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[AVIS] New Rose Hotel


  • Subject: [AVIS] New Rose Hotel
  • From: gutkneco+news@lirmm.fr (Olivier Gutknecht)
  • Date: 17 May 1999 07:37:11 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: MadKit (de)constructor
  • References: <grrr.1drx5jw.1pc6jkv6ietvkN@ppgutkneco.lirmm.fr>
  • Xref: oceanite.cybercable.fr fr.rec.cinema.selection:28

[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]


(micro-spoilers)

Ah, j'ai beaucoup aimé.  D'abord, parce que c'est peut-être la première
adaptation cinématograhpique de l'univers de Gibson - ou du cyberpunk en
général - réaliste que je vois: des couloirs, des chambres plus ou moins
anonymes, bars et néons, une violence sourde, la bio-tech comme dernière
frontière technologique. Et systématiquement cette idée d'affrontements
invisibles entre corporations, entre groupes, entre éléments d'un même
groupe, entre codes. Ce n'est plus le temps des guerres: de simples
guérillas policées et feutrées.

Le générique en lui-même est une parfaite mise en condition: une scène
de nuit, urbaine, un peu de néon, des jeux d'ombres, et une action
violente que l'on est complètement incapable de comprendre. Le générique
en trois langues, des flots de lettres qui se croisent, et des bribes de
paroles de tous les coins du monde. Ok, c'est bon, c'est la Conurb.
Autre réussite du film: la B.O. de Schoolly D, entre minimalisme,
boucles de guitare hyper-traitées et grosses basses.

L'intrigue en creux. Fox - Walken en maître cabotineur - et X - DaFoe,
tendu, austère - vieux routards de l'espionnage industriel sont
forcément des losers, manipulateurs manipulés. La seule chose qu'ils
savent, c'est qu'il est impossible de connaître tous les tenants et
aboutissants des luttes dans lesquelles ils essaient de louvoyer. Asia
Argento, très bonne, en gamine diaboliquement habile. 

Et le réseau/matrice, convaincant car invisible. On n'en voit que
certaines manifestations - l'image immédiate d'un point à l'autre du
globe, la surveillance. Pas besoin d'effets spéciaux (ce qui rejoint
d'ailleurs quelque peu eXistenZ). Les citations à Blade Runner, un sushi
bar, les vues aériennes de cheminées industrielles crachant leur fumée
dans un fog jaunatre.

Et bon, la fin...  On reste sur X hanté par ses souvenirs après le coup
de . Le "rewind" sur l'embauche de Sandii où le jeu du chat et de la
souris s'inverse complètement, qui montre à quelle point cette scène est
impressionnante car totalement crédible dans chacune des deux lectures.
La fin autant là pour rapporter quelques bribes d'information que pour
continuer à hypnotiser, replonger dans ce monde, une succession de
petits chocs qui remettent en cause la vision du film que l'on vient
d'avoir.

Ol.
-- 
Olivier Gutknecht     ...      Laboratoire d'Informatique, Robotique
gutkneco@lirmm.fr     ...      et Micro-Electronique de Montpellier.


-- 
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