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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] Arlington Road de Mark Pellington (1999)
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] J'avais envie de discuter de certains films, la crise ledobienne m'ayant retardé je me reprends ici en palabrant sur quelques films vus ou revus récemment. J'ai envie de parler de cinéastes, de vrais cinéastes. Je vous invite donc tous cordialement à ouvrir la discussion... ARLINGTON ROAD (Rue Arlington) de Mark Pellington 1999 - 1h57 - États-Unis sc : Ehren Kruger ph : Bobby Bukowski mu : Angelo Badalamenti pr : Ellen Dux, Tom Gorai avec : Jeff Bridges, Tim Robbins, Joan Cusack, Hope Davis -> *** À vrai dire "Arlington Road" est un drôle de film... Utilisant un genre précis, le thriller, et exploitant un thème grave (le terrorisme) il parvient, sous couvert d'une mise en scène extrêment efficace, à sortir du cercle commun et fade de la majorité des productions hollywoodiennes de son genre et ce pourtant en utilisant les mêmes règles. Sûr, "Arlington Road" n'est pas un grand film et il ne crée aucune extase (enfin je parle pour ma pomme) mais il détient plusieurs qualités qui, ma foi, m'ont permis de ne pas m'ennuyer. D'abord, comme dit plus haut, il y a la mise en scène très habile qui dès la première séquence nous met dans une ambiance très forte et très troublante et qui a le mérite de ne jamais s'essoufler par la suite. Côté acteurs Jeff Bridges s'en sort très bien alors que l'excellent Tim Robbins est toujours aussi inquiétant ; Joan Cusack est elle aussi très inquiétante (mais alors très) alors que Hope Davis démontre une belle présence et une belle énergie. Mais ce que j'en retiens surtout c'est le côté subversif que Mark Pellington nous montre de la société américaine qui a subit plusieurs attentats terroristes ces dernières années (on retient le fameux massacre à la bombe d'une garderie). En fait l'élément intéréssant auquel je fais allusion ne se fait pas dans les discours un peu évasifs de Jeff Bridges (qui est professeur de terrorisme dans le film : preuve que Pellington ne voulait pas faire un film d'action commun mais plutôt une démonstration de société sous ce couvert), donc je disais que les discours de Bridges sont un peu faiblards à mon sens et à part de dire que les attentats ne sont jamais l'oeuvre d'un seul homme, comme on essaie de nous le faire croire, et toujours d'une organisation bien huilée et qu'on arrive jamais à capturer, je n'y ai pas trouvé de grandes révélations. Non, le propos le plus intéréssant, à mon sens, se situe plutôt dans les personnages que Pellington nous expose avec une très grande ironie : et je fais surtout allusion au couple qu'incarnent Tim Robbins et Joan Cusack. Voisins de Jeff Bridges dans un gentil petit quartier résidentiel il nous seront montrés sous une allure extrêment sympathique mais avec tout le côté crasse qui s'en suivra. Je sais pas, dans le film il est clair que Pellington nous montre le "joli/gentil couple parfait" de l'idéal américain (séances d'anniversaires et de barbecues conviviaux à l'appui) pour que mieux en montrer le côté surfait, faux et trompeur de ce puritanisme sous lequel finalement ne se niche aucune valeur profonde, aucune ouverture, et l'idée inquiétante que ce sont ceux qui revendique le puritanisme pour "défendre" leurs enfants, contre les politiciens et les étrangers, que ce sont ces gens qui sont eux-même le danger public numéro 1. Donc pour ses efforts je mets *** à ce film qui n'en vaudrait que 2 :) ________________________________________________ Simon Galiero galieros@videotron.ca Le cinéma en lumière ! : http://www.lumiere.org "S'il était libre le cinéma serait l'oeil de la liberté. Mais on peut dormir tranquille. Le regard du cinéma est entravé par le conformisme du public et les intérêts commerciaux. Le jour où l'oeil du cinéma se réveillera, le monde prendra feu !" [LUIS BUNUEL] -- Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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