[Recherche]
[Date Prev][Date Next][Date Index]

[CRITIQUE] Arlington Road de Mark Pellington (1999)


  • Subject: [CRITIQUE] Arlington Road de Mark Pellington (1999)
  • From: Simon Galiero <galieros@videotron.ca>
  • Date: 4 Aug 1999 18:54:09 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Touchez pas au Grisbi !
  • References: <1-37A6AE2F.6CE27455@videotron.ca>
  • Xref: oceanite.cybercable.fr fr.rec.cinema.selection:108

[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]

J'avais envie de discuter de certains films, la crise ledobienne m'ayant
retardé je me reprends ici en palabrant sur quelques films vus ou revus
récemment. J'ai envie de parler de cinéastes, de vrais cinéastes. Je
vous invite donc tous cordialement à ouvrir la discussion...

ARLINGTON ROAD
(Rue Arlington)

de Mark Pellington

1999 - 1h57 - États-Unis
sc : Ehren Kruger
ph : Bobby Bukowski
mu : Angelo Badalamenti
pr : Ellen Dux, Tom Gorai
avec : Jeff Bridges, Tim Robbins, Joan Cusack, Hope Davis
-> ***

À vrai dire "Arlington Road" est un drôle de film... Utilisant un genre
précis, le thriller, et exploitant un thème grave (le terrorisme) il
parvient, sous couvert d'une mise en scène extrêment efficace, à sortir
du cercle commun et fade de la majorité des productions hollywoodiennes
de son genre et ce pourtant en utilisant les mêmes règles. Sûr,
"Arlington Road" n'est pas un grand film et il ne crée aucune extase
(enfin je parle pour ma pomme) mais il détient plusieurs qualités qui,
ma foi, m'ont permis de ne pas m'ennuyer. D'abord, comme dit plus haut,
il y a la mise en scène très habile qui dès la première séquence nous
met dans une ambiance très forte et très troublante et qui a le mérite
de ne jamais s'essoufler par la suite. Côté acteurs Jeff Bridges s'en
sort très bien alors que l'excellent Tim Robbins est toujours aussi
inquiétant ; Joan Cusack est elle aussi très inquiétante (mais alors
très) alors que Hope Davis démontre une belle présence et une belle
énergie.
Mais ce que j'en retiens surtout c'est le côté subversif que Mark
Pellington nous montre de la société américaine qui a subit plusieurs
attentats terroristes ces dernières années (on retient le fameux
massacre à la bombe d'une garderie). En fait l'élément intéréssant
auquel je fais allusion ne se fait pas dans les discours un peu évasifs
de Jeff Bridges (qui est professeur de terrorisme dans le film : preuve
que Pellington ne voulait pas faire un film d'action commun mais plutôt
une démonstration de société sous ce couvert), donc je disais que les
discours de Bridges sont un peu faiblards à mon sens et à part de dire
que les attentats ne sont jamais l'oeuvre d'un seul homme, comme on
essaie de nous le faire croire, et toujours d'une organisation bien
huilée et qu'on arrive jamais à capturer, je n'y ai pas trouvé de
grandes révélations.
Non, le propos le plus intéréssant, à mon sens, se situe plutôt dans les
personnages que Pellington nous expose avec une très grande ironie : et
je fais surtout allusion au couple qu'incarnent Tim Robbins et Joan
Cusack. Voisins de Jeff Bridges dans un gentil petit quartier
résidentiel il nous seront montrés sous une allure extrêment sympathique
mais avec tout le côté crasse qui s'en suivra. Je sais pas, dans le film
il est clair que Pellington nous montre le "joli/gentil couple parfait"
de l'idéal américain (séances d'anniversaires et de barbecues conviviaux
à l'appui) pour que mieux en montrer le côté surfait, faux et trompeur
de ce puritanisme sous lequel finalement ne se niche aucune valeur
profonde, aucune ouverture, et l'idée inquiétante que ce sont ceux qui
revendique le puritanisme pour "défendre" leurs enfants, contre les
politiciens et les étrangers, que ce sont ces gens qui sont eux-même le
danger public numéro 1.
Donc pour ses efforts je mets *** à ce film qui n'en vaudrait que 2 :)

________________________________________________
Simon Galiero                                   galieros@videotron.ca
Le cinéma en lumière ! :                  http://www.lumiere.org
"S'il était libre le cinéma serait l'oeil de la liberté. Mais on peut
dormir tranquille. Le regard du cinéma est entravé par le conformisme
du public et les intérêts commerciaux. Le jour où l'oeil du cinéma se
réveillera, le monde prendra feu !"
[LUIS BUNUEL]

-- 
Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html
Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>