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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] La musique du hasard de Haas
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] La grande majorité des critiques semblent elles aussi d'accord sur le fait qu'il s'agit là ni plus ni moins que d'un théâtre filmé, plutôt minimaliste. D'où ennui. Si je m'en réfère à la filmo de Haas, le metteur en scène, j'irais à la même conclusion pour son second film : "Les Anges et les insectes", plutôt audacieux mais assez fadâsse je trouve. Mais il y a des films comme ça, rejetés par la critique, et que l'on adore, c'est le cas pour moi avec ce film. Je ne sais pas vraiment, il y a une sorte d'alchimie, un quelque chose en osmose avec l'atmosphère inquiétante du film. La musique, les acteurs, la mise en scène, tous ces élements semblent se mettrent d'accord pour converger intimement sur une conclusion cyclique, presque métaphysique. Une sorte de quête personnelle, avec un étroit rapport entre les aléas du destin, l'hypocrisie et l'absurdité des situations. "La musique du hasard" est avant tout un film inquiétant, dérangeant. Il puise sa source au plus profond d'un inconscient, peut-être bien collectif, pour déboucher sur la claustrophobie la plus récurrente, celle d'un Polanski ou d'un Scorsese pour "Taxi Driver". Cette oeuvre est à rapprocher du Shining de Kubrick, non seulement pour la symbolique des maquettes, mais pour l'étude de l'enfermement non seulement physique, mais psychologique d'un personnage. Haas, comme de nombreux autres cinéastes, s'intéresse à la face cachée de ses personnages, à la relation, étroite, qui existe entre certains évènements et les comportements qui en découlent. S'il fut taxé d'entomologiste pour "Des anges et des insectes", métaphore de la société victorienne, Haas ne démérite pas ici même cette appelation. Son regard est acéré, il ne se dirige que sur l'essentiel, et ne s'éloigne jamais de son but, celui d'un cinéaste analytique, photographe de microcosmes pervertis et labyrinthiques. Fort de son passé de documentariste, Haas, au-delà de la dimension inquiétante du film, apporte un côté bizarre, cruel, à des années lumière du simple exercice de style. La relation tendue et psychologique permanente entretenue entre les deux visiteurs et leurs geôliers excentriques est remarquable, et la médiation de l'étonnant et sadique Emmet Walsh renforce ce sentiment. C'est une sorte de thriller, vraiment très sobre, où chaque action et décision influent directement, et avec force, sur le destin. Et le départ d'une analyse sur le choix, l'envie, le désir, le mensonge, ou même encore sur la condition humaine. Humains ici réduit à des insectes, ballotés par le destin et esclaves de leurs désirs. Ce film fut tourné en une dizaine de jours, avec un budget lui aussi minimaliste. Et une non-conformité aux règles d'usage en fonction à Hollywood domine l'oeuvre de ce cinéaste pas vraiment transparent, et rend hommage par la paranoïa sous-jacente et l'ambiguïté de certaines situations au cinéma indépendant américain. _______________________________________________ Grand Jeu de l'Eté - Semaine du 03 au 10 Juillet http://multimania.com/jeucine/ Le RV des champions -- Contacter les modérateurs de fr.rec.cinema.selection: frcs-mod@lists.freenix.org Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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