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[CRITIQUE] Beowulf [LONG, MAIS INSTRUCTIF]


  • Subject: [CRITIQUE] Beowulf [LONG, MAIS INSTRUCTIF]
  • From: Garfield <Guillaume.Lannoo-Renexter@renault.com>
  • Date: 11 May 1999 19:30:05 GMT
  • Approved: frcs-mod@lists.freenix.org
  • Followup-to: fr.rec.cinema.discussion
  • Newsgroups: fr.rec.cinema.selection
  • Organization: Renault, Industrial Design Department of the Mort that Kills
  • References: <373719AF.5FAB14FE@renault.com>
  • Xref: oceanite.cybercable.fr fr.rec.cinema.selection:21

[Mod: Ceci est la deuxième publication d'un article déjà paru sur
fr.rec.cinema.discussion]

Hello les amis, la voici la voilà, celle que vous attendez tous : la
critique (aussi objective que possible) du dernier film avec notre
Christophe Lambert national,

	BEOWULF, de Graham Baker
(ou Les Aventuriers du Script Perdu)

C'est libre de toute arrière-pensée que j'ai franchi les portes du ciné
pour aller voir ce film, détruit et re-détruit dans ce newsgroup
tellement souvent que j'avais besoin de me faire une idée. Alors
Beowulf, qu'en est-il ? Vaste sujet, très vaste sujet, puisqu'avant
d'écrire cette critique je me suis mis en devoir de me renseigner sur
l'histoire d'origine. Et on apprend des tas de choses au passage.
D'abord que Beowulf est un des plus anciens textes de la littérature
britannique, écrit au XIIe siècle, qui raconte les aventures épiques
d'un grand guerrier scandinave du VIème siècle. Rien que ça ! Poussant
la conscience "professionnelle" jusqu'à son paroxysme, je me suis tapé
toute la légende, enfin la version traduite du vieil anglais, dispo à
http://www.lnstar.com/literature/beowulf/index.html  . 

Alors cette critique sera exceptionnellement en 2 parties : d'abord, un
résumé aussi peu chiant que possible de l'histoire originale de Beowulf,
pour que tout le monde puisse comprendre les tenants et aboutissants de
l'affaire. Ensuite, une critique du film qui m'a laissé, au départ, une
impression de mal foutu persistante. Tadaaa, ça commence !

I- LA LEGENDE DE BEOWULF
----------------------

D'après la légende, Beowulf est un héros d'un fort beau gabarit (merci
Pierre Fulla !), qui accomplit divers exploits à une époque
d'affrontements entre les tribus qui se partageaient le nord de
l'Europe et la Scandinavie. La partie utilisée dans le film concerne la
période où il vient libérer le peuple de Hrothgar, le roi des Danois,
de la bête du Mal, Grendel.

