadre d'un rituel religieux, une jeune fille de seigneur doit, en compagnie d'une jeune servante, effectuer une "marche de la vierge" et faire une procession vers une église qui se situe à plusieurs heures de marche de son château... Sur son chemin elle rencontre trois saltimbanques, dont un enfant, qui la violent et la tuent. Mais plus tard ceux-ci demandent l'hospitalité, sans savoir à qui ils s'adressent, au père de la défunte petite fille. Celui-ci les accueille mais fini par se rendre compte de leur culpabilité en retrouvant dans leurs affaires une étoffe brodée pour sa fille. Il se venge évidemment dans un élan de force ténébreuse... À la fin les gens du château et les parents se rendront chercher le corps de la vierge laissé dans la fôret par les saltimbanques. Sur le lieu même du cadavre jaillit miraculeusement sous leurs yeux une petite source... "LA Source" est un film aux questions métaphysiques où Dieu, l'humain et la rédemption de celui-ci sont à l'ordre du jour. Avec sa façon de filmer inébranlable et dans un style de mise en scène extraordinairement bien adapté, Bergman soumet au spectateur une véritable implosion de moeurs où afflue l'essence même de nos préoccupations fondamentales d'humains. Les personnages sont sans cesse en recherche de confrontations au caractère hétéroclite où le jeu des accomplissements va jusqu'à démontrer leur quête de sens sous une unique dimension éthique guidée par l'angoisse de la mort et le regret de l'innocence. S'en suit une amertume qui les fait s'engoufrer dans le cimetière de leurs désillusions, entraînant avec eux tous ceux à qui ils sont attachés. De ces maladies de l'âme ils sont tous atteint, peu importe leur âge ou leurs conditions. Parmis eux il y a ce petit garçon, témoin muet du film mais qui représente néanmoins le symbole criant de cette souffrance humaine sous sa forme la plus dénuée, la plus vraie, la plus apitoyable mais aussi la plus noble. Il sera dit à raison dans un des discours les plus marquant du film que le garçon n'est qu'une "feuille qui va au gré du vent". Encore plus que cela il reflète aussi le schéma grossier de nos vies arrides, vides de sens, précipitées vers une conclusion toujours brutale... Dans ce décor de damnation la petite fille vierge n'a pas sa place. Dans ses yeux le reflet azur de l'espoir, de la pureté. Sa place est dans les astres et non en enfer. Eux la recherche, la vénère, la craigne, la viole et la tue (et quand je dit "eux" je parle de tous les protagonistes). Pour finalement la regretter. N'était-elle pas ce qu'ils recherchaient tous ? Ils se retrouvent tous brisés, désemparés. Maintenant seuls avec leur démons. Tout penauds devant cette source, symbole inachevé de l'ultime espérance... -------------------------------------------------- Bon j'arrête ici pour aujourd'hui. La semaine prochaine je vais tenter d'aborder les films suivant : - "Gummo", D'Harmony Korine - "Le Limier", de Joseph Mankiewics - "Trois pages d'un journal/Journal d'une fille perdue", de Wilhem Pabst À tout de suite ! ________________________________________________ Simon Galiero galieros@videotron.ca Le cinéma en lumière ! : http://www.lumiere.org "S'il était libre le cinéma serait l'oeil de la liberté. Mais on peut dormir tranquille. Le regard du cinéma est entravé par le conformisme du public et les intérêts commerciaux. Le jour où l'oeil du cinéma se réveillera, le monde prendra feu !" [LUIS BUNUEL] -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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