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[AVIS] Le jour et la nuit (B-H Lévy, 1997)


  • Subject: [AVIS] Le jour et la nuit (B-H Lévy, 1997)
  • From: fourvin@cybercable.fr (Vincent Fournols)
  • Date: 11 Jun 1999 05:36:12 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection,fr.rec.cinema.discussion
  • Organization: Cybercable Paris NewsServer
  • Xref: oceanite.cybercable.fr fr.rec.cinema.selection:51 fr.rec.cinema.discussion:6597

Tout le monde avait dit que c'était pas terrible, complètement nul, voire
psychotronique. Et bien, c'était tout vrai !!

Pour moi, l'élément-clé fut de voir Marianne Denicourt arriver à jouer faux. De
la part des autres : Delon, Dombasle, Zéro, ça pouvait être prévisible, mais
elle et Xavier Beauvois, vraiment il fallait le faire. Du reste, pendant tout le
film je me suis dit (notament sur Delon), que ce n'était pas possible qu'il ne
s'en soit pas rendu compte qu'il jouait aussi mal. Je crois Lévy grand
communicateur pour avoir réussi à embringuer tout ce beau monde (Maurice Jarre,
Bacall, Willy Kurant, Fancisco Rabal) dans cette galère, et avoir eu un telle
confiance de la part des acteurs pour arriver à les "diriger" avec un si piètre
résultat.

S'il n'y avait que les acteurs... Mais il y a également une intrigue
ahurissante, ressucée ressassée de Tennesse Williams ou Hemingway sur la
retraite sauvage du grand écrivain et de sa cour, et de sa panne d'inspiration
jusqu'à ce que etc. Ca m'a également ouvert des perspectives sur les hiatus
potentiels qui peuvent exister entre le scénario proposé à des acteurs, des
techniciens, l'idée que le réalisateur s'en fait dans sa tête, et le résultat
final. Parce que là, l'écart diot être abyssal. Ne pas voir le ridicule des
situations à la simple lecture du scénario prouve qu'il doit y avoir d'autres
éléments subjectifs dans cette appréciation qui échappent au simple spectateur
que je suis.

Et puis même au delà, le style du film est lui aussi ahurissant : des plans sans
grande signification (il doit y avoir du signifiant là-dedans, mais lequel ?),
dans champs-contre-champs "scolaires", des cadrages de magazines. Le son (avec
Jean Musy au poste de "concepteur sonore") pue la recomposition et la
post-synchro. Même la musique de Jarre n'arrive pas à nous persuader si elle est
en lard (enfin, plus exactement en "Lara" dans certaines orchestrations) ou en
cochon (les rythmes mexicains peuvent passer pour du foutage de gueule).

Bref au troisième degré, le film est très cohérent : ça ne va nulle part, c'est
tout juste moins embêtant qu'un magazine dans un avion ou chez le dentiste (on
profite quand même de plastiques féminines de très bon aloi), mais franchement,
rien que pour voir Marianne Denicourt arriver à se planter aussi vulgairement,
Lévy devrait être interdit de caméra jusqu'à la prochaine éclipse suivant celle
du 11 août.

Seule vertu du film : le visionnage s'est terminé en temps pour que je
réembobine et efface le film au profit du Pabst : "Crise" qu'Arte diffuse en ce
moment.
--
Vincent Fournols - fourvin@cybercable.fr
Lumière sur le cinéma : http://www.lumiere.org


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