Hrothgar est issu d'une longue lignée de rois et princes valeureux,
ayant à coeur d'offrir des richesses à tous et de faire prospérer le
peuple. L'un de ses hauts-faits sera la construction d'une espèce
d'immense lieu de rencontre (une taverne de luxe en sorte) où tous ceux
de son peuple peuvent venir boire et commercer, et où sa propre
générosité trouve un cadre idéal pour s'exercer. Cet endroit s'appelle
Herot. Notez-le, c'est important.
Or il advint qu'un soir, après une des fastueuses fêtes données par
Hrothgar, un monstre hideux issu de la lignée maudite de Cain (et oui,
celui-là même qui zigouilla son frère et souffrit de problèmes oculaires
ensuite), se glissa dans la place où les fêtards dormaient paisiblement,
en chopa 30 d'un coup et les embarqua pour de rire (enfin, pour manger).
C'est avec tristesse que la nouvelle se répandit et, chaque nuit qui
passa ensuite apportant son lot de morts et de disparus, le prodigieux
lieu de rencontre finit par être déserté des hommes la nuit. Ceci dura
12 ans, au bout desquels Grendel alla carrément s'installer sur place
(j'imagine que ça lui faisait des économies de transport), plutôt que de
poireauter dans ses marécages natals. Quel que soit le combattant qui
l'affrontait, Grendel le mettait en morceaux, car aucune arme ne pouvait
le blesser et grande était sa force (c'est bo, ce que je dis !).
La nouvelle passa les frontières et Beowulf, fils d'Edgtheow et guerrier
puissant et respecté vivant de l'autre côté de la mer, obtint de ses
chefs un bateau et des hommes puissamment armés pour aller combattre
Grendel. Il traversa la mer un un seul jour (avec un bateau à la proue
courbe, ça vous rappelle rien ? Drakkar, Vikings, tout ça ? Non ?
Bon...), et, guidé par un guerrier danois, Wulfgar, il parvint à Herot
où il fut royalement accueilli par Hrothgar (lui et le père de Beowulf
étaient copains, c'est pourquoi les retrouvailles sont chaleureuses).
Beowulf lui annonça alors son intention de vaincre la bête sans arme ni
armure, puisqu'aucune arme ne pouvait atteindre Grendel. Je passe sur le
récit de ses exploits devant Unferth, fils d'Ecglaf, qui prenait Beowulf
pour un fanfaron : disons juste que Beowulf a trucidé des gros monstres
costauds, et qu'il est noble, courageux et valeureux.

Pour le remercier d'être venu et de bientôt lourder la bestiole, la
femme de Hrothgar lui file même un coup à boire. Puis Hrothgar lui
confie officiellement la responsabilité de Herot et s'en va, car la nuit
tombe. Beowulf se prépare, enlève armes et armure, et se tient prêt.
Tout autour, ses hommes se couchent et s'endorment. Au bout d'un petit
moment, Grendel survient, chope un des compagnons de Beowulf, le gobe et
se prépare à s'en farcir d'autres lorsque Beowulf intervient. De sa
poigne d'acier (il est dit qu'il est fort comme trente hommes), il brise
les os et arrache le bras de Grendel, qui s'enfuit vers les eaux
croupissantes pour mourir.
Le lendemain, grandes réjouissances, youpi qu'il est beau Beowulf, et
lui : "j'essaierai de faire mieux la prochaine fois", "Dieu m'a donné la
foi", et tout ça (enfin à peu près). On raconte de belles histoires
d'anciens héros, on couvre Beowulf de cadeaux, d'or et de bidules
vachement bien, des chevaux, tout ça (pas des gonzesses, quand même,
mais presque), même que Hrothgar se joint à la fête, c'est le délire, on
dirait le Queen un soir de descente de flic, bref, les gens sont
HEUREUX.

Mais la maman de Grendel, elle est pas contente qu'on lui ait zigouillé
son fils unique, alors elle se pointe à la nuit tombée, mais y'a
tellement de monde qui se dresse soudain, prêt à la tailler en pièces,
qu'elle s'enfuit à son tour dans les eaux pas très claires des marais et
de la mer proche. En partant, elle en zigouille quand même un ou deux,
histoire de dire "je viens pas pour rien". Beowulf la poursuit (avec ses
armes cette fois, dont une épée balaise donnée par Unferth)(vous savez,
celui qui le prenait pour un vantard !), plonge et la bute de justesse
grâce à une autre épée vachement super qu'il trouve sur place, et tant
qu'il y est il coupe la tête de Grendel (dont le cadavre gisait pas
loin). Puis il remonte avec la tête de Grendel et s'en revient dans son
pays après les joyeusetés usuelles et les promesses de reconnaissance
éternelle de Hrothgar.

Fin de la partie de la légende de Beowulf qui nous concerne (c'était
juste de l'information, pour que vous compreniez ce qui se passe).
La vraie critique commence ici.


