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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] Dersu Uzala de Akira Kurosawa (1974)
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] DERSU UZALA de Akira Kurosawa 1974 - 2h20 - Union Soviétique/Japon - tourné en langue russe sc : Vladimir Arseniev et Akira Kurosawa ph : Fyodor Dobronravov mu : pr : Yoichi Matsue, Nikolai Sizov avec : Yuri Solomin, Maxim Munzuk, Suimenkul Chokmorov, Svetlana Danielchanka -> **** Après un effondrement (tentatives de suicide suite aux attaques incessantes des critiques et du public à son égard, je crois) Kurosawa se redresse et vient mettre son coup de poing en réalisant une oeuvre très puissante, et une des meilleures de sa filmographie. Tiré des mémoires de Vladimir Arseniev, Kurosawa nous raconte ici les aventures d'un capitaine de l'armée russe qui, avec une équipe à son ordre, part en expéditions dans les forêts profondes afin de faire des repères géologiques et géographiques au compte du gouvernement. Lors d'une de ces expéditions Arseniev fait la rencontre de Dersu Uzala, un petit homme étrange et enthousiaste qui accepte de leur servir de guide. Au cours de diverses évènements il se crée de solides liens d'amitié et de respect entre le contemplatif Arseniev et Dersu Uzala qui lui montre à aimer et respecter la nature, et lui fait comprendre toute la densité essentielle que celle-ci contient. Mais un jour le vieux Uzala tue, pour se défendre, un tigre sacré de la forêt, ce qui selon lui n'est signe que de malheurs et de l'arrivée des démons... Bon attention, je vais être dithyrambique : les images, la photographie et la maitrise esthétique et technique de Kurosawa et de son équipe est absolument époustouflante : ceux qui ont vu ce film au cinéma sur grand écran vont savoir de quoi je parle. Les acteurs (et surtout Dersu Uzala) sont d'une vérité et d'une justesse rares et ne laissent aucun doute sur ce qu'ils font : ils SONT ceux qu'ils incarnent. Et la musique, raaahh la musique, dont je n'arrive pas à savoir de qui elle est signée, est absolument superbe, superbe, superbe et complète magnifiquement la dimension parfaite que prends le film de sa première à sa dernière image. Un film sur la vie, sur la sagesse, sur la mort, la nature, l'homme, l'amitié... Un film dont certaines images, scènes et couleurs restent à jamais gravées dans la tête du spectateur ; des scènes qui caractérisent le cinéma dans toute son ampleur et où on ressent à la fois une grande tristesse et un profond vertige existentiel... Chef d'oeuvre. ________________________________________________ Simon Galiero galieros@videotron.ca Le cinéma en lumière ! : http://www.lumiere.org "S'il était libre le cinéma serait l'oeil de la liberté. Mais on peut dormir tranquille. Le regard du cinéma est entravé par le conformisme du public et les intérêts commerciaux. Le jour où l'oeil du cinéma se réveillera, le monde prendra feu !" [LUIS BUNUEL] -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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