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[Date Prev][Date Next][Date Index] [CRITIQUE] Volte Face & John Woo
[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur fr.rec.cinema.discussion] Ah si c'est comme ça je vais me venger sur l'infâme John Woo. Oui, j'ai regardé Volte Face hier soir, que je n'avais pas encore vu. Et là, là... c'est le summum du pitoyable, la décadence hollywoodienne dans toute sa splendeur. Ce n'est plus du pathos, c'est de l'hyper-pathos, Zulawski paraît sobre à côté. Mais je souhaite discuter de ce film avec quelqu'un qui l'a aimé, parce que je ne comprends pas. C'est un mélange de The Killer/A Toute épreuve (Woo a même osé reprendre le face à face gun à gun sur tête à tête), avec des bouts de Reservoir Dogs dedans, des gros plans sur les regards comme les westerns de vous savez qui, et même des bribes des Nerfs à vif de Scorsese, sans oublier bien sûr un déluge de pyrotechnie, typiquement... heu typiquement crétin. Tout explose dans ce film, dès qu'il y a en vue un objet quelconque, il est fort aisé de se douter que dans la seconde d'après il va se transformer en puzzle. Mais dans le prochain, j'espère que Woo se décidera à faire exploser les extra- terrestres, parce que les avions, les bateaux et les bâtiments, ça va un moment... Et les symboles ? Pire que dans The Killer, on échappe pas à la Vierge, au Christ, aux colombes, aux ralentis lourdingues (Travolta qui remet sa bague au toubib), et aux émotions prémâchées made in Hollywood. Travolta déploie les bras et voilà que s'enchaîne immédiatement un plan rapide sur le Christ... Et les colombes ? Non, vraiment... Même l'évasion de la prison fait penser aux mauvais Tueurs nés d'Oliver Stone. Non, la preuve est fait qu'un scénario ne suffit pas à faire un bon film, et John Woo un bon cinéaste. J'ai même failli gerber un moment devant cet étalage de frime, de gratuit, c'est écoeurant. Et ça y est, John Woo a enfin franchi le pas, il s'est converti aux vannes hollywoodienne, genre la nana qui castre le pas gentil et qui sort sa blague perso à sa fille... Et quel pathos nom de nom... C'est décidé, je ne regarderai plus jamais un seul John Woo... Beuarrrkkk. Voilà, ça fait du bien de le dire, mais, mais... Première a noté ce film 4/4 que j'ai vu sur leur site (j'aurai dû écouter les bons conseils du Diablo). C'est quoi ce magazine ? Pour les jeunes ? Mais voyons voir : (je cite) (...)"Woo est un type qui possède un sens visuel très acéré et une maîtrise de l'espace qui ne l'est pas moins (les plans ont beau se succéder à la vitesse grand V, on sait toujours où est qui et qui est où, ce qui n'a rien d'évident quand on regarde les tâcherons)." C'est forcément acéré depuis le temps où il répète dans chaque film les mêmes scènes et les mêmes déplacements de caméra, au bout du 5 ou 6ème film de Woo, je trouve tout cela finalement très convenu, presque anticipable. Maîtrise de l'espace ? Rien comparé à celle de Melville, dont il se revendique un peu, et je ne parlerai pas de celle de Kubrick ce serait injuste. Je me demande tout de même si c'est possible d'être des tâcherons comparé à Woo... Dois pas être jojo... "Mais c'est aussi un auteur (eh oui, les élucubrations d'une motte de beurre dans le frigo d'une chambre de bonne n'est pas plus une condition nécessaire que suffisante pour en être)." Un auteur ? Ils ont au moins le bonheur d'être drôle à Première... Avec ses scénarios hystériques et ses fumeuses valeurs de loyauté, d'amitié et d'amour des flingues, associés à l'inconsistance des symboles utilisés, ça frôle le ridicule. C'est Truffaut, qui semble-t-il a employé ce terme d'auteur pour la première fois, en déclarant que le réalisateur devait être l'unique Cerbère de son oeuvre. Woo unique superviseur de son oeuvre ? Avec Michael Douglas à la production, ça laisse à réfléchir. Finalement, un Woo sous la coupe hollywoodienne, c'est comme une glace a mauvais goût qui ne serait pas restée dans le congélateur. Non mais alors. Mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? "(...)Quant à Travolta et Cage, chacun fera son choix du meilleur, sachant bien qu'au-dessus du panier ils y sont tous les deux." Oui, avant de retomber dans la poubelle, directement. Festival de grimaces et de larmoiements gratuits, et la musique qui va avec... et qui intervient pour vous dire quand il faut pleurer avec les personnages... C'est vrai, j'avais oublié de causer de cette musique, ignoble. "Castor et Pollux. Présentement prénoms latinisés des non frères jumeaux Troy et, quelques siècles plus tôt en Grèce, fils jumeaux de Zeus et Léda (mais d'après nos infos, seul Pollux serait le fils de Zeus, Castor étant celui de Tyndare, roi de Sparte). Ils participèrent à la lutte de Sparte contre Athènes et à l'expédition des Argonautes. à la mort de Castor, Pollux supplia Zeus de ne pas le séparer de son frère. Ils passeront donc six mois dans l'Olympe et six mois aux Enfers. On peut les voir dans le ciel si on regarde la constellation des Gémeaux. " Bon bah le film est forcément bien alors. _________________________________________________ Grand Jeu de l'Eté - Semaine du 03 au 10 Juillet http://multimania.com/jeucine/ -- Contacter les modérateurs de fr.rec.cinema.selection: frcs-mod@lists.freenix.org Bien publier sur fr.rec.cinema.selection: http://www.frcs.assoc-38.org/pratp.html Les archives de fr.rec.cinema.selection: <URL:http://www.frcs.assoc-38.org/>
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