II- BEOWULF, LE FILM...
-----------------------

D'abord, sachez-le, de belles et grandes choses ont été faites à partir
de l'histoire de Beowulf, la plus conséquente étant que J.R.R. Tolkien,
l'auteur incomparable du Hobbit, du Seigneur des Anneaux, du
Silmarillion et de Faerie s'en est inspiré pour les aventures de Bilbo
et ses compagnons. La plus regrettable est selon moi... ce film.

Passons sur un générique assez brutal et expédié à coups de pieds, qui
rappelle une intro de jeu vidéo en accéléré tant du point de vue
graphique que de la musique. Là, surprise : direct, des hommes en
armes surgissent sur l'écran, qui vont de toute évidence bastonner une
bébête. Ils passent devant une fille qui dit : "Ouais euh, papa, je veux
y aller moi aussi !". La fille, c'est évidemment LA mégameuf, celle qui
montre gentiment un peu de poitrine pour tenir l'auditoire en haleine.
Papa lui dit "va ranger ta chambre !" (à peu de choses près) ; il
s'arrête devant le monstre, il lui dit "bats-toi avec moi" et l'autre
lui dit "pas toi" avant de s'évaporer. Réaction classique du spectateur
moyen : "bon, on va donc me mettre petit à petit au courant de la
situation, et comme ça je vais tout comprendre ! Cool !". Et c'est là
que le bât blesse : avant la fin du film, on ne saura pas autrement
que par des conjectures :
- où on se trouve exactement (c'est gênant)
- à quelle époque (c'est un peu grave)
- qui est copain avec qui (c'est un peu chiant)
- pourquoi on ne voit en extérieur que ce bout de chateau moche et
ridicule, que l'on ne voit que d'un seul côté parce que c'est une
maquette à 2 balles... (c'est assez laide)
- que vient faire le monstre dans ce chateau (c'est curieux)

Au fur et à mesure que s'enchaînent les séquences, dont des scènes
d'action ma foi dignes d'intérêt si on expliquait un peu ce qui les
motive, on perd de plus en plus le fil (qu'on ne nous a d'ailleurs pas
donné, quel dommage). Ca donne une impression de "mal monté" assez
désagréable. On peine à comprendre l'utilité de l'"avant-poste" (c'est
comme ça qu'est qualifié le fortin où la majorité du film se déroule).
On comprend que la ptite nénette qui s'en échappe, pour se jeter dans
les bras des barbares à la Mad Max qui attendent dehors, ne le fait que
par peur du monstre. On comprend que les barbares veulent sa peau parce
que, selon eux, tout ce qui est dans le fort a signé un pacte avec le
Mal. Mais après, plus rien, flou artistique et prise de tête. Une pseudo
intrigue à propos de feu le mari de Kyra (la fille de Hrothgar) essaie
tant bien que mal de survivre, mais... elle y arrive pas. Bref, tout le
temps on sent une envie de créer une ambiance un peu glauque autour d'un
thème épique (le bien et le mal, l'ombre et la lumière, le fromage ou le
dessert), mais rien à faire, la mayonnaise ne prend pas.
L'histoire de l'avant-poste et du héros solitaire qui se pointe plus
tard (Christophe Lambert, qui a piqué sa couleur de cheveux à Jean-Paul
Gaultier) m'a rappelé les livres de Moorcock (quelques dizaines de page
dans le cycle d'Elric, avec un champion antique, datant d'avant
l'Histoire elle-même, gagnant du terrain sur le Chaos pour que se
développe la vie des humains. Mais tous les spectateurs ne sont pas
censés avoir lu Moorcock... et même moi ça ne m'a pas beaucoup aidé, je
dirais même que ça m'a encore plus fait soupirer.

