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[CRITIQUE] Dersu Uzala de Akira Kurosawa (1974)


  • Subject: [CRITIQUE] Dersu Uzala de Akira Kurosawa (1974)
  • From: Simon Galiero <galieros@videotron.ca>
  • Date: 4 Aug 1999 18:54:27 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Touchez pas au Grisbi !
  • References: <3-37A6AE2F.6CE27455@videotron.ca>
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[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]

DERSU UZALA

de Akira Kurosawa

1974 - 2h20 - Union Soviétique/Japon - tourné en langue russe
sc : Vladimir Arseniev et Akira Kurosawa
ph : Fyodor Dobronravov
mu :
pr : Yoichi Matsue, Nikolai Sizov
avec : Yuri Solomin, Maxim Munzuk, Suimenkul Chokmorov, Svetlana
Danielchanka
-> ****

Après un effondrement (tentatives de suicide suite aux attaques
incessantes des critiques et du public à son égard, je crois) Kurosawa
se redresse et vient mettre son coup de poing en réalisant une oeuvre
très puissante, et une des meilleures de sa filmographie. Tiré des
mémoires de Vladimir Arseniev, Kurosawa nous raconte ici les aventures
d'un capitaine de l'armée russe qui, avec une équipe à son ordre, part
en expéditions dans les forêts profondes afin de faire des repères
géologiques et géographiques au compte du gouvernement.
Lors d'une de ces expéditions Arseniev fait la rencontre de Dersu Uzala,
un petit homme étrange et enthousiaste qui accepte de leur servir de
guide. Au cours de diverses évènements il se crée de solides liens
d'amitié et de respect entre le contemplatif Arseniev et Dersu Uzala qui
lui montre à aimer et respecter la nature, et lui fait comprendre toute
la densité essentielle que celle-ci contient. Mais un jour le vieux
Uzala tue, pour se défendre, un tigre sacré de la forêt, ce qui selon
lui n'est signe que de malheurs et de l'arrivée des démons...
Bon attention, je vais être dithyrambique : les images, la photographie
et la maitrise esthétique et technique de Kurosawa et de son équipe est
absolument époustouflante : ceux qui ont vu ce film au cinéma sur grand
écran vont savoir de quoi je parle. Les acteurs (et surtout Dersu Uzala)
sont d'une vérité et d'une justesse rares et ne laissent aucun doute sur
ce qu'ils font : ils SONT ceux qu'ils incarnent. Et la musique, raaahh
la musique, dont je n'arrive pas à savoir de qui elle est signée, est
absolument superbe, superbe, superbe et complète magnifiquement la
dimension parfaite que prends le film de sa première à sa dernière
image. Un film sur la vie, sur la sagesse, sur la mort, la nature,
l'homme, l'amitié... Un film dont certaines images, scènes et couleurs
restent à jamais gravées dans la tête du spectateur ; des scènes qui
caractérisent le cinéma dans toute son ampleur et où on ressent à la
fois une grande tristesse et un profond vertige existentiel... Chef
d'oeuvre.


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Simon Galiero                                   galieros@videotron.ca
Le cinéma en lumière ! :                  http://www.lumiere.org
"S'il était libre le cinéma serait l'oeil de la liberté. Mais on peut
dormir tranquille. Le regard du cinéma est entravé par le conformisme
du public et les intérêts commerciaux. Le jour où l'oeil du cinéma se
réveillera, le monde prendra feu !"
[LUIS BUNUEL]
-- 
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