Plus ça va plus on comprend mal pourquoi le réalisateur s'acharne à
nous montrer des couloirs vides filmés de travers pour faire monter une
tension qui frise le zéro absolu. Parce que, autant la photo est pas mal
et les décors ainsi que les accessoires et fringues semblent avoir été
travaillés avec attention, autant le déroulement de l'histoire donne
l'impression qu'on est arrivés 1/4 d'heure après le début du film et
qu'on a loupé des infos cruciales !
J'en profite pour rassurer les esprits chagrins : je suis arrivé à
l'heure, je me suis même tapé la pub du pop-corn, donc je n'ai rien raté
du tout, ou alors c'est le projectionniste qu'a oublié une bobine dans
un coin.

Côté fringues on aboutit à un mélange Moyen-Age/gothique tout à fait
plaisant... sauf que l'histoire ne le sert pas. Y'a pas d'histoire !!!
D'où vient Beowulf ? Pourquoi vient-il seul ? Pourquoi les gens du
dehors assiègeraient Hrothgar ? Qu'est-ce que c'est que cette manie de
couper en deux tous ceux qui essaient de bouger et de pendre leur moitié
supérieure à des poteaux de bois ? Pourquoi utilise-t-on dans ce film
des gadgets résolument modernes, voir futuristes ? Autant de questions
qui viennent naturellement à l'esprit et auquel le film apporte des
éléments de réponse, certes, mais qui ne collent pas ensemble. Pour
celui qui n'a pas lu les accroches publicitaires sur le film, Beowulf le
laisse pantelant de rage d'avoir payé pour qu'on lui raconte des bouts
d'histoire ne formant pas un tout cohérent. Pour celui qui les a lu,
Beowulf le laisse pantelant de rage d'avoir payé pour qu'on lui raconte
MAL une histoire vieille de 8 siècles avec un Christophe Lambert très en
dessous de Highlander (mas ça commence à dater).

Résumons-nous, donc : les décors sont sympas, mais sous-exploités par
des prises à répétition de couloirs vides n'arrivant pas à créer le
suspens (argh!) ; les costumes sont clean, ça, rien à dire ; peut-être
même un bravo parce que Kyra ne s'exhibe pas complètement, ce qui se
fait rare, et que ses fringues la mettent en valeur sans pour autant
trop verser dans le m'as-tu-vu (les féministes apprécieront !) ; le jeu
du personnage principal est quelconque ; les barbares ont des tronches
de barbares, le petit black débrouillard à la Chris Tucker tient bien
son rôle de petit black débrouillard ; côté physique, la gonzesse a
celui de l'emploi : une poitrine opulente, des lèvres sensuelles...
mais elle a des dialogues épais comme du papier à cigarette ; les
combats sont pas top, on sent qu'ils ont cherché à montrer une
progression, une évolution dans le passage d'un adversaire à un autre,
mais les prouesses physiques (sauts, coups aériens, etc) étant
toujours masquées par un effet occultant (pour pas qu'on voie que c'est
un cascadeur) ou une prise de vue tressautante, on y perd presque tout;
l'intrigue est subexistante.

Reste la musique : ceux qui ont vu Mortal Kombat verrons une espèce de
leitmotiv qui poursuit Christophe Lambert : celle d'avoir de la
musique techno collée aux basques dans toutes les scènes de combat.
Seulement, s'il n'y avait qu'une chose à sauver de Mortal Kombat,
c'était justement cet effort louable et à peu près réussi de calquer des
gros beats modernes sur du cinéma, une expérience rare et pas évidente à
réussir. Même constat dans Beowulf : la musique, on la sent, elle n'est
pas là que pour la figuration, ce qui est bien, et l'énergie passe assez
bien avec la majorité des scènes où on l'emploie, ce qui est très bien
pour une musique de film. Le problème vient encore des transitions entre
un bruit de fond grave et pseudo-"oppressant" et une rythmique hachée
et aigüe qui vous réveille, certes, mais coupe votre attention de
l'image pendant les secondes où justement il faut regarder. Evidemment,
ça ne sera pas du goût de tout le monde, mais ça n'est pas sans
intérêt. En fait, ça fait le même effet qu'en regardant Ladyhawke
(musique d'Alan Parsons, peu orthodoxe mais bien intégrée au film).

Oops, j'oubliais les effets spéciaux ! Alors bon, rapidement, les
blessures sont assez bien faites, le sang coule bien, le château fait
ridiculement petit vu de loin (et vu du dedans aussi, c'est rigolo... à
se demander comment ils ont fait pour y faire tous ces couloirs qu'on
voit sans arrêt et où il ne se passe jamais rien... ARGH !), et le
dernier effet, une méga boule de feu qui devrait en jetter à mort, fait
penser à un brave feu de cheminée peinard chez papy. Ridicule.
Seul effet vraiment cool : la maman de Grendel. Vive la 3D ! Mais comme
d'habitude, c'est pas demain la veille qu'un cinéaste se prendra la tête
pendant des journées entières pour faire deux ou trois prises valables
mettant, face à face, un humain et un monstre digital plein de bras et
de griffes, d'une façon qui permette de les voir :
- tous les deux
- en pied
- et qui n'ait pas l'air ridicule.
Mission impossible, serais-je tenté de dire. Parce que franchement,
y'avait des vieux films façons Sinbad le Marin avec des effets de
stop-motion et des acteurs qui se faisaient chier à bouger devant un
écran bleu, qui rendaient 10.000 fois mieux que ça !

Ce qui ressort de tout ceci, c'est que :
- d'une part, je suis pas foutu d'écrire une critique courte ! :)
- d'autre part, Beowulf est un film qui aurait gagné à ce que tout le
monde (et surtout le scénariste !) lise longuement et dans tous les sens
la légende de Beowulf. Moi je l'ai fait, ça m'a pris 30 minutes, et j'ai
l'impression qu'ils ont vraiment gâché un sujet qui aurait mérité
peut-être moins de dialogues creux et de plans de couloir vides (argh,
plus j'y repense, plus ça m'énerve !) et plus de réflexion sur le Bien
et le Mal, et la position de l'homme dans tout ça, dans ces temps
(reculés ? futurs ?) de (chaos post-atomique ? mal absolu ? guerre 
tribale ? concert de Pantera ?). L'accroche et le film affirment que
Beowulf est un enfant du Seigneur des Ténèbres. Ca m'a pas sauté aux
yeux en lisant le texte original (je l'ai peut-être loupé), mais ça
n'empêche pas que pour une adaptation, c'est vraiment très très TRES
libre. C'est simple, on n'y comprend vraiment que dalle jusqu'à la
toute fin du film, où on se dit "mais ils auraient pas pu le dire
avant ???". Histoire en pointillés, longueurs inutiles, faux effets
de surprise (qui d'ailleurs ne surprennent personne)... la liste est
longue. Pour sauver la face, ce film devrait être précédé d'une paire
d'écrans de texte, expliquant en deux mots où on est et donner un début
de piste pour qu'on puisse comprendre, se sentir impliqué, un peu comme
dans Willow. Mais je pense que ça transformerait un film médiocre en
film mauvais. Parti de rien, pour arriver à pas grand-chose, en somme.

Car, pour finir, la différence entre ces deux films, plus ou moins
centrés sur un moyen-âge magique plein de créatures et où le Mal ronge
tout, c'est que Willow peut se comprendre fastoche sans ses trois lignes
de texte au début... La conclusion finale, totale et définitive, donc,
c'est qu'effectivement c'est gâcher son fric que d'aller voir Beowulf,
et qu'il serait temps que Christophe Lambert sorte des rôles de héros
solitaires et jouant avec leur destin qui ont popularisé son nom pour
faire un vrai film qui a besoin d'une vraie performance d'acteur.
Christophe, tu ES capable de faire mieux ! Si tu m'écoutes, la prochaine
fois, LIS le script !

-- 
G A R F I E L D
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